Enfin comprendre l'apôtre Paul

 

Dans la Torah, nous trouvons écrites les choses suivantes :

 

« Vous vous souviendrez de Mes mitsvot (commandements), vous les mettrez en pratique, et vous serez saints pour votre E.lohim » (Bamidbar/Nombres 15:40)

 

« Moshé convoqua tout Israël, et leur dit : Écoute, Israël, les lois et les ordonnances que je vous fais entendre aujourd'hui. Apprenez-les, et mettez-les soigneusement en pratique » (Dévarim/Deutéronome 5:1)

« Prenez à cœur toutes les paroles que je vous conjure aujourd'hui de recommander à vos enfants, afin qu'ils observent et mettent en pratique toutes les paroles de cette Torah. Ce n'est pas une chose sans importance pour vous, c'est votre vie » (Dévarim/Deutéronome 32:46-47)

 

Dans les Prophètes, sont écrites les choses suivantes :

 

« Agis fidèlement selon toute la Torah que Moshé, Mon serviteur, t'a prescrite, ne t'en détourne ni à droite ni à gauche, afin de réussir dans tout ce que tu entreprendras. Que ce Séfer Torah ne s'éloigne pas de ta bouche, murmure-le jour et nuit, pour agir fidèlement selon tout ce qui y est écrit » (Yéhoshou'a/Josué 1:7-8)

 

« Observe les mitsvot d'HaShem ton E.lohim, en marchant dans ses voies, et en gardant ses lois, ses ordonnances, ses jugements et ses préceptes, selon ce qui est écrit dans la Torah de Moshé » (Aleph Mélakhim/1 Rois 2:3)

 

« Puisque tu as oublié la Torah de ton E.lohim, J'oublierai aussi tes enfants » (Hoshé'a/Osée 4:6)

 

« Que J'écrive pour lui toutes les ordonnances de Ma Torah, elles sont regardées comme quelque chose d'étranger » (ibid. 8:12)

 

Dans la B'rit Hadasha, il est écrit :

 

« L'homme qui détruit ne serait-ce que la plus petite des mitsvot, et enseigne cela aux hommes, sera appelé le plus petit dans le Royaume des Cieux. Mais celui qui l'a fait et l'enseigne, celui-là sera appelé grand dans le Royaume des Cieux » (Matityahou/Mathieu 5:19)

 

« Retirez-vous de moi, fauteurs de Non-Torah ! » (Matityahou/Mathieu 7:23)

 

« Si tu veux entrer dans la vie éternelle, observes les mitsvot » (Matityahou/Mathieu 19:17)

 

« A cause de l'absence de la Torah, l'amour du grand nombre se refroidira » (Matityahou/Mathieu 24:12)

 

« Des myriades parmi les Juifs ont cru et tous sont zélés pour la Torah » (Histoire des Talmidim/Actes 21:20)

 

« Il fait la guerre au reste de sa semence, ceux qui gardent les mitsvot d'HaShem et le témoignage de Yéshou'a » (Révélation 12:17)

 

Au sujet de l'avenir, il est écrit :

 

« Car de Tsiôn sortira la Torah, et de Yéroushalayim la Parole d'HaShem » (Yésha'yahou/Isaïe 2:3)

 

« A chaque Rosh Hodesh et à chaque Shabbat, toute chair viendra se prosterner devant Moi, Parole d'HaShem » (Yésha'yahou/Isaïe 66:23)

 

« Ils monteront chaque année pour se prosterner devant le Roi, HaShem Tsévaôt, et pour célébrer la Fête de Soukkot » (Zékharyah/Zacharie 14:16)

 

* * *

 

La plus grande confusion de l'histoire d'Israël (et des Nations) aura été l'interprétation des écrits de Paul. La confusion en hébreu se dit Bilboul, mot qui donnera le nom Bavèl (Babylone) et également Maboul (le Déluge). La Torah relate un grand déluge d'eau dans les Temps de Noah (Noé). Selon nos Maîtres, l'eau est comparée à la Torah. Ainsi, de la même manière, il y a eu un grand Maboul (Déluge) autour des écrits Torahiques (eau) de Paul, regroupés dans un livre qui s'appelle la Bible (mêmes lettres que "Bavèl"), qui aura contribué à renforcer Bavèl (Babylone, le monde païen par extension).

 

Se peut-il que Paul, qui, dans l'étude, sera maintenant appelé Rabbi Shaoul, aille à l'encontre de la Torah, des Prophètes, du Roi Messie, et des autres talmidim (disciples) au sujet de la Torah ? Est-il un apostat ? Ou bien un incompris ?

 

* * *

 

Voici des passages qui confortent Shaoul dans sa prise de position pour la Torah d'Israël :

 

« Car il se hâtait pour se trouver, si cela lui était possible, à Yéroushalayim le jour de Shavouôt » (Histoire des Talmidim/Actes 20:16)

 

Pour Shavouôt (Fête de Pentecôte), le Rabbi cherche à tout prix à monter à la capitale Juive, pour pouvoir accomplir ce qui est écrit : « Trois fois par année, tous les mâles d'entre vous se présenteront devant HaShem ton E.lohim, dans le lieu qu'il choisira : à la Fête des Matsot, à la Fête de Shavouôt, et à la Fête de Soukkot » (Dévarim/Deutéronome 16:16). « Le lieu qu'Il choisira », cela fait référence au Temple, à Yéroushalayim (Jérusalem).

 

*

 

"Shaoul prit ces hommes, se purifia, et entra le lendemain dans le Temple avec eux, pour annoncer à quel jour la purification serait accomplie et l'offrande présentée pour chacun d'eux" (Histoire des Talmidim/Actes 21:26)

 

Même après l'expiation du Messie, le Rabbi offre ici des sacrifices au Temple, pour se conformer à la Torah.

 

*

 

"Hommes frères, je suis pharisien, fils de pharisiens" (Histoire des Talmidim/Actes 23:6)

 

Ici Shaoul dit bien « Je suis », et non pas « J'étais ».

 

*

 

« Je sers l'E.lohim de mes pères, en adhérant à tout ce qui est écrit dans la Torah et les Prophètes » (Histoire des Talmidim/Actes 24:14)

 

« Adhérer », c'est-à-dire « avoir foi », dans la pensée hébraïque, revient à dire vivre en conformité avec la Torah et les Prophètes, dans la pratique des mitsvot.

 

*

 

"Je n'ai rien fait contre le peuple ni contre les coutumes de nos pères" (Histoire des Talmidim/Actes 28:17)

 

Ici Rabbi Shaoul dit que non seulement il n'a rien fait contre la Torah, mais même contre une simple coutume, il n'a pas levé le petit doigt.

 

Enfin :

 

"Or, ils ont appris que tu enseignes à tous les Juifs qui sont parmi les païens à renoncer à Moshé, leur disant de ne pas circoncire les enfants et de ne pas se conformer aux coutumes. Que faire donc ? Sans aucun doute la multitude se rassemblera, car on saura que tu es venu. C'est pourquoi fais ce que nous allons te dire. Il y a parmi nous quatre hommes qui ont fait un vœu ; prends-les avec toi, purifie-toi avec eux, et pourvois à leur dépense, afin qu'ils se rasent la tête. Et ainsi tous sauront que ce qu'ils ont entendu dire sur ton compte est faux, mais que toi aussi tu te conduis en observateur de la Torah" (Histoire des Talmidim/Actes 21:21-24)

 

Oui, « ils ont appris ». Mais faussement, puisqu'il est resté un « gardien de la Torah ». Ainsi donc, tout ceux qui utilisent Shaoul contre la Torah sont des menteurs (consciemment ou non). Et il convient de redresser la vérité, comme elle l'a été par Ya'aqov/Jacques, dans les temps anciens.

 

* * *

 

« Vous n'êtes plus sous la Torah mais sous le chérissement » (Lettre envoyée aux Romains 6:14)

​Certains se servent de ce passage hors contexte pour abolir la Torah de Moshé, notre Maître. Or, l'explication est très simple.

 

Le début de la Lettre envoyée aux Romains contient des notions profondes, développées également dans le Tanya de Rabbi Zalman zal, au sujet du conflit qui se trouve en chaque homme, entre le bien et le mal. En résumé, l'homme possède deux torot (pluriel de Torah) en lui, une torah du bien et une torah du mal. Nos Maîtres parlent également du néfesh habéémi (l'âme animale) et de néfesh haéloki (l'âme divine), de « l'ancien homme » et du « nouvel homme », ou encore « de la chair » et de « l'esprit », tous ces termes étant synonymes.

