ROUA'H HAQODESH

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force

La rouah hakodesh (littéralement le "souffle saint") est un souffle provenant d'HaShem, qui permet de voir et de comprendre des choses auxquelles le commun des mortels ne peut accéder.

Dans la Torah, il est écrit :

"La Terre était tohou et bohou, il y avait des ténèbres sur la face de l'abîme, et la rouah d'E.lohim planait sur la face des eaux" (Béréshit/Genèse 1:2)

Rachi commente ainsi : "Le Trône de la Majesté Divine se tenait dans les airs et planait à la surface des eaux grâce au souffle de la bouche du Saint Béni Soit-Il et par Sa parole, comme une colombe qui plane sur son nid (Beréshit Rabbah 2, Haguiga 15a)".

La rouah E.lohim dont il est question ici est donc un souffle, qui est la Parole Divine. Le Ba'al Hatourim, pour sa part, enseigne que cela fait référence à la rouah du Roi Messie. Ce-dernier est un descendant du Roi David, un être humain de la même nature que nous. Quand nos Maîtres parlent du "souffle du Roi Messie", c'est en référence à l'âme messianique qui a été créée avant le monde, et par laquelle le Créateur a tout mené à l'existence, ainsi que le rapporte Rabbi Nahman de Breslev : "L'âme du Messie a précédé la Création du monde et elle est la racine de toutes les âmes d'Israël, tout le monde a été créé pour ce Tsadik (Juste), c'est avec l'âme de ce Tsadik qu'HaShem a pris conseil pour créer le monde" (Les sept piliers et fondements de la foi). Rabbi Nahman précise également qu'une parcelle de l'âme messianique se trouve dans chaque Tsadik d'Israël. Cette âme, antérieure à la création du monde, est venue s'incarner dans un être humain, Yéshou'a fils de Yossef et Myriam, quand il eut trente ans, l'élevant au niveau de Messie.

Ce souffle du Roi Messie possède plusieurs facettes, ainsi que nous le dit le prophète Yésha'yahou :

"Puis sortira un rameau du tronc d'Yshaï, et un bourgeon naîtra de ses racines. Et se posera sur lui la rouah d'HaShem, rouah de sagesse et d'intelligence, rouah de conseil et de force, rouah de connaissance et de crainte d'HaShem" (Isaïe 11:1-2)

Il s'agit donc d'une puissance spirituelle qui se déverse sur les hommes, selon leur degré de piété, et dont le fils de David en possède la pleine mesure.

Selon le Tanya, chaque Rabbi d'Israël à qui sont liés des talmidim, des disciples, répandent sur ceux-ci une part de leur rouah hakodesh, qu'ils ont eux-même acquis par leur mérite et leur piété :

"Après son décès (au Rabbi), par contre, son âme de vie, Néfech, demeure dans la tombe et elle se sépare de son esprit, Rouah, englobant alors ces trois sentiments (foi, crainte et amour), qui s’élèvent vers le Gan Eden. Dès lors, quiconque est proche de lui peut recevoir également une partie de son esprit, Rouah, qui, se trouvant dans le Gan Eden, n’est plus limité par un réceptacle ou bien par le lieu physique" (Iguérète Hakodesh, chap.27)

Ce qui correspond aux enseignements de Rabbi Yéshou'a :

"Mais le réconfort, la rouah hakodesh, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit" (Yohanân/Jean 14:26)

Les choses peuvent se résumer ainsi : il existe une puissance spirituelle, la rouah hakodesh ou souffle Divin, antérieure à notre monde, qui peut se déverser sur tous les êtres humains. Le Roi Messie est l'homme qui la possède pleinement, autant qu'un homme peut la posséder, et telle une fontaine à plusieurs niveaux, il la déverse chez ses frères, les Tsadikim et Maîtres d'Israël, qui eux-mêmes la déverse sur leurs talmidim, qui sont attachés à eux. Ainsi, un homme qui s'attache à son Rabbi, que ce soit Rabbi Yéshou'a, Rabbi Nahman, le Gaôn de Vilna ou le Ba'al Shem Tov par exemple, reçoit une partie de sa rouah hakodesh, qui elle-même provient de Yéshou'a, qui a tout reçu de son Père, et c'est le secret du verset : "on vint vers l’Égypte pour acheter du blé chez Yossef" (Béréshit/Genèse 41:57). Or, le blé c'est la Torah. Yossef, qui a reçu les pleins pouvoirs de Pharaon, redistribue le blé à ses frères, qui le redistribue à leurs familles. Et chacun s'attache à son Rabbi, selon la structure de son âme.

