Paroles de Torah

 
 
 

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D'var Torah

(enseignement)

Durant le Séder de Péssah, nous brisons une matsah (un pain sans levain) en deux morceaux, un petit et un grand. Le petit morceau est laissé sur la table avec les autres matsot, tandis que le plus grand, appelé אֲפִיקוֹמָן l'afikomane, est enveloppé dans une serviette, avant d'être caché aux yeux des convives, et sera mangé plus tard, en hâte, durant le moment appelé צפון Tsafoun (en hébreu, ce mot signifie "caché". Il est également apparenté au mot Tsafôn, le "nord", ainsi qu'au nom égyptien de Yossef, Tsofnât Panéah). Selon la coutume, ce sont les enfants qui recherchent l'afikomane puis qui le remettent sur la table du séder. Selon nos Maîtres, l'afikomane est une représentation symbolique de l'offrande de Péssah à l'époque du Temple (le "sacrifice pascal") (Voir Talmud Péssahim 119b).

Quand nous voyons tous les détails du Séder de la Fête, l'on serait tenté de se décourager, tant au niveau pratique qu'au niveau de la compréhension. Mais il nous faut prendre courage et faire des efforts pour décoder tout cela. La Torah n'est pas une "religion" mais la Parole Divine créatrice, le plan du monde, et tout est en elle ! L'étudier, la décoder, c'est pénétrer dans le cœur de la Création, connaître la Volonté de notre Père qui nous aime !

Mais avant de dévoiler le sens de chacun de ces détails, continuons un peu à étudier cette fameuse matsah !

Selon "La nourriture au-delà de la matière" de Shazarahel, le mot afikomane en hébreu, soit אֲפִיקוֹמָן, peut être rapproché du mot להתאפק leitapeq, qui signifie "se faire violence, se retenir, se contenir". Ce terme est utilisé dans la Torah pour désigner Yossef (Joseph) devant ses frères, au moment où l'émotion le submerge et devant lesquels ils luttent pour ne pas dévoiler son identité. Un autre mot associé à cette racine est אפיקים afikim, désignant un torrent, un flux impétueux. Toujours selon Shazarahel, ce terme contient les mots מן "manne" et אפים "faces, visages". De plus, sa valeur numérique en hébreu est de 287, correspondant à la guématria additionnée des mots "bien-mal" (en hébreu tov-râ). Mais ce n'est pas fini...

Il possède également la même valeur numérique que les mots רופא rofé (médecin), רוח חכמה rouah hokmah (souffle de sagesse), עבירה 'avérah (transgression/péché) et ממזר mâmzer (bâtard).

Enfin, il faut savoir que chaque élément disposé sur le plateau du Séder correspond à une séphira, un Attribut Divin (par exemple, Beitsah/L’œuf est en correspondance avec la séphira Gévourah/la force, le maror/les herbes amères avec la séphira Tiférèt/l'harmonie, la vérité, etc). L'afikomane, pour sa part, trouve sa correspondance avec la malkhout/la royauté.

Cela fait bien beaucoup de détails à retenir (ou à savoir) pour juste un seul élément du séder de Péssah ! Mais maintenant nous allons décoder et vous allez voir qu'avec la bonne compréhension, tout sera plus facile à retenir !

Dans la B'rit Hadasha, l'Alliance Renouvelée, il est rapporté la chose suivante :

"Voici l'agneau d'HaShem, qui ôte la faute du monde" (Yohanân/Jean 1:29)

En voyant Yéshou'a, Yohanân le désigne comme étant l'agneau choisis par le Créateur pour faire l'expiation des fautes. En réalité, il l'assimile au qorbân Péssah, "l'agneau pascal". Or, nous avons vu plus haut que le Talmud nous rapporte que l'afikoman représente symboliquement cet agneau. Donc, tout ce qui concerne l'agneau, soit Yéshou'a, concerne l'afkomane, et vice-versa ! Et maintenant nous comprenons tout :