 

Son développement se résume donc ainsi : l'homme possède deux natures en lui qui se combattent. La mauvaise nature produit le péché dans la vie de l'homme. Or, le péché, c'est la transgression de la Torah, et sa transgression c'est la mort. La Torah est sainte, juste et bonne, et met en relief la faute chez l'homme. L'homme n'a seulement pas la force de répondre à ce degré de sainteté, seuls les Tsadikim (Justes) arrivent à ce niveau, ce qui reste une minorité.

 

Or, en se liant à un Tsadik, dont le Messie est le plus grand, ses mérites deviennent nos mérites, sa justice devient notre justice. Ainsi, sa victoire sur le « vieil homme » devient notre victoire. Cependant, cela n'enlève en rien la pratique de la Torah, bien au contraire même : cela est sensé être un catalyseur pour étudier, avancer et pratiquer encore plus la Torah. La Hassidout Breslev enseigne bien ces notions, qui expliquent les paroles de Rabbi Shaoul :

 

« Le service divin de l'homme qui n'est pas proche et n'est pas attaché au Tsadik (Juste) véritable, ressemble à une comédie, tel un singe qui imite un homme. Car il n'y a vraiment rien de réel sans l'attachement au Tsadik véritable » (Sihot Harân, § 111)

 

« Le rapprochement et l'attachement au Tsadik véritable représentent le fondement de tous les fondements, et la racine de toutes les racines, cela surpasse tout » (Likoutéi Moharân 143)

« On peut ne peut décrire ce mérite qui surpasse tous les mérites. L'essentiel de la grandeur d'un homme, dans ce monde, réside, dans son attachement au Tsadik véritable, et à son rapprochement du Tsadik » (Likoutéi Moharân, Matana, Halakha 4 à 8)

 

Ces propos de Rabbénou sont clairs comme de l'eau de roche. L'attachement au Tsadik, pour nous Rabbi Yéshou'a, est le fondement de tout, et sur ce fondement se construit la maison, qui consiste à étudier et à pratiquer les mitsvot de la Torah. Sinon, cela est semblable à un homme qui vit sur des fondations sans murs, ni toit, ni intérieur meublé (!)

 

Un homme qui se lie au Tsadik, au Rabbi authentique, n'est plus sous le pouvoir de la faute engendré par une défaillance dans l'observance de la Torah que l'homme réalise par ses propres forces, mais il se met sous le pouvoir de la bonté de ce Tsadik, qui par sa pratique de la Torah, donne de ses mérites et de ses forces à son talmid, son disciple, pour atteindre des niveaux qu'il n'aurait pu atteindre par ses propres forces (Tanya). Et c'est cela l'explication véritable du développement du Rabbi ici.

 

* * *

 

« Le Juste vit par sa foi » (Lettre envoyée aux Romains 1:17)

 

Dans cette unique phrase se concentre toute la pensée de Shaoul, qui va être expliquée simplement, et ouvrir toutes les portes de ses lettres. Reprenons donc les paroles écrites plus haut, et résumons-les encore plus pour mieux comprendre ce verset.

 

Il est écrit la chose suivante dans la Torah :

 

« Vous garderez Mes décrets et Mes jugements. Car l'Adâm qui les fait vit par eux » (Vayiqra/Lévitique 18:5)

 

Quand un homme pratique la Torah, il acquiert des mérites qui contribuent à le rendre Juste (Tsadik en hébreu) devant HaShem. Cependant, il est écrit la chose suivante :

 

« Quiconque garde toute la Torah mais trébuche sur un seul point, il devient coupable de tout » (Lettre envoyée par Ya'aqov/Jacques, 2:10)

 

Or, il est écrit dans le Tanakh, qu'il n'existe pas un Juste, pas même un seul. La Guémara nous apprends cependant que comme pour chaque chose, il existe, en vérité, des exceptions, donc des Justes (Tsadikim), mais quand HaShem a vu qu'ils seraient très peu nombreux dans l'histoire du monde, Il les a disséminé tout au long de l'histoire.

 

La question qui se pose est donc la suivante : comment la majorité des hommes peut-elle être Juste devant le Créateur, sachant qu'elle bronche d'une manière ou d'une autre ?

 

Rabbi Shaoul apporte la réponse. Dans le prophète, il est écrit la chose suivante : « Et le Juste, dans sa émounah, vit » (Havaqouq/Habaquq 2:4)

Le Juste ne pèche pas/plus. Il peut donc vivre et être déclaré Juste seulement grâce à ses mérites, d'avoir pratiquer toute la Torah. Les autres hommes ont l'obligation de pratiquer la Torah, mais n'arrivent pas à avoir le niveau de se justifier totalement en se reposant sur leur propre pratique.

 

La solution est donc la suivante : si l'homme se lie, se « marie » au Juste, alors les mérites du Juste deviennent ses mérites à lui, car cet homme lui appartient, comme une épouse appartient à son mari. Il devient donc mort par rapport à sa justification personnelle par sa propre Torah (mais non pour sa pratique). Il en résulte la chose suivante : l'homme doit, bien sûr, continuer à étudier, pratiquer et vivre la Torah, puisque là « est tout l'homme » (Qohélèt/Ecclésiaste 12:13), cependant, les mérites et la justice du Tsadik auquel il s'est lié le porte, le soutienne, et lui vienne en aide.

 

Il est écrit que « Le Juste est le fondement du monde », que la foi est le fondement du Juste, et le Tanya précise :

 

« 613 commandements furent donnés à Israël. Vint Havaqouq qui les basa tous sur un seul, ainsi qu'il est écrit : « Le tsaddik, en sa émounah, vivra », c'est comme s'il n'y avait pas eu plus d'un seul commandement : la émounah. Car par la seule émounah, l'homme est amené à accomplir tous les 613 commandements. En d'autres termes, quand son cœur exultera de joie dans sa foi en l'Unité d'HaShem, dans une parfaite allégresse, comme s'il n'avait que cet unique commandement, et que celui-ci seul fût le but ultime pour lequel lui et tous les mondes ont été créés alors, avec la force et la vitalité engendrées dans son âme par cette grande joie, son âme s'élèvera encore d'avantage au-dessus de tous les obstacles intérieurs et extérieurs qui l'entravent dans l'accomplissement de tous les 613 commandements.

Telle est la signification des mots « vivra en sa émounah », avec l'accent mis sur vivra, comme au jour de la Résurrection, par exemple, ainsi son âme revivra de cette grande joie » (Likoutei Amarime, Tanya, chapitre 33)

 

« Rabbi Simlaï a dit : 613 commandements furent donnés à Moshé, 365 « tu ne feras pas », égales au nombre de jours dans l'année solaire, et 248 feras », correspondant aux membres du corps.
Vint David qui les réduisit à 11, ainsi qu'il est dit : « HaShem, qui séjournera dans Ta tente ? Qui demeurera sur Ta montagne sainte ? Celui qui marche dans l'intégrité, qui pratique la justice et qui dit la vérité selon son cœur. Il ne calomnie point avec sa langue, il ne fait point de mal à son semblable, et il ne jette point l'opprobre sur son prochain. Il regarde avec dédain celui qui est méprisable, mais  il honore ceux qui craignent HaShem ; il ne se rétracte point, s'il fait un serment à son préjudice. Il n'exige point d'intérêt de son argent, et il n'accepte point de don contre l'innocent » (Téhilim/Psaumes 15:1-5)
Vint Yésha'yahou qui les réduisit à six, ainsi qu'il est dit : « [Qui de nous peut demeurer près d'un feu dévorant ? …] Celui qui marche dans la justice, et qui parle selon la droiture, qui méprise un gain acquis par extorsion, qui secoue les mains pour ne pas accepter un présent, qui ferme l'oreille pour ne pas entendre des propos infamants, et qui se bande les yeux pour ne pas voir le mal » (Yésha'yahou/Isaïe 33:15)
Vint Mikha qui les réduisit à trois, ainsi qu'il est dit : « Et ce qu'HaShem demande de toi, homme, c'est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton E.lohim» (Mikha/Michée 6:8)
Vint encore une fois Yésha'yahouqui les réduisit à deux, ainsi qu'il est dit : « Ainsi parle HaShem : Observez ce qui est droit, et pratiquez ce qui est juste » (Yésha'yahou/Isaïe 56:1)
Vint 'Amos qui les réduisit à un, ainsi qu'il est dit : « Car ainsi parle HaShem à la maison d'Israël : Cherchez-moi, et vous vivrez » ('Amos 5:4)
Mais c'est Havaqouq qui les a tous fondés sur un seul principe : « Le juste vivra par sa foi » (Havaqouq 2:4)
" (Makot 23b)

 

Rabbi Shaoul enseigne donc exactement comme les autres Maîtres d'Israël, en particulier ceux de la tendance Hassidique, comme Rabbi Nahman de Breslev, qui dit également :

 

« Grâce à l'attachement aux vrais Tsadikim, on accède de la sorte à un parfait repentir, au pardon des fautes, à l'adoucissement et à la suppression de tous les jugements, et l'union du Saint Béni Soit-Il et de sa présence est accomplie grâce à cela » (Likoutéi Mohanrân, 2ième Tome, Torah 91)

 

Voici expliqué, en résumé, toute la pensée de Rabbi Shaoul. Ce qui va grandement nous aider pour comprendre la suite, ci-dessous.

