Histoire

 

Parmi les différentes Fêtes qu'HaShem a donné à Son peuple Israël, figure celle de Yom Kippour, le Jour des Expiations, à la suite de la faute du veau d'Or. Moshé, le guide des enfants d'Avraham, Yitshaq et Ya'aqov, pria durant quarante jours et quarante nuits afin d'obtenir le pardon Divin pour ses frères et sœurs. Le Créateur accepta et ce jour devint un moment où notre Père nous pardonne nos erreurs et manquements, nous permettant de repartir sur de bonnes bases pour une nouvelle année !

 

Références

 

La Torah de Moshé parle de Yom Kippour en ces termes :

 

« C'est ici pour vous une loi pérenne : au septième mois, le dixième jour du mois, vous humilierez vos âmes, vous ne ferez aucun ouvrage, ni l'autochtone, ni l'étranger qui séjourne au milieu de vous. Car en ce jour on fera l'expiation pour vous, pour vous purifier de toutes vos fautes devant HaShem. Ce sera pour vous un Shabbat de cessation, et vous humilierez vos âmes. C'est une loi pérenne. L'expiation sera faite par le Cohen qui est oint et qui a été consacré pour succéder à son père dans le sacerdoce ; il se revêtira des vêtements de lin, des vêtements du Sanctuaire. Il fera l'expiation pour le Sanctuaire de sainteté, il fera l'expiation pour la Tente du Rendez-vous et pour l'autel, et il fera l'expiation pour les cohanim et pour tout le peuple de l'assemblée. Ce sera pour vous une loi pérenne : il se fera une fois chaque année l'expiation pour les enfants d'Israël, à cause de leurs péchés. On fit ce qu'HaShem avait ordonné à Moshé » (Vayiqra/Lévitique 16:29-34)

 

« HaShem parla à Moshé, et dit : Le dixième jour de ce septième mois, ce sera le jour des expiations : vous aurez une sainte convocation, vous humilierez vos âmes, et vous offrirez à HaShem des sacrifices consumés par le feu. Vous ne ferez aucun ouvrage ce jour-là, car c'est le jour des expiations, où doit être faite pour vous l'expiation devant HaShem, votre E.lohim. Toute personne qui ne s'humiliera pas ce jour-là sera retranchée de son peuple. Toute personne qui fera ce jour-là un ouvrage quelconque, je la détruirai du milieu de son peuple. Vous ne ferez aucun ouvrage. C'est une loi perpétuelle pour vos descendants dans tous les lieux où vous habiterez. Ce sera pour vous un Shabbat, un jour de repos, et vous humilierez vos âmes ; dès le soir du neuvième jour jusqu'au soir suivant, vous célébrerez votre Shabbat » (Vayiqra/Lévitique 23:26-32)

 

En ce qui concerne le Kippour tombant la veille de la cinquantième année :

 

« Le dixième jour du septième mois, tu feras retentir les sons éclatants du shofar ; le jour des expiations, vous sonnerez du shofar dans tout votre pays. Et vous sanctifierez la cinquantième année, vous publierez la liberté dans le pays pour tous ses habitants : ce sera pour vous le yovèl ; chacun de vous retournera dans sa propriété, et chacun de vous retournera dans sa famille » (Vayiqra/Lévitique 25:9-10)

 

Korbanot/Offrandes

 

« Le dixième jour de ce septième mois, vous aurez une sainte convocation, et vous humilierez vos âmes: vous ne ferez aucun ouvrage. Vous offrirez en holocauste, d'une agréable odeur à HaShem, un jeune taureau, un bélier, et sept agneaux d'un an sans défaut. Vous y joindrez l'offrande de fleur de farine pétrie à l'huile, trois dixièmes pour le taureau, deux dixièmes pour le bélier, et un dixième pour chacun des sept agneaux. Vous offrirez un bouc en sacrifice d'expiation, outre le sacrifice des expiations, l'holocauste perpétuel et l'offrande, et les libations ordinaires »
(Bamidbar/Nombres 29:7-11)

 

D'var Torah

(Enseignement)

 

Certaines fautes ne peuvent être réparées qu'à Yom Kippour. La dates des Fêtes choisies par HaShem ne sont pas dues au hasard, il s'agit d'ouvertures spatio-temporello-spirituelles (si l'on peut dire ainsi !) par lesquelles se déversent certaines forces spirituelles. Le jour des Expiations, ce sont des forces de pardons, et de réparations qui viennent dans notre monde. La meilleure manière de pouvoir capter ces forces passe par le respect de la halakha (littéralement : le chemin) que la Torah nous demande de suivre. Il s'agira donc d'avoir un esprit et un cœur repentants car « HaShem désire le cœur » (Sanhédrîn 106b), mais également de s'abstenir de manger et de boire principalement.

 

Le terme השטן « hasâtan », en français « le satân », possède une valeur numérique de 364. Or, une année comporte 365 jours. Cela signifie qu'un jour durant l'année, le yetser harâ, le mauvais penchant, ne peut pas nous accuser devant le Tribunal Céleste pour nos fautes. Ce jour-là, il est « muselé », notre Père nous expiant et nous réparant. Comment se déroule, au fait, notre réparation ?

 

La Torah nous décrit tout le processus dans le Séfer Vayiqra, le livre du Lévitique, où des offrandes étaient apportées au Temple, le Cohen Gadol pénétrait dans le Kodesh Hakodashim (le Saint des saints) pour obtenir la Bonté Divine, deux boucs étaient pris, un offert pour le peuple, et le deuxième envoyé pour 'azazel dans le désert, pour « nourrir » le côté négatif, et ainsi éloigner les forces ténébreuses spirituelles d'Israël, le temps d'une journée.