Obtenir la rouah hakodesh

Un homme devra s'attacher à son Rabbi et marcher dans la Torah pour obtenir l'authentique souffle Divin. La sanctification personnelle permet d'agrandir ses kélim, ses réceptacles, pour l'obtenir. Il est enseigné que « La piété et l’amour mènent à la rouah hakodesh » (Sotah 9:15) et le Rambam écrit : « la rouah hakodesh descend sur celui qui est grand par sa sagesse, fort par son caractère moral, celui qui n’est jamais dominé par ses passions » (Yad Yesodé HaTorah 7, 1). La tristesse empêche de recevoir le souffle Divin, ainsi qu'il est dit : "La Présence Divine reposa sur lui, alors qu'elle l'avait quitté durant son chagrin" (Rachi sur Béréshit/Genèse 45:27). Enfin : « La prophétie ne peut résider que chez un Sage fort et riche » (Shabbat 92a ; Nédarim 38a). Le Rav Kook précise que quand la Guémara parle de "fort" et "riche", elle fait référence à un homme fort moralement, avec des qualités morales développées, et riche dans le sens d'être satisfait de ce qu'il a, ignorant l'envie, la jalousie.

Ce Rav développe d'ailleurs les différents niveaux de rouah hakodesh ainsi :

"La rouah hakodesh, ou ‘esprit du Saint’, est une capacité propre au peuple d’Israël, qui résulte de la présence chez lui de la néshama, âme de l’être collectif d’Israël. Ce potentiel inné se doit d’être développé pour être mis à l’œuvre, sinon il reste éteint. Il y a plusieurs niveaux de mise à l’œuvre et de dévoilement de ce rouah hakodesh, et l’inspiration divine peut apparaître sous différentes formes, à des niveaux différents, marquant la progression vers le plus élevé d’entre eux qui est la prophétie.

 Parfois elle se manifeste au niveau de l’intellect. C’est le cas du talmid hakham (étudiant en Torah) qui creuse une question de halakha (loi), et qui hésite à trancher d’une manière ou d’une autre. Et voilà que son cœur le porte à incliner vers l’une des explications, alors que toutes se justifient logiquement. Cette sensation profonde est un éclairement divin qui se fait jour à travers son intellect.

 Parfois elle se manifeste au niveau de la volonté, comme le dit le Rambam dans More Nevoukhim (II) § 45 : il peut arriver que quelqu’un soit confronté à une situation d’injustice flagrante, par exemple un petit enfant qui se fait assaillir par une vingtaine de vagabonds armés. D’un point de vue rationnel, il n’a aucune chance de pouvoir lui venir en aide tout seul, mais il peut arriver qu’il ressente un élan profond pour aller au secours de cet enfant envers et contre tout, et que se jetant sur les agresseurs il réussisse contre toute attente à les neutraliser. Le Rambam nomme ce phénomène rouah HaShem, l’esprit divin qui s’est manifesté sur lui non pas en éclairant sa compréhension, mais en exacerbant sa volonté pour l’entraîner à un comportement de courage et de bravoure extraordinaire. C’était le cas des Shoftim/Juges, tels que Gidéôn/Gédéon, Yiftah/Jephté, Shimshôn/Samson, etc.

Moshé lui-même, qui est arrivé au summum de la prophétie, a dû gravir les échelons qui, d’après le Rambam, sont au nombre de onze, le premier étant celui du courage et de la bravoure. Alors qu’il était le prince d’Égypte, Moshé sort dans la rue et vit un Juif se faire battre par un Égyptien. Il pouvait évidemment se contrôler, et se dire que le mieux pour lui était d’attendre patiemment de devenir le roi d’Égypte, car alors il pourrait remédier aux malheurs du peuple juif avec tous les moyens du pouvoir. Mais il lui fut impossible de supporter cette injustice flagrante qui se déroulait devant lui, il tua le tortionnaire égyptien sur le champ et délivra le Juif. Ainsi se dévoila pour lui le rouah HaShem. Et quand nous disons qu’il ne pouvait pas supporter l’injustice qui se déroulait devant lui, cela n’empêche pas bien sûr que sa décision était le fruit de son libre arbitre, et non déterminée par sa réaction émotionnelle.