 

* * *

 

La Lettre au Galates

 

Toute cette lettre, que le Rabbi a envoyé à des personnes spécifiques, dans un temps spécifique, et qui avaient des problèmes spécifiques, tourne autour d'un seul et unique sujet : la justification de l'homme. Se fait-elle par la Torah ou par le Messie ? La réponse à cette question a été développée ci-dessus, mais ici il faut ajouter une nouvelle explication, historique cette fois.

 

L'on remarquera donc que Shaoul ne remet pas en cause, bien sûr, la pratique de la Torah, mais la façon dont les Galates l'aborde. Mais pour comprendre cela, il faut le contexte du Judaïsme de la fin du second Temple.

 

Il existait deux grandes écoles pharisiennes en ce temps-là : l'école d'Hillel et l'école de Shammaï. Hillel était connu pour sa bonté, son ouverture, alors que Shammaï était beaucoup plus stricte, et fermé.

 

La Guémara nous apprends que ces deux Maîtres avaient des conceptions différentes sur le statut d'un homme non-Juif, en cours de conversion (Talmud Yévamot).

 

Pour Hillel, les Non-Juifs avaient part au monde futur, en tant que Juste parmi les Nations, si ils pratiquaient les lois de Noah. Concernant le processus de conversion à la Torah d'Israël, il prônait, comme première étape, l'immersion, suivie de l'étude de la Torah, du commencement de la pratique, puis ensuite la circoncision.

 

Cependant, pour Shammaï, aucun Non-Juif n'avait part au monde futur (Sanhédrîn 105a). Pour hériter de la vie éternelle, non seulement il devait se convertir obligatoirement, mais la b'rit milah (la circoncision) était la première étape indispensable, puis le candidat devait pratiquer toute la Torah. Un homme n'avait donc part au Monde futur qu'une fois circoncis, selon Shammaï.

 

Rappelons encore une fois que toute la lettre destinée aux Galates tourne autour du même thème : le « parti de la circoncision », « se circoncire », les « œuvres de la Torah », « justification », tout cela étant lié (2:12 ; 3:2 ; 3:6 ; 3:11 ; 5:3, etc). Pourquoi Rabbi Shaoul s'acharne-t-il autant sur l'acte de circoncision ? La réponse, grâce à la connaissance du contexte de l'époque, est simple.

 

Voici donc l'explication authentique de la Lettre envoyée au Galates, et la clef qui déverrouille une grande partie des lettres du Rabbi au sujet de sa confrontation avec d'autres Proushim (Pharisiens) :

 

Au conseil de Yéroushalayim, il y avait des Proushim qui y siégeaient (Histoire des Talmidim/Actes 15:1, 5). Grâce au Talmud, nous savons qu'il s'agissait donc de Proushim de l'école de Shammaï, également appelé le « parti de la circoncision », car pour eux, seul un homme d'abord circoncis pour ensuite pratiquer directement toute la Torah avait part au Monde Futur (Sanhédrîn 105a), et il est dit ici : « Si vous ne vous faite pas circoncire selon la coutume de Moshé, vous ne pouvez pas être sauvés » et « Il faut les circoncire et leur enjoindre de garder la Torah de Moshé ». Donc, d'abord la circoncision, puis toute la Torah, sinon pas de vie éternelle pour les Non-Juifs.

 

Hillel enseignait d'abord l'immersion, puis le commencement de l'étude de Torah, le début de sa pratique, puis la circoncision (qui n'était donc pas la première étape,). L'obtention du Monde futur ne dépend donc pas, selon ce Rabbi, de la circoncision.

 

Ya'aqov a tranché, dans la communauté Nazaréenne, comme Hillel : il a envoyé une lettre avec la halakha qu'il avait lié à des personnes déjà immergées (première étape selon Hillel), qui contenait les premières recommandations à étudier et à mettre en pratique (deuxième étape selon Hillel). Le reste, ils « l'apprendraient chaque Shabbat dans les synagogues » (Histoire des Talmidim/Actes 15:21, troisième étape selon Hillel), puis, par la suite, il ne resterait plus que la circoncision pour les hommes.

 

Cependant, des Proushim selon Shammaï qui ont suivi Yéshou'a ont désobéi à l'ordre de Ya'aqov, puisqu'ils allaient dans des communautés (comme celle des Galates) pour propager la conversion selon Shammaï. Ce contre quoi Rabbi Shaoul s'est élevé.

 

Il met donc en garde les Galates contre le « parti de la circoncision » (les Proushim de Shammaï) qui font dépendre la Monde Futur que de la circoncision et de la pratique de toute la Torah, contrairement à Hillel et Ya'aqov, le frère du Roi Messie, qui enseignait l'autre ordre.

 

L'acte de la circoncision est donc obligatoire pour le converti, mais après les premières étapes, et pas comme moyen d'obtenir le Olam Haba (le Monde Futur), mais comme mitsvah de la Torah. Cela est d'ailleurs logique, puisque ailleurs, Rabbi Shaoul dira :

 

« La circoncision n'est rien, et l'incirconcision n'est rien, mais l'observation des mitsvot d'HaShem est tout » (Première Lettre envoyée aux Corinthiens, 7:19), ce qui provient d'ici : « Crains HaShem et observe Ses mitsvot : c'est là tout l'homme » (Kohélèt/Ecclésiastes 12:15)

 

Or, il y a là un problème : la circoncision est une mitsvah d'HaShem ! Comment donc le Rabbi peut-il dire qu'elle est sans importance, tout en disant que l'observation des mitsvot (dont fait partie la circoncision) est tout ?! Car en vérité, il faut comprendre selon le contexte de l'époque : il ne parle pas ici de la mitsvah en tant que telle, mais du moyen de conversion à la Torah : ne prenez pas garde aux enseignements de l'école de Shammaï qui enseigne que sans circoncision, selon sa vision de la conversion, cela empêche l'homme d'accéder au Monde Futur. Que tu sois circoncis ou non selon cette école ne représente rien, seule l'observance de la Torah selon le Messie, donc selon Hillel, compte.

 

En effet, il est rapporté la chose suivante : « Une bat qol (voix céleste) a dit que la loi suivait Hillel et non Shammai » (Erouvîn 13b)

Notons également que l'on parle de la « Torah de tel Maître » ou d'untel. Dans la Lettre envoyée aux Galates, Rabbi Shaoul s'oppose donc à la Torah de Shammaï, et enseigne la Torah du Messie, ce qui signifie de vivre comme le Messie a vécu, soit comme un Paroush (Pharisien) d'Hillel, dans l'ensemble. En effet, les divisions entre les deux écoles devenaient si nombreuses que c'est comme si la Torah était devenue deux Torot (pluriel de Torah) (Guémara Sanhédrîn 88b) !

 

Enfin, à ce problème, le Rabbi intègre également des notions de justifications, déjà développées précédemment, où il a été prouvé que cela ne remet pas en cause la pratique de la Torah pour les Nazaréens, comme cela est bien évident (comme par exemple en Galates chapitre 3).

 

« Avez-vous reçu la rouah/le souffle par les œuvres d'une Torah ou par l'écoute de foi ? » (Lettre envoyée aux Galates, 3:2)

 

« C'est par le mérite de leur foi que la rouah hakodesh, l'esprit de sainteté, s'attacha à eux et qu'ils entonnèrent le cantique [de la mer des joncs] » (Shémot Rabbah 23:2)

 

De nos jours...

