Histoire

Nos Maîtres nous rapportent qu'HaShem consulta la Torah et créa le monde, celle-ci en est donc le plan. Après la faute d'Adâm le premier homme, l'humanité se déconnecta du Divin et il fallut trouver un moyen de le ramener à sa source. Pour cela, le Ribbono Shel 'Olam, le Créateur du monde, choisit un homme, Avraham, et sa descendance, le peuple d'Israël, pour recevoir cette Torah, l'étudier, la pratiquer et surtout la vivre, afin de pouvoir, au travers ces choses, réparer notre Univers et surtout l'homme, créé sur l'image d'E.lohim.

Ainsi, il y a 3500 ans environ, HaShem donna la Torah à Moshé sur le Mont Sinaï, pour le peuple d'Israël premièrement, mais également pour tout être humain désirant y trouver sa part, soit en se convertissant, soit en demeurant dans son identité d'enfant des Nations.

Références

L'histoire de Matân Torah est rapportée en Shémot/Exode, chapitres 19 et 20 principalement. Les cinq premiers Livres du Tanakh (les Écritures) ont été dictés par le Créateur à Moshé sur le Sinaï.

Il existe quantité de passages dans la Torah orale (Talmud, Midrash, Zohar...) qui traitent de cet évènement.

Concernant la célébration de la Fête, voici ce qui est écrit :

"Trois fois par année, tu célébreras des Fêtes en Mon Honneur [...] Tu observeras la Fête de la moisson, des prémices de ton travail, de ce que tu auras semé dans les champs" (Shémot/Exode 23:14 et 16)

"Le Jour des prémices, où vous présenterez à HaShem une offrande, à votre Fête des semaines, vous aurez une sainte convocation, vous ne ferez aucune œuvre de travail" (Bamidbar/Nombres 28:26)

"Ce jour même, vous publierez la Fête, et vous aurez une sainte convocation, vous ne ferez aucune œuvre de travail. C'est un hoq qui durera pour vos descendants, dans tous les lieux où vous habiterez" (Vayiqra/Lévitique 23:21)

"Et tu feras la Fête de Shavouôt, et des offrandes volontaires, selon les bénédictions qu'HaShem ton E.lohim t'aura accordées" (Dévarim/Deutéronome 16:10)

 
 
 

D'var Torah

(Enseignement)

La Torah orale regorge d'anecdotes et de précisions au sujet du don de la Torah, dont en voici une :

"Et Rabbi Yéhoshou'a ben Lévi a dit : au moment où Moshé est monté vers les Hauteurs, les anges du Service Divin ont déclaré devant le Saint Béni Soit-il : Maître de l'Univers, que fait parmi nous un être né d'une femme ? Il leur a dit : "Il est venu recevoir la Torah". Ils ont dit devant Lui : "Celle désirée et gardée jalousement, que Tu as gardé précieusement pendant 974 générations avant que ne soit créé le monde, tu envisages de la donner au chair et au sang ? Or, qu'est-ce que l'homme pour que Tu te souviennes de lui, ou le fils de l'homme pour que Tu te rappelles de lui ? HaShem, notre Adôn, comme Ton Nom est Grand sur toute la Terre, Place donc Ta Gloire aux Cieux !

Le Saint Béni Soit-Il dit alors à Moshé : "donne-leur une réponse", et Moshé a dit devant Lui : Maître de l'Univers ! Je crains qu'ils ne me brûlent du souffle qui est dans leur bouche ! Il lui a répondu : "Agrippe-toi au Trône de Ma Gloire et ensuite donne-leur une réponse [...]

Il a dit devant Lui : Maître de l'Univers, la Torah que Tu me donnes, qu'est-il écrit dedans ?

"Je suis HaShem ton E.lohim qui t'ai fait sortir de la Terre d’Égypte". Moshé dit alors aux anges : "êtes-vous descendus en Égypte ? Avez-vous été asservis à Pharaon ? Pourquoi la Torah serait-elle vôtre ?Qu'est-il écrit d'autre dans la Torah ? Il n'y aura pas en ton sein les dieux des autres ! Résidez-vous au milieu des Nations qui adorent des idoles ?

Qu'y est-il écrit d'autre ? Souviens-toi du Jour du Shabbat pour le sanctifier ! Effectuez-vous quelque travail pour avoir besoin de vous reposer ? Qu'y est-il écrit d'autre ? Tu n'invoqueras pas le Nom d'HaShem ton E.lohim en vain ! Y'a-t-il des transactions commerciales entre vous, qui vous inciteraient à jurer en vain ?

Qu'y est-il écrit d'autre ? Honore ton père et ta mère ! Avez-vous père et mère ?

Qu'y est-il écrit d'autre ? Tu n'assassineras pas, tu ne commettras pas d'adultère, tu ne voleras pas ! Y'a-t-il de la jalousie parmi vous ? Y'a-t-il un mauvais penchant parmi vous ?