Telle est aussi aujourd’hui la situation de nos soldats qui combattent sur le champ de bataille. Ils se trouvent parfois dans des situations critiques, dans lesquelles il faut décider d’entrer dans le feu pour sauver la nation, et ils ressentent un profond besoin de le faire. Là aussi, ils pourraient penser à leur femme et leurs enfants qui les attendent à la maison et se cacher derrière un rocher pour laisser passer le danger sans que personne ne le sache, mais en prenant la décision de foncer dans la bataille ils s’élèvent au niveau de rouah HaShem.

 Ce rouah HaShem arrive à être mis en œuvre de manière optimale au niveau de la prophétie, qui est un état dans lequel on est le porte-parole d'HaShem : quand HaShem veut transmettre un message au peuple d’Israël, il le fait par l’intermédiaire de ses prophètes. Nous venons de voir que le rouah HaShem pouvait se dévoiler au niveau de l’intellect ou de la volonté, mais la prophétie nécessite un développement de l’imaginaire, en hébreu dimayon, qui s’apparente au verbe ledamot qui veut dire : faire une analogie. Le rôle de l’imaginaire est en effet de faire des analogies entre le monde abstrait et le monde concret, il est l’intermédiaire entre le monde matériel et l’univers de la sensibilité et fonctionne dans les deux sens : on pense à un concept abstrait et on le traduit en images, ou bien on voit un objet et on en crée une représentation abstraite. Quand cet imaginaire est suffisamment purifié, il constitue une base prête à recevoir la prophétie" (Orot, les Lumières du Retour)

Le Râmhal, dans son Messilat Yésharim décrit également comment obtenir de hauts niveaux de rouah hakodesh, en rapportant la Guémara suivante : "la Torah mène à la prudence, la prudence au zèle, le zèle à la propreté, la propreté à l'ascèse, l'ascèse à la pureté, la pureté à la piété, la piété à l'humilité, l'humilité à la crainte, la crainte à la sainteté, la sainteté à l'esprit de prophétie, l'esprit de prophétie au pouvoir de résurrection des morts" ('Avoda Zara 20b).

Les dons et signes de la rouah hakodesh

Les objectifs de la rouah hakodesh, qu'un Rabbi fait briller sur ses talmidim, sont de les conduire sur le chemin de la Torah, en les aidant à se purifier et à se sanctifier, et de les aider à propager la Torah autour d'eux. Pour ce faire, le Rabbi leur octroie différents dons ou signes, dont une partie nous sont détaillés dans les écrits de nos Maîtres : "En mon nom, ils jetteront dehors les démons, ils parleront de nouvelles langues, ils prendront en leurs main des serpent. S'ils boivent du poison, il ne leur fera pas de mal. Ils imposeront les mains aux invalides et ils iront bien" (Marcos/Marc 16:17-18).

Le don des langues

Nos Maîtres nous enseignent dans le Talmud : "Rabbi Yohanân a dit : que signifie ce qui est écrit : "Mon Seigneur a tenu un propos, les hérauts sont une légion nombreuse ?" (Téhilim/Psaume 68:12) : chaque parole sortie de la bouche du Saint Béni Soit-Il s'est divisée en soixante-dix langues. Une béraïta de l'Académie de Rabbi Yishmaël a enseigné : "Et comme un marteau, Il fait voler le roc en éclat" (Yirméyahou/Jérémie 23:29) : de même qu'un marteau fait voler le roc en plusieurs éclats, de même, chaque parole sortie de la Bouche du Saint Béni Soit-Il, s'est divisée en soixante-dix langues" (Shabbat 88b).

Rachi, commentant cette Guémara, déclare que chaque Parole données au Sinaï, le jour de Shavouôt pouvait être entendue par chacune des soixante-dix Nation dans sa propre langue. Nous retrouvons la même chose ici :

"Quand survient le jour de Shavouôt [...] leur apparaissent des langues, comme de feu [...] ils commencent à parler en d'autres langues [...] chacun les entend parler dans son propre dialecte" (Histoire des Talmidim/Actes 2:1-3-4 et 6)

Ainsi, le don des langues consiste à recevoir, par la rouah hakodesh du Rabbi, la connaissance d'une langue terrestre, permettant de parler de la Torah d'Israël à un étranger, ou de pousser Israël à la téshouvah, la repentance. Cela est confirmé encore ici :