 

Un Non-Juif aura le choix : soit il demeure Ben Noah, en suivant Yéshou'a comme Messie. Soit il se convertit selon les règles et les halakhot liées en notre temps, devant un Bet-Dîn, un Tribunal Rabbinique.

* * *

 

« Il nous a aussi rendus capables d'être ministres d'une Alliance Renouvelée, non par la lettre, mais par le souffle ; car la lettre tue, mais le souffle vivifie.
Or, si le service de la mort, gravé en lettres sur des pierres, a été glorieux, au point que les fils d'Israël ne pouvaient fixer les regards sur le visage de Moshé, à cause de la gloire de son visage, bien que cette gloire fût passagère, combien le service du souffle ne sera-t-il pas plus glorieux ! Si le service de la condamnation a été glorieux, le service de la justice est de beaucoup supérieur en gloire. Et, sous ce rapport, ce qui a été glorieux ne l'a point été, à cause de cette gloire qui lui est supérieure. En effet, si ce qui était passager a été glorieux, ce qui est permanent est bien plus glorieux.

Ayant donc cette espérance, nous usons d'une grande liberté, et nous ne faisons pas comme Moshé, qui mettait un voile sur son visage, pour que les fils d'Israël ne fixassent pas les regards sur la fin de ce qui était passager. Mais ils sont devenus durs d'entendement. Car jusqu'à ce jour le même voile demeure quand, ils font la lecture du Pacte antique, et il ne se lève pas, parce que c'est dans le Messie qu'il disparaît. Jusqu'à ce jour, quand on lit Moshé, un voile gît sur leurs cœurs; mais lorsque les cœurs font téshouvah à l'Adôn, le voile est ôté. Or, l'Adôn c'est le souffle; et là où est le souffle d' l'Adôn, là est la liberté. Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire de l'Adôn, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par l'Adôn, le souffle
» (Deuxième Lettre envoyée aux Corinthiens 3:6-18)

 

Rabbi Shaoul désigne la Torah de Moshé par les expressions : « service de mort » et « service de condamnation », tandis que Yéshou'a est désigné par les expressions « service du souffle » et « service de justice ». Ou encore que la « lettre tue » mais que le « souffle vivifie ».

 

La Torah conduirait donc à la mort, mais Yéshou'a à la vie ?

 

Non, car voici ce que Shaoul écrit en un autre endroit :

 

« La Torah est souffle » (Lettre envoyée aux Romains, 7:14)

 

Alors, la Torah sert-elle le souffle, l'esprit, ou la mort ?

 

En vérité, la lettre, la Torah, tue ou vivifie, selon...notre cœur.

 

Et pour prouver et expliquer cela, il nous faut l'aide de la Torah Orale d'Israël, où sont rapportées les paroles suivantes :

 

« Les Tables étaient l’œuvre d'E.lohim, et l'écriture était l'écriture d'E.lohim, gravée [harout en hébreu] sur les Tables » (Shémot/Exode 32:16). Ne lis pas Harout, mais Hérout, la liberté, car seul celui qui s'applique à l'étude de la Torah est un homme libre » (Pirqé Avot, 6:2)

 

« Rabbi El'azar a enseigné : que veut dire : « gravée sur les tables » ? Si les premières tables n'avaient pas été brisées, la Torah n'aurait jamais été oubliée en Israël [car elle serait restée gravée à jamais dans leurs esprits] » (Torah Temima, Shémot 32:16 ; 'Erouvîne 54a)

 

« Il n'est pas dit « dans les Tables » mais « sur les Tables » car les Paroles Divines sont venues s'y fixer depuis le haut...Ces lettres étaient « libres » et nullement assujettis aux tables, si bien qu'elles n'ont pas été annulées par l'annulation des tables, puisque lorsque celles-ci ont été brisées, les lettres se sont envolées […] les mêmes lettres qui s'étaient envolées des premières tables se fixent sur les deuxièmes […] comme les lettres s'envolaient des tables, les pierres sont devenues lourdes, et sont tombées des mains de Moshé » (Kéli Yaqar sur Shémot/Exode 32:16)

 

« Lorsque Moshé est arrivé à proximité du veau, dans un lieu d'impureté et de péché, l'écriture des Tables s'est envolée » (Shémot Rabbah 46:1)

 

« En voyant le veau, il a perdu ses forces et il n'en a plus eu assez pour continuer à porter les Tables » (Rachbam sur Shémot/Exode 32:19)

 

Rabbi Shaoul nous apprends que la Torah, la lettre, est souffle en réalité. Nos Maîtres nous expliquent, dans ces passages du Talmud et du Midrash, que les lettres sont des énergies spirituelles (qui représentent le souffle, l'esprit) qui ont été gravées sur les Tables. Quand Moshé a vu le peuple danser et fauter avec le veau d'or, l'impureté de la faute est montée jusqu'à lui, et les lettres saintes gravées n'ont pu supporter ces grosses énergies spirituelles négatives. Elles se sont donc « envolées », laissant Moshé seul avec les deux Tables...vierges. Or, ces lettres rendaient la pierre légère comme une plume. En « s'envolant », celles-ci s'alourdir tellement que le berger d’Israël n’eut plus la force de les porter, et il les jeta devant lui, avant qu'il ne s'écroule sous leur poids.

 

Nous comprenons déjà, dans un premier temps, que les choses ne sont pas aussi simples que l'on veut bien le dire depuis 2000 ans. La Torah est souffle, dit Rabbi Shaoul, et là où est le souffle, là est la liberté. Et la Torah orale confirme donc cela en disant que les lettres de la Torah sont bien le souffle, et que celui qui s'adonne à la Torah est libre, car en hébreu, « libre » et « gravé » sont semblables.

 

Mais alors, où est le problème ? Et surtout, où est la différence entre la Torah de Moshé et Yéshou'a ?

 

Pour comprendre cela, il va nous falloir aborder quelques notions de kabbale, les secrets de la Torah d'HaShem.

 

Le Tanya nous enseigne que l'homme possède deux âmes en lui : une âme animale, la néfesh habéhémi, et une âme divine, la néfesh haéloki. Dans le langage de Rabbi Shaoul, ces deux âmes s'appellent la Torah de l'homme/de l'animal et la Torah de l'esprit, ou, selon les traductions, la « loi du péché » et la « loi de D. », qui se font la guerre en l'homme (voir la Lettre envoyée aux Romains, dans les premiers chapitres).

 

L'âme animale pousse l'homme vers la faute, tandis que l'âme divine pousse l'homme vers son Créateur. Le but de l'homme n'est pas de supprimer la torah de l'animal mais de la soumettre, car il est écrit :

 

« Tu aimerais HaShem ton E.lohim de tout tes cœurs » (Devarim/Deutéronome 6:5)

 

En hébreu, il est écrit « lévavékhèm » soit littéralement de tout « tes cœurs » et non ton cœur. Or l'homme possède-t-il deux cœurs ? En un certain sens, oui : celui abritant le bon penchant/l'âme divine, et celui abritant le mauvais penchant/l'âme animale.

 

Or, pour ce qui concerne les messagers des Cieux (les anges), il est dit qu'il « n'est pas écrit lavékhem/vos cœurs, mais libékhem/votre cœur, car le penchant au mal ne règne pas sur les messagers des Cieux ». Il est également dit que Moshé fit descendre le pain des messagers pour nourrir les bnéi Israël dans le désert. Cependant, « la nourriture et la boisson n'existent pas dans les Cieux » (Béréshit Rabbah 48:14), car en réalité le pain dont il est fait allusion ici est la Torah, comme il est dit, et celui-ci nourrit le cœur :

 

« Le pain est la nourriture du cœur » (Béréshit Rabbah 48:11)

 

La place de la Torah est donc parmi les hommes qui possèdent un yetser harâ, une âme animale, et non parmi les messagers qui n'ont pas besoin de ce pain.