Aussitôt, les anges l'ont concédé au Saint Béni Soit-Il" (Shabbat 88b-89a)

Une lecture superficielle de cette Guémara nous fait comprendre que Moshé a démontré aux anges (qui ne voulaient pas que la Torah soit léguée aux hommes) que la Parole Divine ne leur était d'aucune utilité, dans le sens où sa configuration actuelle est adaptée aux hommes possédant un mauvais penchant. Mais si nous lisons entre les lignes, nous pouvons apercevoir une certaine peur chez les anges. Car ne pas vouloir léguer le diamant céleste aux hommes est une chose, mais vouloir tuer Moshé lui-même pour cela en est une autre !

Mais de quoi les anges, ces êtres célestes non soumis au péché et à la mort, ont-ils peur ?

De la Torah elle-même !

Mais qu'est-ce que cela signifie ?

La Torah, ce n'est pas simplement une "compilation" d'histoires et de commandements. La Torah c'est le plan du monde, la Force de l'Univers, ce qui maintient tout à l'existence, de l'ange jusqu'à la bactérie. Celui qui détient la Torah détient les clefs de l'Univers, de toute la Création. En un mot, celui qui détient la Torah détient tout...sauf HaShem Lui-même bien sûr !

Les anges ont donc eu peur, car en faisant quitter la Torah des Cieux pour la donner à un peuple de chair et de sang, cela revient à donner les clefs de leur existence, de leur création même, aux hommes. De là nous comprenons la chose suivante : tous les mondes supérieurs et inférieurs ne dépendent, ne reposent que, et uniquement que, sur la Torah d'Israël. Si Israël disparaît, si il ne reste plus aucun Juif pour l'étudier et la pratiquer, à l'instant même, toute la Création avec tous ses êtres retourneraient au néant absolu, et il ne resterait plus qu'HaShem, comme avant la Création de chaque chose !

C'est pourquoi le Midrash enseigne que si les Nations connaissaient la valeur du Temple, elles y précipiteraient toutes des soldats pour le protéger de la destruction ! Car elles sauraient que leur vie dépend d'Israël.

Cette clef de compréhension nous permet également d'observer l'histoire avec un regard renouvelé. En effet, quand Israël s'élève, les Nations et l'histoire humaine s'élèvent, et quand Israël chute hass véshalom, les Nations et l'histoire chutent également. Par exemple, nous voyons que le monde a chuté dans l'obscurantisme à partir de la destruction du Second Temple, et de l'exil d'Israël, et il est reconnu que la science était, paradoxalement, plus avancée dans l'antiquité qu'au Moyen-âge. Pendant 1800 ans environ, le monde n'a pas spécialement évolué en technologie, connaissances scientifiques pouvant faire avancer la société, etc. Puis, au fur et à mesure que le monde de la Torah a dévoilé de nouvelles facettes (la Hassidout par exemple) et que les premiers Juifs ont commencé à revenir sur leur Terre sous l'impulsion du Gaôn de Vilna, le monde a commencé les grandes découvertes qui allaient révolutionner l'histoire. Et depuis tout s'accélère : d'un côté nous voyons le nombre de Juifs faisant leur alya allant en augmentant, la création d'Israël, la reprise de Yéroushalayim sa capitale indivisible et éternelle, de l'autre nous voyons une explosion du nombre d'avancées dans bon nombre de domaines. Le monde n'a jamais autant évolué que depuis ces dernières décennies, depuis la création du nouvel État d'Israël ! L'évolution spirituelle est, elle aussi, notable : au fur et à mesure que le peuple Juif retourne sur sa terre et fait téshouvah, revient à la Torah, de plus en plus de personnes qui suivent Yéshou'a parmi les Gentils commencent à venir, elles aussi, à l'enseignement d'Israël, et à se rapprocher des mitsvot, en particulier le Shabbat et les Fêtes.

Plus la Torah est acceptée, étudiée et vécue dans ce monde par Israël, et plus toute la Création, les mondes supérieurs et inférieurs, la bien et la vie, se renforcent et vont en augmentant (et vice-versa).

Et cela continuera jusqu'à la venue du Roi Messie, et alors en ce jour, HaShem sera Roi de toute la Terre !

Deuxième D'var Torah

Si le jour de Shavouôt marque le don de la Torah, c'est également durant cette Fête que le Roi Messie, Yéshou'a, a répandu la rouah hakodesh, le souffle saint, sur ses talmidim, ainsi qu'il est rapporté :

"Le jour de Shavouôt, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent violent, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, comme de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis de la rouah hakodesh, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que la rouah leur donnait de s'exprimer.
Or, il y avait en séjour à Yéroushalayim des Juifs, hommes hassidim, de toutes les Nations qui sont sous le ciel. Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut, et elle fut confondue parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. Ils étaient tous dans l'étonnement et la surprise, et ils se disaient les uns aux autres : Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous de Galil ? Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle ?
" (Histoire des Talmidim/Actes 2:1-8)

Ce récit fait écho à celui-ci de la Guémara :

"Rabbi Yohanân a dit : que signifie ce qui est écrit : "HaShem a tenu un propos, les hérauts sont une légion nombreuse" (Téhilim/Psaume 68:12) ? Chaque Parole sortie de la bouche du Saint Béni Soit-Il s'est divisée en 70 langues.