"Moshé expliqua la Torah en soixante-dix langues" (Rachi sur Dévarim/Deutéronome 1:5)

"A l'un est donné des espèces de langues, à l'autre l’interprétation des langues" (Première Lettre envoyée aux Corinthiens 12:10)

"C'est par d'autres langues et par des lèvres d'étrangers que Je parlerai à ce peuple" (Yésha'yahou/Isaïe 28:11)

Parfois un homme peut parler une langue terrestre sans la présence d'un étranger, simplement envers HaShem :

"Oui, celui qui parle une langue ne parle pas aux hommes mais à HaShem" (Première Lettre envoyée aux Corinthiens 14:2)

Une des raisons, relevant du secret, consiste à apporter des tikounim, des réparations aux langues des Nations, en les purifiant pour le Service Divin.

Pour finir, certains de nos grands Maîtres connaissaient le langage des arbres, des anges et des démons, leur permettant d'accéder à certains secrets de la Création.

De nos jours, l'authentique don des langues a pratiquement disparu. Le peuple d'Israël ayant été dispersé aux quatre coins de la Terre, toutes les Nations ont reçu le témoignage de la Torah et du Roi Messie.

Protection

"Ils prendront en leurs mains des serpents, s'il boivent du poison, il ne leur fera pas de mal" (Marcos/Marc 16:18)

Les niveaux de qédoucha, de sainteté, atteints grâce à la Torah et la rouah hakodesh du Rabbi permettent d'obtenir des forces surnaturelles, protégeant le talmid qui réalise une mission pour son Maître. Nous trouvons écrit dans la Guémara :

"Il s'est produit un incident à un endroit où un arvad (un serpent) faisait du mal aux gens. Ils sont venus et ont informé Rabbi Hanina ben Dosa et lui ont demandé de l'aide. Il leur a dit : Montre-moi le trou de l'arvad. Ils lui ont montré son trou. Il plaça son talon à l'entrée du trou et l'arvad sortit, le mordit et mourut. Rabbi Hanina ben Dosa plaça l'arvad sur son épaule et l'apporta au Beit Midrash. Il dit à ceux qui y étaient rassemblés : Vous voyez, mes fils, ce n'est pas l'arvad qui tue une personne, mais plutôt le péché d'une personne. L'arvad n'a aucun pouvoir sur celui qui est exempt de péché. A ce moment, les Sages ont dit : Malheur à la personne qui a été attaquée par un arvad et malheur à l'arvad qui a été attaqué par Rabbi Hanina ben Dosa !" (B'rakhot 33a)

De la même manière, nous trouvons :

"Shaoul ramassa un tas de broussailles et les posa sur le feu. Il en sortit une vipère à cause de la chaleur, qui s'accrocha à sa main [...] il secoua la bête dans le feu, et ne souffrit d'aucun mal" (Histoire des Talmidim/Actes 28:3 et 5)

L'attaque

Un homme propre et qadosh, saint, peut faire fuir, activement ou passivement, les forces du mal, qui tremblent devant la Présence Divine qui accompagne l'individu :

"Shaoul, excédé, se tourne et crie au souffle : je t’enjoins, au nom de Yéshou'a le Messie, de sortir d'elle ! Et il sorti à l'instant même" (Histoire des Talmidim/Actes 16:18)

Il est rapporté que Rabbi Hayim Vital, disciple du Ari hakadosh, avait atteint un tel niveau de sainteté qu'au moment où un devin le vit venir vers lui, le démon qui l'habitait et qui lui soufflait des "prophéties" sur les personnes venues le rencontrer, abandonna l'homme, ne pouvant supporter la grande sainteté qui émanait du Rabbi !

La guérison

"Ils imposeront les mains aux malades, et ils iront bien" (Marcos/Marc 16:18)

Là encore, HaShem n'écoute pas les pécheurs, mais les consacrés, car la prière du Tsadik est puissante. Nos Maîtres disent : "Le Tsadik décrète et HaShem accomplit" (Moèd Qatân 16b) !