 

Ainsi, « Moshé vous a donné le pain du ciel, mais les pères l'ont mangé et ils sont morts [spirituellement] » (Yéshou'a). Cependant, le Messie donne le pain véritable :

 

« De même que le premier Rédempteur a fait descendre la manne, car il est écrit : « Je vais faire pleuvoir pour vous du pain du haut des Cieux » (Shémot/Exode 16:4), de même le Rédempteur final fera-t-il descendre la manne, car il est écrit : « Foisonne le froment sur la Terre » (Téhilim/Psaume 72:16) » (Qohélèt Rabbah 1,28)

 

La première manne est descendue, mais est restée « des Cieux », tandis que la deuxième manne descend et foisonne sur Terre, elle arrive à s'unir et à intégrer, à épouser cette Terre. Pourquoi ? Car en réalité, la Torah du désert ne procédait pas de la malkhout, royauté (un Attribut Divin), mais de tiféret, vérité (un autre Attribut Divin), car « Tiféret désigne le don de la Torah » et « Tu as donné la vérité à Ya'aqov » (Mikha/Michée 7:20) et ne possède donc pas le pouvoir de transformer l'âme animale en bien.

 

Nous savons que les Attributs Divins se « divisent » en plusieurs « lumières spirituelles » qui sont :

 

Kéter = la couronne

Hokhmah = la sagesse

Binah = l'intelligence

Dâat = la connaissance

Héssed = la bonté, l'amour

Gévourah = la justice

Tiférèt = la vérité, l'harmonie

Nétsah = la victoire, l'éternité

Hod = la splendeur

Yessod = le fondement (pureté sexuelle principalement)

Malkhout = la royauté

 

Chacun de ces Attributs représente une « lumière spirituelle », une voie de conduite d'action du Divin. La Malkhout, la Royauté, par contre, ne possède aucune lumière en elle-même, cependant, elle « récolte », toutes les autres lumières qui lui viennent des autres Attributs.

 

Or, nous avons été créé sur l'image d'E.lohim, ce qui signifie que tous ces attributs se retrouvent aussi dans l'homme. La Torah que Moshé nous a donné est liée à Tiférèt et donc elle ne « remplit » pas tous les attributs qui se trouvent dans l'homme. A l'inverse, Yéshou'a nous donne le « véritable pain », celui de la « terre » (selon le Midrash), donc celui de la Royauté. Cette dimension de la Torah récolte toutes les « lumières spirituelles », donc elle seule est capable de remplir totalement l'homme, qui possède tous les attributs en lui !

 

Maintenant nous comprenons selon le secret de la Torah les dires de Yéshou'a : il n'est pas venu détruire, abolir la Torah de Tiféret, il est venu pour la remplir, la parfaire ! Et comment ? En incluant Tiféret dans Malkhout ! Dans un langage plus accessible, la mission du Roi Messie est de marier la Torah de Moshé avec le cœur de l'homme, et cela ne la supprime pas, mais au contraire, lui donne enfin les bonnes fondations pour pouvoir être pratiquée !

 

Et cette vérité était comprise et vécu car il est rapporte : « des dizaines de milliers de Juifs ont cru [en Yéshou'a] et TOUS son zélés pour la Torah ! »

 

Donc, la Torah du Messie, qui est la Torah de la Royauté, de la Terre, combinée à la Torah de Tiféret possède la force et la puissance d'opérer une transformation en profondeur en l'homme, car sa Torah est comprise et assimilée même par les 'améi haarets, les gens du peuple les plus simples :

 

« Les lèvres du Tsaddik/Juste nourrissent la foule » (Mishléi/Proverbes 10:21)

 

Ainsi, les pères sont morts spirituellement car les deux dimensions n'étaient pas réunies et la division provoque la mort. Mais la vie, qui est l'unité complète dans la différence se trouve dans la réunion de ces deux dimensions qui sont une dans la Torah du Messie et ainsi : « louanges soient rendues à HaShem, qui opère cela par Yéshou'a le Messie, notre Adôn » (Lettre envoyée aux Romains 7:24).

 

Car par l'entendement, l'homme est soumis à la Torah divine, dans la nature terrestre à la torah de l'animal, et par la Torah du Messie, les deux Torot (Torah au pluriel) fusionnent et permettent à l'homme avec ses nouveaux outils de travail de parvenir au statut de tsaddik/Juste, car le Messie tsidkénou dévoile cette dimension « qu'un homme n'aurait pu atteindre par ses propres forces » (Tanya) et ainsi nous ne sommes plus soumis à la puissance de la torah de l'animal mais à la Torah divine qui, dévoilée par la bonté d'HaShem permet d'atteindre le statut de tsaddik/juste, et c'est ici l'explication véritable de :

 

« La faute ne vous dominera plus, car vous n'êtes pas soumis à cette torah [de l'animal] mais soumis à [la torah de] la bonté » (Lettre envoyée aux Romains 6:14)

 

En résumé et pour conclure, la Torah que Moshé nous a donné n'avait pas la puissance d'unir les deux dimensions présentes en l'homme, c'est pourquoi elle provoquait sa mort, car la mort est la séparation, tandis que la vie est l'union. Or, la Torah de Yéshou'a permet ce mariage en l'homme, car les énergies spirituelles incarnées dans les lettres ont la capacité, dans l'Alliance Renouvelée, de se graver non seulement dans le cœur qui abrite l'âme divine, mais aussi dans le cœur qui abrite l'âme animale !

 

Or, la Torah étant souffle, et en Yéshou'a notre âme animale pouvant être mariée à notre âme divine, nous pouvons maintenant pratiquer la Torah comme il se doit !

 

Et c'est ici qu'Edom a chuté depuis 2000 ans, en croyant que simplement s'engager avec Yéshou'a sans pratiquer la Torah suffisait. Mais notre Roi Messie connaissait depuis le début la « peau de banane » que ces notions comportaient, et c'est pourquoi il s'empressa de dire :

 

« Ne croyez pas que je sois venu abolir la Torah, je ne suis pas venu abolir mais remplir », ce qui signifie que le Roi Messie ne vient QUE pour faire le travail qui nous est impossible à faire, c'est-à-dire réunir la Torah de Tiférèt à la Torah de Malkhout, qu'il 'remplit' d'elle. Dans un langage plus compréhensible, graver les énergies spirituelles des lettres de la Torah dans notre âme animale. CEPENDANT, cela n'est qu'une base ! Nos pères n'ont pas réussi à rester fidèles à la Torah car il leur manquait ces fondations solides. Mais maintenant, nous avons les bons outils pour pouvoir ENFIN la pratiquer, et c'est l'avertissement de la suite du verset que nous paraphrase :

 

« Faites attention ! Je ne vous apporte que les fondations pour pouvoir bâtir dessus ! Tant que les Cieux et la Terre existeront, la Torah perdurera ! Donc si l'un d'entre vous s'amuse à en abolir la moindre mitsvah, eh bien dans mon Royaume, il sera un « petit spirituel ». A l'inverse, enseignez-les et pratiquez-les et vous serez des grands dans mon Royaume ! » (Matityahou/Mathieu 5:18-19)

 

Et cette explication est la seule véritable, puisque cela se marie à la perfection avec les dires des prophètes :

 

« Mon Serviteur David [Le Messie] sera leur roi, et ils auront tous un seul guide. Ils suivront Mes ordonnances, ils observeront Mes loi pour les mettre en pratique » (hézqèl/Ézéchiel 37:24)

 

« Car de Tsiôn sortira la Torah, et de Yéroushalayim la Parole d'HaShem » (Yésha'yahou/Isaïe 2:3)

 

« C'est par le feu qu'HaShem exerce Ses jugements, c'est par Son glaive qu'Il châtie toute chair […] qui mangent de la chair de porc, des choses abominables » (Yésha'yahou/Isaïe 66:16-17)

 

« A chaque Rosh Hodesh et à chaque Shabbat, tout chair viendra se prosterner devant Moi » (ibid.66:23)

 

*

 

« Grâce au rapprochement du Tsadik de vérité, la souillure du serpent s'interrompt » (Likoutéi Moharân, 2ième Tome, Torah 8)

 

* * *

 

Les grands axes de la pensée du Rabbi ayant été expliquées, les passages restant, mal utilisés par les ennemis de la Torah, traitent de questions pratiques, halakhiques (de lois), qui se posaient surtout en ce temps-là.