Le Roi Messie, qui est le "pain qui vient des Cieux", soit la manne, ne possède aucunes fautes en lui (comme la matsah ne possède pas de levain en elle, le levain étant symbole du péché), lui permettant d'être un expiatoire acceptable. Après sa résurrection, il fut enveloppé par les nuées de gloire, et dissimulé, caché (tsafoun) aux yeux du peuple d'Israël. Il est le Roi d'Israël, représente donc la malkhout, qui selon le Séfer Hayetsira, est l'Attribut qui correspond...au nord. Son nom fut changé en "Jésus", comme celui de Yossef en Tsofnât Panéah. Toute cette vérité a été révélé aux "enfants", ainsi qu'il est dit : "Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants" (Matityahou/Mathieu 11:25), et ce sont encore les enfants, c'est-à-dire les "petits du peuple" qui, au Temps de la fin, vont le redévoiler aux yeux d'Israël et du monde !

Mais en attendant ce magnifique moment, Yéshou'a se "mord les lèvres", se "fait violence" pour ne pas se dévoiler à ses frères Juifs, car le temps n'est pas encore venu...lui qui est "afikim", ne souhaite qu'une chose : déverser ses torrents de Torah, d'esprit et d'amour à son peuple, pour qu'à leur tour, ils deviennent des sources jaillissantes, jusque dans l'éternité ! En effet, la Face, le Visage d'HaShem ne peut se dévoiler que par son entremise, car la Délivrance promise par HaShem ne peut passer que par le Roi Messie, lui le Mishkhan, le Sanctuaire, comme il est dit : "Je détournerai d'eux Mon visage, et Mon Sanctuaire sera profanée" (hézqèl/Ézéchiel 7:22), et dans ce passouk, le Sanctuaire est appelé..."tséfouni" !

L'attente devient insupportable pour lui, le premier d'un grand nombre de frères, puisqu'en attendant, durant cet exil, il est vu tantôt comme le "bien", le "médecin", et tantôt comme le "mal", celui dont on ne prononce pas le nom dans certaines familles Israélites, qui le prennent pour un bâtard. Mais cela est annoncé par son père David depuis fort longtemps : "Je suis devenu un étranger pour mes frères, Un inconnu pour les fils de ma mère" (Téhilim/Psaume 69:8).

En vérité, tout le séder de Péssah est une prophétie sur le dernier exil d'Israël qui dure depuis 2000 ans, et sur ce qui se passerait au sujet de son Roi Messie ! La sagesse et l'intelligence du peuple Juif (Binah et Hokhmah) perdureraient dans le temps (symbolisées par les autres matsot, le pain représentant la Torah), toute la connaissance montrant que Yéshou'a, l'agneau d'HaShem, est le Roi Messie dans le Tanakh, leur serait retirée (symbolisé par l'os, dont la substance nutritive est retirée), son Temple et ses qorbanôt ("sacrifices") seraient détruits, cesseraient, mais leurs destructions annonceraient déjà le Troisième Temple (symbolisé par l’œuf, porteur d'espoir, comme le disait Rabbi 'Aquiva dans la Guémara), de grandes souffrances les attendraient en exil (symbolisées par les herbes amères), ce seraient eux qui bâtiraient la puissance des Nations, avant de se faire chasser par ces mêmes pays (symbolisé par le Harosset, le mortier), et cet exil paraissant sans fin (selon le Midrash) rendrait leur vie bien amère et ferait couler bien des larmes (symbolisé par le karpas, légumes qui sont trempés dans l'eau salée).

Mais en fin d'histoire, le Roi Messie sera retrouvé par les enfants, et tous le "mangeront" en hâte et dans la joie, car quand le temps de la Délivrance est arrivé, celle-ci se dévoile en un clin d’œil et plus rien ne peut l'arrêter !

Alors, en ce Jour, HaShem sera Roi sur toute la Terre, Il sera Un et Son Nom sera Un ! Amen !