Une béraïta de la yéchiva de Rabbi Ishmaël a enseigné : "Et comme un marteau il fait voler le roc en éclats", d'où l'on apprend que de même qu'un marteau fait voler le roc en plusieurs éclats, de même chaque Parole sortie de la bouche du Saint Béni Soit-Il s'est divisée en 70 langues" (Shabbat 88b)

De la même manière que les Paroles prononcées par le Créateur au Sinaï étaient tangibles et visibles, ainsi qu'il est écrit : "Et tout le peuple vit les voix" (Shémot/Exode 20:15), de même ici les paroles se sont matérialisées sous la forme d'un feu, car : "Ma parole n'est-elle pas comme un feu ?" (Yirméyahou/Jérémie 23:29).

Quand HaShem donna la Torah à Israël, Il la lui transmit en 70 langues, afin qu'elle serve de témoignage pour toutes les Nations. De la même manière que cette Première Alliance, l'Alliance Renouvelée (B'rit Hadasha) devait elle aussi être apportée dans les 70 langues afin de servir de témoignage (voir Matityahou/Mathieu 24:14).

D'ailleurs, le Maharcha commente cette Guémara en disant que maintenant, les Nations ne pourront plus prétendre devant HaShem : "si nous avions entendu la Torah dans notre propre langue, nous l'aurions accepté" !

La mission d'Israël est donc d'être un témoignage, une lumière pour les Nations, en rendant témoignage de la Torah et du Roi Messie par sa émounah, sa foi et ses oeuvres.

 

 
 
 

Lois et coutumes

La Torah écrite ne mentionnant pas de mitsvot particulières pour cette Fête comme c'est le cas pour Pessah et Soukkot, la plupart des coutumes trouvent leur source dans la Torah orale.

Bénédiction

Nous faisons la brakha suivante, avant d'allumer deux bougies pour la Fête :

בָּרוּךְ אַתָּה יהוה אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם אֲשֶׁר קִדְשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לְהַדְלִיק נֵר שֶׁל יוֹם טוֹב

Baroukh Atah Adonaï E.loheinou, Mélèkh ha'olam, achère qidéchanou bémitsvotav, vétsivanou léadliq nér shel Yom Tov

 Tu es Source de Bénédictions HaShem notre E.lohim, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et qui nous a ordonné d'allumer la bougie du Yom Tov.

La nuit de Shavouôt

Une coutume répandue est de veiller toute la nuit de Shavouôt. On y étudie la Torah et l'on y fait certaines lectures propres à ce moment. La raison en est que le jour du Don de la Torah, le peuple d'Israël fut réveillé par les sons du Chofar (corne de bélier) au lieu de l'être par lui-même plus tôt, pour pouvoir se préparer pour ce grand jour. Afin de faire le tikoun, de réparer cette faute de nos pères, nous privons nos yeux de sommeil, attendant impatiemment le levé du jour pour revivre ce moment par notre étude et nos téfilot, nos prières.

Le Roi David

David est né et est décédé le jour de Shavouôt, c'est pourquoi la coutume du peuple d'Israël est d'abonder, en ce jour, en lectures de Téhilim (Psaumes), écrits par l'ancêtre du Roi Messie.

Méguilat Routh

Nous lisons également la Méguilat Routh (Le Livre de Ruth) qui raconte une partie de l'histoire de cette noble femme, ancêtre de David et de Yéshou'a. De plus, cette histoire prend place lors de la période des moissons de l'orge, durant le temps de Shavouôt donc.

Plats lactés

Comme pour chaque Shabbat et Jours de Fêtes, l'on devra faire de bons repas, avec si possible de la viande et du vin.

Pour Shavouôt en particulier, nous consommons des mets lactés. Les raisons sont nombreuses : premièrement, la Torah est comparée au lait, qui nourrit l'enfant et le fait grandir. De même la Torah nourrit notre être entier.

Ensuite, les montagnes du Sinaï sont appelées "gavnounim" dans le Téhilim/Psaume 68:17, et ce mot est de la même racine que gvina, le fromage.

Autre raison, les Bnéi Israël reçurent du Sinaï, entre autre, les lois de la kasheroute, des aliments permis et interdits. Or, ils réalisèrent que leurs ustensiles de cuisines étaient donc devenus inutilisables, ils devaient les purifier avant de pouvoir y faire cuire de la viande, cette fois permise par la Torah. En conséquence, ils mangèrent des mets lactés ce jour, ne pouvant consommer des plats carnés pour le moment.