 

* * *

 

« Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile » (Première Lettre envoyée aux Corinthiens 6:12)

 

Rabbi Shaoul étant soumis à la Torah, il est bien évident que cela ne signifie pas qu'il est permis de commettre l'adultère, le meurtre, la profanation du Shabbat ou l'abolition des autres mitsvot comme les Téfilines et les Tsitsit, qu'HaShem préserve. Pour preuve, quelques versets au-dessus, il citent certaines choses qui bloquent l'accès au Royaume : l'idolâtrie, la débauche, les mauvaises langues, etc. Ainsi donc, seuls les débauchés et les tordus comprendront ainsi.

 

En vérité, il faut comprendre ainsi : dans ce que la Torah me permet, tout m'est permis. Seulement, tout ne m'est pas utile, et rien ne dois m'asservir.

 

Il existe trois domaines dans lesquels l'homme évolue : le saint, le profane, et le ténébreux. De nos jours, une personne qui s'attache au Tsadik, au Messie, évolue dans les domaines du profane et du saint, la Torah interdisant strictement tout ce qui ressort du domaine du mal, des ténèbres, ces choses étant celles qui nous bloquent l'accès au Royaume. Dans le Monde Futur, même le profane ne sera plus, et nous évoluerons dans les divers degrés de sainteté. Ainsi donc, pour nous aujourd'hui, tout nous est permis dans le domaine du profane, mais il faut savoir que ce n'est pas parce qu'une chose nous est tolérée, permise, qu'elle nous est bonne !

 

* * *

 

« Tout ce qui se vend à l'étal, mangez-le sans rien discriminer en conscience » (Lettre envoyée aux Corinthiens 10:25)

 

Certains s'imaginent que le Rabbi aboli ici les lois de la kasheroute de la Torah de Moshé (qu'HaShem préserve). Bien entendu, cela est absolument faux, et voici l'explication de cette phrase :

 

Cette phrase intervient dans le contexte des viandes offertes aux idoles païennes, dans les temples de la ville de Corinthe. Le Rabbi commence à aborder le sujet au début du chapitre 8, puis revient sur le sujet après un détour. A l'époque, les animaux étaient offerts aux idoles, puis des restes se retrouvaient ensuite sur les étalages du marché, où ils étaient vendus. Les corinthiens demandaient donc au Rabbi si il était possible d'acheter des morceaux dans les étalages, ne sachant pas lesquels provenaient des temples. A cela, leur Rav leur réplique qu'ils n'ont pas à se poser des questions sur ces choses-là, de toute façon, ils ne pouvaient connaître leur provenance. Sachant donc que les idoles ne sont que néants, les aliments pouvaient être achetés.

 

Bien entendu, il était strictement défendu de consommer consciemment de la viande qui provenait de ces temples païens, si la provenance était connu, comme il est dit : « Tu as là des détenteurs de l'enseignement de Bi'lâm, qui enseigna à Balaq à jeter l'achoppement en faces des Bnéi Israël, à manger des viandes sacrifiées aux idoles » (Révélation 2:14)

 

Pour les Juifs (de Corinthe ou d'ailleurs), toutes ces viandes étaient strictement défendues, ils ne consommaient que de la viande kasher.

Pour les Non-Juifs qui s'approchaient de la Torah, les choses doivent se faire au fur et à mesure. En effet, Ya'aqov avait lié la halakha suivante, pour ceux qui arrivaient dans la communauté du Messie : « s'éloigner des impuretés des idoles […] de la chair étouffée et du sang » (Histoire des Talmidim/Actes 15:20) car « le reste s'apprend chaque Shabbat dans les synagogues » (ibid, verset 21).

 

La base, c'est de ne plus consommer des viandes interdites par la Torah écrite, comme le porc, le cheval, le lapin.... La seconde étape, c'est de ne plus manger de viandes non kasher. Les corinthiens vivaient cette transition, et le communauté étant récente, la seconde étape n'avait pas encore été franchie.

 

Le Rabbi n'enseigne donc pas l'abolition de la Torah, mais bien le respect des halakhot liées par les Anciens de Yéroushalayim, en les accompagnant dans ce processus.

 

De nos jours...

 

Une personne qui adhère à la Torah et vient dans la communauté du Roi Messie commencera pas s'abstenir des viandes interdites par la Torah écrite. Elle grandira toujours plus dans la sanctification, selon ses moyens, pour arriver à ne manger que de la viande kasher, viande provenant d'un animal tué selon les règles de la Torah orale, et vidé de son sang.

 

* * *

« Tout est pur pour les purs » (Titus/Tite 1:15)

 

Le Talmud enseigne que quand la Torah a été traduite en Grec, ce jour a été aussi ténébreux pour le monde que quand le peuple a fauté avec le veau d'or. Nous avons ici l'exemple de la phrase qui, à cause du grec, à permis à un grand nombre de personnes d'abolie la Torah. Détruisons donc ce 'veau d'or', que la lumière de la Parole Divine authentique brille à nouveau.

 

Il existe plusieurs mots en grec pour désigner toutes sortes de puretés et d'impuretés. Succinctement, dans le contexte de l'Alliance Renouvelée, les mots katharizo et koinoo désigne, respectivement, la pureté et l'impureté selon les normes de la Torah (par exemple pour les personnes atteintes de Tsaraat, traduit très improprement par « lèpre »).

Le mot akhatartos désigne les esprits impurs et les viandes impures selon le Séfer Vayiqra (Lévitique).

Le mot Koinos  est plus utilisé comme rendant le français « profane, commun, neutre ».

Le mot katharos pour rendre l'idée de « blanc, innocent, intègre, propre physiquement et moralement ».

Enfin, miaino  pour teindre, polluer, tâcher.

 

Certains de ces mots désignent la même chose, mais se trouvent simplement conjugués sous différentes formes. En connaissant les bonnes définitions des mots, en gardant à l'esprit, comme cela été prouvé, que Rabbi Shaoul a toujours été un strict observateur de la Torah, et que le contexte est primordial, nous allons ici prendre des versets, qui sont des pierres d'achoppements pour une multitude :

 

« Je le sais, j'en suis convaincu dans l'Adôn Yéshou'a, rien n'est impur (Koinos = profane, commun, neutre) en soi. Mais si quelqu'un considère impur (koinos) quoi que ce soit, cela est impur (koinos) pour lui […] tout est pur (katharos = propre, pur, blanc, sans reproche, innocent, pur dans le sens permis) […] (Lettre envoyée aux Romains 14:14 et 20)

→ Dans ce passage de sa Lettre, le Rabbi parle de personnes qui ne mangeaient pas de viandes, pour diverses raisons. Les mots utilisés ici, ainsi que le contexte, prouvent que Shaoul n'enseigne pas que les viandes interdites par la Torah sont permises (qu'HaShem préserve) mais que, dans ce que la Torah permet, rien n'est « souillé » rituellement, qu'il n'est pas la peine de se mettre des interdictions supplémentaires. Pour ces personnes, même la viande permise était « souillée » à leurs yeux, et ils n'en mangeaient pas. Cependant, le Maître précise qu'en réalité, dans ce que la Torah permet, tout est pur (propre, non souillé rituellement), et que l'on peut manger sans problème et non se contenter « de légumes » (14:2).

 

« Tout est pur (katharos = propre, pur, blanc, sans reproche, innocent, pur dans le sens permis) pour les purs (katharos = propre, pur, blanc, sans reproche, innocent, pur dans le sens permis), mais pour les contaminés (miaino = tâcher, infecté, teindre) et les sans-foi, rien n'est pur (katharos = propre, pur, blanc, sans reproche, innocent, pur dans le sens permis) » (Titus/Tite 1:15)

→ Pour les personnes intègres, « pures », qui n'ont rien à se reprocher et qui marche sainement et saintement, tout est « propre, pur, permis », dans ce qui est permis par la Torah, et il n'est pas besoin de s'ajouter des interdictions.

 

« Ce qui sort de la bouche provient du cœur, et cela contamine (koinoo = souille, profane selon Vayiqra/Lévitique) l'homme » (Matityahou/Mathieu 15:18)

→ Ici, dans la traduction des paroles hébraïques de Rabbi Yéshou'a, il est parlé de paroles mauvaises, sortant d'un homme qui le rend impur, dans le sens une véritable impureté Torahique. Ici, le Roi Messie fait référence à la Torah qui enseigne qu'un homme qui fait du lashôn harâ (« mauvaise langue », c'est-à-dire calomnie, mensonge, moquerie, etc) est alors atteint par la Tsaraat (la « lèpre », selon les mauvaises traductions), et devient impur. Seul le Cohen possède le pouvoir de le déclarer pur, selon les normes de la Torah.