 

Cependant, une fois que le Temple est détruit durant l'exil, comme se passe cette expiation ? La réponse est donnée par le Zohar, en ces termes : « Quand Israël était en terre sainte, les rituels et les sacrifices qu’ils accomplissaient enlevaient toutes ces maladies du monde, maintenant, c’est le Messie qui les enlève des fils du monde, jusqu’à ce que l’homme quitte ce monde et reçoive ses punitions, comme il est dit: si ses fautes deviennent plus nombreuses, on l’emmène dans le Guéhinom, au niveau le plus bas et il y reçoit plusieurs punitions à cause de la souillure qui est sur son âme. Et ils allument un feu plus grand pour nettoyer cette souillure. Les Anges de la destruction utilisent pour cela des bâtons de feu pour nettoyer cette souillure. Malheur à l’âme qui reçoit ces punitions! Heureux sont ceux qui gardent les préceptes de la Torah ! » (Zohar II, 212a)

 

Quand le Temple est présent en Terre d'Israël, les Cohanim fils d'Aharôn offrent les animaux pour le peuple. Quand le Temple n'est plus là, le Roi Messie, Yéshou'a, revêt alors la kéhounah, la sacrificature de l'Ordre Malki-Tsédèk, qui elle ne dépend pas de la Tribu de Lévy, pour faire les expiations dans le Temple céleste. Cependant, quand le Roi Messie reviendra, en tant que Ben David et fils de Yéhoudah (Judah), il régnera sur la Maison de Ya'aqov, et avec la construction du Troisième Temple, les Lévites reprendront le sacerdoce et termineront le tikoun 'olam, la réparation du monde, et ensuite, « tous les sacrifices seront annulés, sauf celui du remerciement » (Midrash Rabbah).

 

En effet, "S’il était sur la Terre, il ne serait pas même cohen, puisque là sont ceux qui présentent les offrandes selon la Torah" (Lettre envoyée aux Hébreux 8:4). Dans les mondes supérieurs, Yéshou'a peut faire office de Cohen Gadol, puisqu'il n'est pas dans sa fonction de Roi. Mais sur Terre, il ne peut être Cohen, puisqu'il est de Yéhoudah, et qu'il s'agit du travail des Lévites.

 

Rapprochons donc nos cœurs de notre Père qui est dans les Cieux, de notre Cohen Gadol, de la Torah et des mitsvot, en attendant le Troisième Temple, le relèvement de la Royauté de David, et le retour des Lévites !

Lois et coutumes de la Fête

 

La veille

 

Peu avant la rentrée de Kippour, on accueillera ce jour avec des bougies, comme c'est la coutume pour le Shabbat et les autres Fêtes :

 

בָּרוּךְ אַתָּה יהוה אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם אֲשֶׁר קִדְשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לְהַדְלִיק נֵר שֶׁל יוֹם הַכִּפֻּרִים

Baroukh Atah Adonaï E.loheinou, Mélèkh ha'olam, achère qidéchanou bémitsvotav, vétsivanou léhadlique nér shél yom hakippourim

 Tu es Source de Bénédictions HaShem notre E.lohim, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et qui nous a ordonné d'allumer la bougie de Yom Kippour

 

Puis, on fera la brakha suivante (attention, avec cette bénédiction, on accueille effectivement Kippour, tout doit donc être prêt avant de la faire) :

 

בָּרוּךְ אַתָּה יהוה אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם שֶׁהֶחֱיָֽינוּ וקִיְּמָנוּ והִגִּיעָנוּ לִזְמַן הַזֶּה

Baroukh Atah Adonaï E.loheinou, Mélèkh ha'olam, Chéhéhéyanou, véqiyémanou, véhigi'anou, lizmane hazé

 Tu es Source de Bénédictions HaShem notre E.lohim, Roi du monde, qui nous a fait vivre, qui nous a fait exister et arriver jusqu'à ce moment

Les interdits

 

Le Jour de Yom Kippour, il est interdit de manger de boire, de se laver, de s'oindre, de porter des chaussures en cuirs et d'avoir des relations intimes. Il s'agit d'un jour d'introspection, de pardon, de supplications, de prières, de repentance.

 

Comme un Shabbat

 

Les mélakhot, travaux interdits en ce jour sont les mêmes que ceux du Shabbat.

 

Le jeûne

 

Les enfants de moins de neuf ans ne jeûnent pas. Entre neuf et treize ans (pour un garçon, douze ans pour une fille), il est bon de les habituer un peu au jeûne, en leur faisant sauter un repas durant la journée par exemple. Néanmoins, à partir de l'âge de la bat mitsvah pour une fille et de la bar mitsvah pour un garçon, le jeûne est obligatoire, étant donné qu'ils sont considérés comme adultes par la Torah.

 

Pour les autres cas de figures (femme enceinte, personne malade ou âgée, etc), il faut se rapprocher d'un autorité de Torah compétente qui donnera la bonne marche à suivre.

 

La prière

 

Si possible, il est bon d'assister aux prières de ce jour dans une synagogue. En effet, les prières en communs possèdent une puissance que la prière d'un particulier n'a pas. De plus, celui qui se met en dehors de la communauté cherche son propre plaisir.

 

Repas

 

C'est une bonne coutume de faire un bon repas la veille de Yom Kippour (rappelons qu'un jour commence la veille au soir selon la Torah, il faudra donc prendre le repas avant le coucher du Soleil !) ainsi qu'à la fin de ce jour, après la sortie des étoiles.