"S'éloignant de là, il entra dans la synagogue. Et voici, il s'y trouvait un homme qui avait la main sèche. Ils l'interrogent et disent : Est-il permis de guérir le Shabbat ? C'était afin de pouvoir l'accuser. Il leur répondit : Lequel d'entre vous, s'il n'a qu'un mouton et qu'il tombe dans une fosse le jour du Shabbat, ne la saisira pour l'en retirer ? Un homme est combien plus précieux qu'un mouton ! Il est donc permis de faire du bien les jours de Shabbat. Alors il dit à l'homme : tends la main. Il l'étendit, et elle devint saine comme l'autre. Les proushim sortirent, et ils se consultèrent sur les moyens de le perdre" (Matityahou/Mathieu 12:9-14)

"Il entre de nouveau dans une synagogue. Il s'y trouvait un homme qui avait la main sèche. Ils l'épient, pour voir s'il le guérirait le Shabbat : c'était afin de pouvoir l'accuser. Il dit à l'homme qui avait la main sèche : Lève-toi, là au milieu. Puis il leur dit : Est-il permis, le Shabbat, de bien faire ou de méfaire, de sauver un être ou de la tuer ? Mais ils gardèrent le silence. Alors, promenant ses regards sur eux avec indignation, blessé par la dureté de leur cœur, il dit à l'homme : Étends ta main. Il l'étendit, et sa main fut guérie. Les proushim sortirent, et aussitôt ils se consultèrent avec les hommes d'Hérodès, contre lui, pour le perdre" (Marcos/Marc 3:1-6)

"Il arriva, un autre Shabbat, qu'il entra dans la synagogue, et qu'il enseignait. Il s'y trouvait un homme dont la main droite était sèche. Les sof'rim et les proushim l'épient, pour voir s'il ferait une guérison le Shabbat : c'était afin d'avoir sujet de l'accuser. Mais il connaissait leurs réflexions, et il dit à l'homme qui avait la main sèche : Lève-toi, et tiens-toi là au milieu. Il se leva, et se tint debout. Et Yéshou'a leur dit : Je vous demande s'il est permis, le Shabbat, de bien faire ou de méfaire, de sauver un être ou de le tuer. Alors, promenant ses regards sur eux tous, il dit à l'homme : Étends ta main. Il le fit, et sa main fut guérie. Ils furent remplis de fureur, et ils se consultèrent pour savoir ce qu'ils feraient à Yéshou'a" (Loucas/Luc 6:6-11)

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Au niveau stricte de la Torah, il n'y a ici aucune transgression du Shabbat, puisque dans les trente-neuf mélakhot interdites ne figure aucune interdiction relative à la parole. Il y a, certes, des interdits liés à l'évocation de ses affaires commerciales ou autres, par exemple, comme nous le voyons dans les prophètes, mais la parole prononcée ici ne rentre pas dans cette catégorie.

Nous savons que Yéshou'a était lié à l'école pharisienne d'Hillel, or, selon celle-ci, il était permis de prier pour la guérison d'un malade, au contraire de l'école de Shammaï (Tossefta Shabbat, 16:22). Cela montre donc, dans le même temps, que les proushim remplis de fureur décrits ici étaient de Shammaï.

Le Rabbi utilise également le procédé du qal vahomer, le raisonnement a fortiori, qui fait partie des treize principes de Rabbi Ishmaël : si vous êtes prêts à tirer un animal d'une situation inconfortable un Shabbat, même si sa vie n'est pas en danger, à combien plus forte raison cela est permis pour un être humain ! Nous pouvons d'ailleurs illustrer cela par le Midrash suivant, qui délivre le même message :

« L'un de vos coqs se perd et on ouvre toutes les portes pour le retrouver. Et Mon Arche est perdue depuis sept mois dans le pays des philistins et vous ne vous en souciez pas ! » (Béréshit Rabbah 54:4)