 

« Mais Shi'môn Kéfa dit : Non, Adôn, car je n'ai jamais rien mangé de souillé (koinos = profane, commun, neutre) ni d'impur (akhartatos) » […] Ce que Dieu a déclaré pur (katharizo = rendre propre, déclaré pur), ne le regarde pas comme souillé (koinoo = souille, profane selon Vayiqra/Lévitique ) » (Histoire des Talmidim/actes 10:14)

 

Suite à la vision reçue, Shi'môn répond à l'Adôn que non seulement il n'a jamais rien mangé d'impur (selon la Torah, soit les viandes interdites) mais également de choses souillées (impures rituellement, aliment dont on n'est pas sûr de la kasheroute). A cela on lui répond que ce qu'HaShem déclare pur (d'une pureté selon la Torah), il ne doit pas le regardé encore comme impur (la même impureté que celle des animaux interdites).

 

Pour les initiés, cela signifie qu'un Non-Juif, dont l'âme prend sa source dans les trois klippot totalement impures, qui se lie au Tsadik, au Juste, voit sa racine d'âme migrer dans klipat noga, domaine du mélange de la sainteté et de l'impureté. Quand un Non-Juif se lie au Tsadik, il voit son âme se « kashériser ». Cependant, il reste toujours Non-Juif si il ne réalise pas de conversion, où une âme Juive lui est alors donnée des Cieux. On se reportera au Tanya pour plus de précisions sur le sujet.

 

Ainsi donc, Rabbi Shaoul n'abolit aucune mitsvah de la Torah de Moshé, mais la confirme et l'enseigne pleinement.

 

 

*

 

« Grâce à l'attachement aux vrais Tsadikim, on accède de la sorte à un parfait repentir, au pardon des fautes, à l'adoucissement et à la suppression de tous les jugements, et l'union du Saint Béni Soit-Il et de Sa Présence est accomplie grâce à cela » (Likoutéi Moharân, 2ième Tome, Torah 91)

 

« Déjà vous êtes purs (katharos), à cause de la parole que je vous ai annoncée » (Yohanân/Jean 15:3)

« Car il connaissait celui qui le livrait; c'est pourquoi il dit : Vous n'êtes pas tous purs (katharos) » (Yohanân/Jean 13:11)

* * *

 

« Tout ce qui n'est pas de l'adhérence (la foi) est faute » (Lettre envoyée aux Romains 14:23)

 

Il est dit : « la faute est la transgression de la Torah » (Aleph Yohanân/1 Jean 3:4). La foi, comme il a été dit plus haut, c'est le fondement sur lequel repose toutes les mitsvot de la Torah : « Havaqouq qui les a tous fondés sur un seul principe : « Le juste vivra par sa foi » » (Makkot 23b).

 

Bien entendu, il est inutile de préciser qu'il est strictement impossible d'avoir une « conviction » sur l'application d'un commandement ou non. Cette sentence de Shaoul, remise dans son contexte, signifie tout simplement que pour respecter la mitsvah « d'aimer son prochain comme soi-même », il faut savoir user de « stratagèmes » pour ne pas être une occasion de chute pour lui.

 

La foi représentant les mitsvot, tout ce qui ne vient pas de la foi, donc tout ce qui ne confirme pas les mitsvot de la Torah, c'est une faute (péché, hatat, rater la cible, la Torah). Dans le contexte ici, toutes les actions d'un homme qui ne contribuent pas à accomplir la mitsvah « d'aimer son prochain comme soi-même » mais qui est une occasion de chute, est un péché, un transgression de la Torah

 

 

* * *

 

« La plénitude de la Torah, c'est l'amour » (Lettre envoyée aux Romains, 13:10)

 

Le Rabbi explique ici que l'amour est la sève de toutes les mitsvot de la Torah. Sans amour d'HaShem et du prochain, la Torah est vide de sens. L'amour doit être l'énergie à insuffler dans chaque mitsvah accomplie. Mais il ne s'agit bien entendu pas (qu'HaShem préserve) de dire que l'amour « remplace » la pratique de la Torah !

 

* * *

 

Les écrits de la B'rit Hadasha nous prouvent donc que Rabbi Shaoul a été un fidèle observateur de la Torah toute sa vie, un Paroush Nazaréen, qui était en conformité avec la Torah du Messie et d'Hillel sur pratiquement toutes les halakhot, les lois, et que les passages de ses Lettres posant problèmes ne sont le résultat que d'une méconnaissance totale de la Torah authentique d'Israël.

 

L'on pourrait toutefois se poser la question suivante : pour quelle raison Rabbi Shaoul a-t-il été si mal compris ? A cela, deux réponses principales. Premièrement, car il est venu réaliser un grand tikoun :

 

Le Roi Shaoul, de la Tribu de Binyamîn,s 'est opposé de toutes ses forces à la Royauté de David, en l'empêchant de briller, et le poursuivra au cours d'une partie de son histoire, en l'accusant à tort de fomenter des complots contre lui.

 

Rabbi Shaoul, de la Tribu de Binyamîn, fera tout pour faire briller la Royauté de Yéshou'a ben David, et sera beaucoup plus « poursuivi » que son Messie au cours de l'histoire, accuser à tort d'être un apostat envers la Torah d'Israël.

La seconde raison est la suivante :

A la suite du veau d'or, HaShem veut laisser éclater Sa colère contre le peuple, le détruire, et continuer le peuple d'Israël au travers Moshé et ses fils. Moshé refuse et prend la défense d'Israël, et prononcera cette curieuse phrase :

« Pardonne maintenant leur péché! Sinon, efface-moi de Ton livre que Tu as écrit » (Shémot/Exode 32:32)

Rachi commente, en rapportant la Guémara suivante : « De la Torah tout entière, afin que l’on ne dise pas de moi que je n’ai pas été capable de solliciter pour eux la miséricorde divine » (Berakhot 32a)

 

La Torah est également le Livre de Vie. Par amour pour son peuple, Moshé demande à HaShem de le « sacrifier », dans le sens de l'effacer de son livre, et par ce mérite, de permettre au peuple de survivre. Mais HaShem refuse :

« Celui qui a prévariqué envers Moi, c'est lui que J'effacerai de Mon livre » (Shémot/Exode 32:33)

Chacun meurt pour sa faute ! Problème résolut !

 

En vérité, pas exactement...

Dans toute la Parasha (section de la Torah) « Tetsavé » (Shémot/Exode 27:20 à 30:10), le nom de Moshé n'apparaît à aucun moment, chose unique dans toute la Torah, d'Exode à Deutéronome !

 

Laissons le Zohar expliquer cela : 

 

« HaShem 'ignore' la proposition de Moshé (être effacé du livre). Néanmoins, Moshé a été "effacé" d'une parasha. Quelle est cette parasha? "Vé-ata Tétsavé", la parasha concernant les commandements liés au Mishkane (le Tabernacle) et qui aurait dû contenir le nom de Moshé dans chaque mot, et dans chaque commandement. Mais le nom de Moshé a été retiré de toute la parasha, qui n'en fait pas mention. C'est un exemple de 'malédiction' d'un sage (qui se réalise), même lorsqu'elle est conditionnelle » [Midrash Né-élam, Shir Hashirim, Maamar 4] 

 

Quand un grand Juste parle, toutes ses paroles ont une incidence ! Certes, HaShem a refusé d'accéder à la requête de Moshé, mais, en un certain sens, une « partie » a quand même dû « obligatoirement » se réaliser car nous sommes créés à l'image d'E.lohim, et de même qu'Il créé par Sa parole, de même le Juste créé par sa parole. Ce que ses lèvres énoncent, cela s’accomplit, d'une manière ou d'une autre.

Quel est le rapport avec Rabbi Shaoul ? Une simple phrase, prononcée au détour d'un verset, à première vue sans incidence, mais qui, pourtant, modèle l'histoire d'Israël et des Gentils greffés depuis 2000 ans :

 

« Je dis la vérité dans le Messie, je ne mens pas, ma conscience m'en rend témoignage par la rouah hakodesh : J'éprouve une grande tristesse, et j'ai dans le cœur un chagrin continuel. Car je voudrais moi-même être anathème et séparé du Messie pour mes frères, mes parents selon la chair, qui sont Israélites, à qui appartiennent l'adoption, et la gloire, et les alliances, et la Torah, et le culte, et les promesses, et les patriarches, et de qui est issu, selon la chair, le Messie, qui est au-dessus de toutes choses, HaShem soit béni éternellement. Amen ! » (Lettre envoyée aux Romains 9:1-5)

 

Notez bien : je voudrais moi-même être anathème et séparé du Messie pour mes frères, mes parents selon la chair !