Nous trouvons écrit : "Shaoul entra chez lui, pria et imposa les mains, et il se rétablit" (Histoire des Talmidim/Actes 28:8)

"Il arriva encore que Rabbi Hanina ben Dossa se rendit chez Rabbi Yohanân ben Zakkaï pour étudier la Torah. Le fils de ce dernier tomba malade. Rabbi Yohanân ben Zakkaï demanda à son élève : « Hanina, mon fils, invoque pour lui la miséricorde divine pour sa guérison. » Rabbi Hanina se mit la tête entre les genoux et l'enfant guérit. Rabbi Yohanân ben Zakkaï dit : « Si j'avais incliné ma tête entre mes genoux, cela n'aurait pas suffi pour le sauver. » Sa femme lui demanda: « Hanina est-il plus grand que toi ? » « Non, répondit-il, mais il ressemble à un serviteur devant le Roi, et moi je ressemble à un ministre du Roi" (B'rakhot 34b)

La prophétie

La véritable prophétie s'est arrêtée avec Malakhi/Malachie (Yomah 9b). Nos Maîtres nous enseignent : "Rabbi Yohanan a dit : Depuis le jour de la destruction du Temple, la prophétie a été retirée des prophètes et a été donnée aux fous et aux enfants" (Baba Batra 12 b). Il est cependant rapporté : "Je répandrai Mon souffle sur toute chair. Vos fils, vos filles seront inspirés, vos Anciens rêveront des rêves, vos adolescents verront des contemplations" (Yoël/Joël 3:1). Cette prophétie s'accomplira pleinement durant l'époque messianique, quand la prophétie reviendra avec le dévoilement du Roi Messie. En attendant, l'homme peut, par rouah hakodesh, voir des évènements futurs ou certaines choses que les autres ne peuvent voir. Ce niveau est toutefois bien inférieur à celui des prophètes de la Torah.

Nous avons un tel exemple ici : "L'un d'eux, appelé Hagabos, se leva et rapporta, sous l'action du souffle, qu'une grande famine viendrait sur le monde" (Histoire des Talmidim/Actes 11:28).

D'autres nos Maîtres possédaient également ce don prophétique, comme nous pouvons le voir au sujet de la fin des temps :

"A dit Rabbi Yitshaq : L’année dans laquelle se dévoilera le Roi Messie, les peuples de la terre sont en conflit. Le roi de Perse attaquera un roi Arabe. Le roi d’Arabie va prendre conseil chez Edom. Revient le roi de Perse et détruit le monde entier. Tous les peuples de la Terre font du bruit, sont terrorisés et tombent sur leur face. Ils sont pris de contractions comme une femme qui accouche.

  Israël fait du bruit, est terrorisé et dit : ‘Où aller, où venir, où aller, où venir ?‘

 HaShem leur dit : « Mes enfants, pourquoi avez-vous peur ? Tout ce que J’ai fait, Je ne l’ai fait que pour vous. N’ayez pas peur, le temps de votre rédemption est arrivé…’ »" (Yalqout Shim'oni sur Yésha'yahou/Isaïe, paragraphe 499)

Le Rambam définit onze niveaux dans la prophétie, qui sont les suivants :

Premier niveau : C'est quand la Providence Divine accompagne l'individu et le pousse à une action vertueuse.

Ainsi, il trouve en lui-même une impulsion qui l'incite à agir. C'est là ce qu'on appelle "la rouah d'HaShem". Tel fut le niveau de tous les shoftim, juges d’Israël.

Deuxième niveau : C'est quand il semble à un individu qu'une inspiration a pénétré en lui et qu'il lui est survenu une force nouvelle qui le fait parler. C'est d'un tel homme dont on dit: qu'il parle "par rouah hakodesh". Ce fut par cet esprit saint que David composa ses Téhilim/Psaumes et que Shlomo composa le Shir HaShirim (Chant des chants).

Troisième niveau : C'est le premier degré des prophètes qui disent : "La parole d'HaShem me fut adressée", c'est lorsque le prophète voit une parabole (image, récit symbolique) dans un songe et que dans ce même songe prophétique, on lui explique le sens de la parabole.

Quatrième niveau : C'est quand le prophète entend dans un songe prophétique des paroles claires et distinctes, sans voir celui qui les prononce, c'est ce qui arriva à Sh'mouel (Samuel) lorsqu'il eut sa première révélation.

Cinquième niveau : C'est quand un personnage lui parle dans un songe, comme dans les prophéties de hézqèl (Ézéchiel) :

"Et ce personnage me dit : Fils de l'Homme. . .".

Sixième niveau : C'est quand un ange lui parle dans un songe et telle est la condition de la plupart des prophètes

"Et l'ange d'HaShem me dit dans un songe".

