La Reine Shabbat

 

Le Jour du Shabbat est comparé à l'épouse d'Israël, comme nous le chantons chaque vendredi soir : « viens fiancée, viens fiancée ! » (Talmud Shabbat 119a). De même le Midrash rapporte que le Shabbat s'est plaint devant le Saint Béni Soit-Il de ne pas avoir de compagne : « le premier jour de la semaine est associé avec le second jour, le troisième avec le quatrième, le cinquième avec le sixième, et moi je suis seul ! HaShem lui répondit alors : Israël sera ton compagnon ! » (Béréshit Rabbah 11:8).

 

De même qu'un homme s'unit à sa femme, le peuple d'Israël s'unit au Shabbat. De même qu'un Juif est un « Roi fils de Roi », le Shabbat est qualifié de « Reine », et il convient qu'ils s'unissent. Il n'y a ni "divorce" ni "séparation" possible, l'union d'Israël au Shabbat est infinie et éternelle, pleine d'amour et de joie ! C'est ainsi que, pour pouvoir vivre le Shabbat pleinement, connaître les lois du couple est fondamental, car les deux fonctionnent de la même manière. Et ainsi, de même que l'honneur du Shabbat enrichit, de même honorer sa femme enrichit (Talmud) car les deux sont liés. Par exemple, un homme ne devra jamais critiquer sa femme, toujours l'honorer, l'aimer comme lui-même, la respecter plus que lui-même, la faire passer avant lui-même, beaucoup communiquer avec elle. De manière identique, l'enfant d'Israël ne devra avoir que des bonnes paroles durant Shabbat, honorer ce jour, le respecter, l'aimer et l'attendre chaque semaine, se plier à ses lois (les 39 travaux et leurs dérivés), étudier la Torah.

 

C'est donc la raison pour laquelle les enfants d'Avrahâm, Yitshaq et Ya'aqov rendent la célébration de ce jour semblable à celle d'un mariage, car chaque semaine nous nous remarions avec « la fille d'HaShem », le septième jour. Ceci explique également pourquoi un non-Juif a l'interdiction de faire Shabbat, car cela serait semblable à un adultère, ce Jour étant l'épouse exclusive d'Israël (Juifs de naissance et convertis authentiques à la Torah).

Il convient donc d'honorer ces moments autant que nous le pouvons. Comme nous l'avons dit précédemment, la Guémara enseigne que les Juifs habitants en-dehors d'Israël (en particulier) s'enrichissent pas le mérite d'honorer le Shabbat de la meilleur manière qui soit ! A ce sujet la Guémara nous rapporte une jolie anecdote : « il y avait dans le voisinage de Yossef qui honorait les Shabbat un certain païen dont les biens étaient très considérables. Les astrologues lui dirent : « tous tes biens, Yossef qui honore les Shabbat les consommera ! ». Il alla donc vendre tous ses biens, acheta avec la somme un joyau et le fixa à son chapeau. Alors qu'il passait sur un pont, une rafale de vent le fit voler et le projeta dans l'eau. Vint un poisson qui l'avala. Des pêcheurs pêchèrent le poisson et le ramenèrent, tard dans la journée du vendredi. Ils se dirent : "qui l'achètera maintenant ?" On leur dit : "allez le porter à Yossef qui honore les Shabbat, car il a l'habitude d'acheter. Ils le lui amenèrent et il l'acheta. Il l'ouvrit et y trouva le joyau, qu'il vendit pour treize greniers de dinars d'or. Un certain vieillard le rencontra et dit : "qui emprunte pour Shabbat, le Shabbat le lui rembourse"" (Shabbat 119a).

 

S'apprêter comme pour un mariage

Ainsi, tel un mariage, il faudra acheter une belle tenue, habillée et noble, et l'a réserver uniquement pour ce jour (on ne portera pas de vêtement de la semaine, ni porter ceux du Shabbat durant la semaine).

On prendra une bonne douche à l'eau chaude. Si l'on doit se couper les cheveux, on le fera le vendredi en l'honneur de ce saint Jour. De même, l'on se coupera les ongles, se taillera la barbe, et nous nous préparerons tels de fils et filles de Roi. Il est bon également de se réserver un parfum pour cette occasion.

La nourriture

 

Il faudra acheter et réserver une très belle vaisselle, avec une belle nappe blanche. Le Shabbat étant un jour de joie, et la source de toutes les bénédictions spirituelles et matérielles, l'homme ne pourra pleinement se réjouir et se délecter qu'avec toutes ces préparations, qui élargissent son esprit et le mettent en condition pour capter les énergies spirituelles propices à ces moments. La table de Shabbat devant être celle d'un Roi, c'est une obligation pour chacun d'acheter comme nourriture ce qui lui fait plaisir. L'on peut prendre toutes sortes de petites salades diverses en entrée, des fruits secs, des olives, des morceaux d'ails, des apéritifs, etc. Nos Maîtres disent qu'il n'y a de joie à un repas de Fête qu'avec de la viande et du vin. Dans la mesure de ses possibilités, l'on achètera donc une bonne viande kasher et un bon vin (rouge de préférence) kasher pour les repas (le vin/jus de raisin étant indispensables pour le kiddoush, la sanctification du vendredi soir et du Shabbat matin). C'est une bonne coutume également que de manger du poisson. Cependant, le Shabbat est un jour de joie, et si une personne n'aime ni la viande ni le poisson, elle mangera ce qui lui fait plaisir.

 

A ce propos, nous avons l'obligation de faire trois repas : un le vendredi soir, le deuxième le Shabbat matin/midi, et le troisième durant l'après-midi, avant le coucher du soleil. Il existe également un quatrième repas appelé « mélavé malka » (« le raccompagnement de la Reine ») qui se prend après la fin du Shabbat. Selon certains, il n'est pas obligatoire, néanmoins, il est fortement recommandé de le prendre, pour diverses raisons, en particulier kabbalistiques.

 

Il est obligatoire de manger du pain (en faisant nétilat yadayim et le Birkat Hamazone) au moins aux deux premiers repas de Shabbat. Si possible, l'on en mangera également aux troisième et quatrième, mais cela n'est pas obligatoire. Bien entendu, si une personne est intolérante au gluten, elle pourra alors consommer du pain sans gluten, mais elle ne fera ni nétilat ni le Birkat, qui ne concerne que les pains constituée d'une des cinq céréales contenant du gluten : blé, épeautre, avoine, seigle et orge.

 

L'on prendra ses repas dans la joie, si possible en famille, avec des amis et/ou des membres de la communauté. Il faudra également réserver une partie du Shabbat pour l'étude de la Torah, sachant que cette-dernière a une valeur infinie.