Anathème, c'est-à-dire sans espoir de rachat. Un homme maudit, voué à la malédiction, aux plus grands ennuis.

Séparé : « apo » en grec. Ce mot est en particulier utilisé pour illustrer une coupure net et précise entre deux éléments. Par exemple dans le passouk suivant :

 

« Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de (apo) toi » (Matityahou/Mathieu 5:30). Cela fait référence donc à un tri entre le pur et l'impur, le permis et l'interdit, la lumière et les ténèbres, la vie et la mort. Si nous faisons une lecture « targoumique » de ce verset donc, c'est-à-dire une lecture explicative, cela donnerai :

« Je souhaiterai, je prierai, je demanderai être, moi-même, destiné à la mort, à la destruction, et être coupé, jeté loin du Messie, pour mes frères, ceux de mon peuple selon la chair »

Or, nous savons que le Messie est la Torah vivante, celui qui la possède en lui « dans ses entrailles », (Téhilim/Psaume). Donc, en disant cela, Shaoul dit en substance : « je veux être coupé, jeté loin de la Torah, loin du Messie » ! Et depuis 2000 ans, Rabbi Shaoul est accusé d'abolir la Torah et de « prêcher un autre Yéshou'a » que celui qui demande de pratiquer la Torah !
 

Plus encore, en lançant une telle malédiction sur lui-même, celle-ci est également retombée sur...ses lettres ! Ou plus exactement sur la compréhension de ses lettres !

« Toute la révélation est pour vous comme les mots d'un livre cacheté Que l'on donne à un homme qui sait lire, en disant: Lis donc cela ! Et qui répond: Je ne le puis, Car il est cacheté; Ou comme un livre que l'on donne A un homme qui ne sait pas lire, en disant: Lis donc cela! Et qui répond: Je ne sais pas lire » (Yésha'yahou/Isaïe 29:11-12)

 

Shaoul, qui n'enseignait qu'une hassidout, a été compris comme étant le fondateur d'une nouvelle religion.
 

Moshé a demandé à ce qu'il soit ôté de la Torah, résultat toute la Parasha suivante ne le contient pas. Shaoul a demandé à être coupé du Messie, de la Torah, résultat ses lettres « montrent » (en un certain sens) qu'il en est effectivement coupé ! Constatons d'ailleurs que durant 2000 ans, à peu près, les lettres de Shaoul ont été utilisées contre la Torah, mais que depuis peu, elles sont de plus en plus comprises comme elles doivent l'être, en accord avec la Torah. Il n'y a pas de hasard !

Mais alors, une nouvelle question se pose, et pas des moindres : en quoi cette malédiction, cette « coupe » de Shaoul de la Torah, a-t-elle aidé ses frères depuis 2000 ans ?
 

Mais revenons d'abord à Moshé : pourquoi est-ce la Parasha Tetsavé où son nom n'est pas écrit ? Pourquoi elle et pas une autre ? Car cette Parasha traite, en partie, de la confection du mishkhân, le Tabernacle, et des habits du Cohen Gadol. Le Cohen est un Lévi, or cette Tribu fut choisie pour faire le service d'HaShem à la place des premiers-nés de chaque famille. Pourquoi ? Car lors de la faute du veau d'or, les lévites n'ont pas péché, contrairement aux premiers-nés du peuple. Moshé n'a pas non plus péché puisqu'il était sur la montagne mais Aharôn, lui, a fauté avec le peuple (même si il n'avait pas les mêmes intentions qu'eux comme le disent les Maîtres).

Moshé, n'ayant pas péché dans cette affaire, il n'avait donc pas besoin d'apparaître dans la Parasha traitant de la construction du Tabernacle servant à expier, entre autre, cette faute. Mais Aharôn en avait besoin ! Ainsi, c'est son nom qui apparaît tout au long de la Parasha et non celui de Moshé !

Le rapport avec Rabbi Shaoul ? Comme Moshé, il n'avait pas besoin de figurer parmi les Maîtres d'Israël durant ces 2000 ans car il trouve déjà sa justification dans le mishkhan de Yéshou'a. En effet, comme le dit un Midrash, le Messie est comparé au Tabernacle du désert, en ce sens qu'il expie les fautes du peuple !
 

De plus, Shaoul n'avait pas chuté avec le peuple, qui a été « rendu comme de la pierre » (Lettre envoyée aux Romains, 11:7). Néanmoins, il est également dit que quand un homme n'a pas de connaissance, son péché « n'est pas pris en compte », mais quand il voit, le péché demeure (Yohanân/Jean 9:41). Dilemme donc ! Si Shaoul était resté en sa qualité de Maître au yeux du peuple, il se serait dressé comme une lettre de condamnation face à eux, et le jugement ainsi que les souffrances auraient été bien plus terribles pour Israël, hass véshalom !

La solution donc ? Prendre exemple sur Moshé : efface-moi, coupe-moi de la Torah, pour mon peuple, que je ne sois pas pour eux une accusation ! Mes lettres, mes enseignements, durant le temps de ce dernier exil, ne seront pas acceptés. Il vaut mieux me rejeter que subir des tourments, car si ils voient mais continuent de rejeter, là ils seront doublement coupables !

Ainsi, selon la loi spirituelle énoncée en Yohanân /Jean 9:41, tous les Juifs de Torah depuis 2000 ans qui rejettent Yéshou'a ne sont pas du tout fautifs ou coupables de péchés envers leur Roi, car « ils sont aveugles à son identité donc non fauteurs envers lui » !

Comment donc rétablir Rabbi Shaoul parmi les siens ? En rétablissant Yéshou'a ! Et comment rétablir Yéshou'a ? Cela dépend des autorités spirituelles d'Israël. Il y a 2000 ans, le Sanhédrîn a lié la vérité de Yéshou'a aux yeux du peuple, en disant : 

« Ils rencontrèrent les anciens et après avoir délibéré....vous direz au peuple : ses talmidîm sont venus de nuit et ont dérobé son corps […] cette histoire s'est répandue parmi les Juifs jusqu'à aujourd'hui » (Matityahou/Mathieu 28:13-15)

Le Ari Hakadosh, un des plus grands Maîtres d'Israël, avait dit à son disciple, Rabbi Hayim Vital, que les « disciples du Nazaréen avait pris son corps en faisant croire qu'il était ressuscité » ! Comment les plus grandes sommités d'Israël durant ces 2000 ans, ne peuvent pas voir ce que des petits du peuple comme nous pouvons ? Car la majorité d'Israël est toujours voilé, en ce qui concerne l'identité du Roi Messie. Tout cela à cause de la minorité religieuse du Sanhédrîn à l'époque de Yéshou'a, qui était vendue à Rome, et qui a lié, sur la Terre (et donc dans les Cieux!) la vérité de Yéshou'a aux yeux d'Israël.

Cette minorité parmi les autorités de l'époque sont donc bien des « serpents » et « races de vipères » ! Il est d'ailleurs intéressant de constater que ces quelques membres corrompus du Sanhédrîne de l'époque étaient vendus à Rome. Edom, le monde occidental romain, est donc plus ou moins directement responsable du voilement du Roi Messie aux yeux d'Israël. Or, nos Maîtres disent que, dans le Gan 'Eden, le serpent qui a tenté le premier couple était chevauché, en réalité, par Samaël, qui est l'ange....d'Edom ! Il n'était donc qu'un pion sans les mains de cet ange mauvais pour faire chuter le premier Adâm. Et ici, Edom (Samaël donc) a utilisé ces « serpents » pour voiler, faire chuter le second Adâm !

Mais le second Adâm n'ayant pas chuté, c'est sa descendance, Israël, qui en paye les frais...

Pour conclure donc, que même que Moshé « disparaît » de la Torah le temps qu'Aharôn se répare grâce à la confection du Tabernacle, qui lui assure son expiation, et donc sa délivrance, de même Rabbi Shaoul « disparaît » d'Israël, le temps que le peuple se répare grâce à 2000 ans de Torah en exil qui reconstruit, petit à petit, l'image de son Roi Messie, qui lui assurera sa délivrance éternelle !