Septième niveau : c'est quand il lui semble dans un songe prophétique qu'HaShem lui parle comme Yésha'yahou/Isaïe dit: "Je vis HaShem".

Huitième niveau : C'est lorsqu'il a une révélation dans une vision et qu'il voit des paraboles. Comme Avrahâm dans "la vision entre les morceaux".

 

Neuvième niveau : C'est lorsqu'il entend des paroles dans une vision comme il est dit au sujet d'Avrahâm: "Et voilà que lui arriva la parole d'HaShem en lui disant, celui-ci n'héritera pas de toi".

Dixième niveau : C'est quand dans une vision prophétique il voit un personnage qui lui parle, comme par exemple Avrahâm à Mamré.

 

Onzième niveau : C'est quand dans une vision il voit un ange qui lui parle. On excepte de la règle commune, Moshé, notre Maître, qui a dépassé tous ces niveaux car HaShem lui parlait directement alors qu'il était en état de veille.

La Force Physique

 

Les personnes saintes, remplies de Torah et d'émounah, de foi, peuvent également développer, grâce à une certaine manifestation de la rouah d'HaShem en eux, des forces physiques hors du commun. Shimshôn (Samson) est un des exemples les plus connus : "Et la rouah d'HaShem s'empara de Shimshôn, et sans rien avoir à la main, il déchira le lion comme on déchire un chevreau" (Shoftim/Juges 14:6), "il saisit les battants de la porte de la ville et les deux  poteaux, les arracha avec la barre, les mit sur ses épaules, et les porta sur le sommet de la montagne, face à Hévrôn" (Shoftim/Juges 16:3).

Le Roi d'Israël n'est pas non plus en reste, puisqu'il dira : "ton serviteur faisait paître les brebis de son père, et quand un lion ou un ours venait en enlever une du troupeau, je courais après lui et j'arrachais la brebis de sa gueule. S'il se dressait contre moi, je le saisissais par la gorge, je le frappais et je le tuais" (Aleph Sh'mouel/1 Samuel 17:34-35). Il vainquit également, sans ressentir la moindre peur, le géant Goliath. Quand à ses fidèles guerriers : "Il brandit sa lance sur trois cents hommes, qu'il fit périr en une seule fois" (Aleph Divréi Hayamim/1 Chroniques 11:11), "Des soldats exercés à la guerre, armés du bouclier et de la lance, semblables à des lions, et aussi rapides que des gazelles sur les montagnes" (Ibid.12:8).

La Torah de Moshé nous rapporte également que Ya'aqov déplaça tout seul une grosse pierre bouchant un puits, requérant, en temps normal, la présence de plusieurs hommes pour pouvoir être bougée ! Deux de ses fils, Shi'môn et Lévy, tuèrent tous les hommes d'une ville, tandis qu'Avraham combattit contre les rois de Kénaân et en sortit vainqueur, et que Moshé, déjà âgé, vainquit des rois qui faisaient trembler les ennemis ! 

Enfin, le Midrash nous rapporte en détail la confrontation entre Yossef et ses frères en Mitsraïm, laissant entrevoir un terrible face à face : "Lorsque Yéhoudah était pris de colère, les poils de sa poitrine transperçaient ses vêtements, et il pouvait avaler des barres de fer et les réduire en poudre [...] Ménaché donna un coup sur le plancher et fit trembler tout le palais [...] Yéhoudah fut rempli de courroux et cria très fort, sa voix parcourut quatre cents parasanges [...] Yossef frappa des pieds l'estrade de pierre sur laquelle il se tenait et la réduisit en un amas de fragments" (Béréshit Rabbah 93:6 et 7). Bien que le Midrash utilise beaucoup de codes, de paraboles, il traduit néanmoins le fait que les Pères d'Israël et des Tribus étaient animés d'une très grande force physique, résultant de leur haut niveau de sanctification et de pureté sexuelle.

Ressusciter les morts

Le plus haut niveau de rouah hakodesh qu'un homme puisse atteindre dans ce monde consiste à, "tout simplement", donner la vie à ce qui est mort ! C'est le dernier barreau de l'échelle décrite par nos Maîtres. Bien entendu, HaShem peut ressusciter des morts par l'intermédiaire de personnes qui n'ont pas le niveau, simplement par pure Miséricorde, ou pour Son Plan. De même, la Guémara nous rapporte que par ses pleurs, un jeune enfant Juif a réussi à ramener son père dans le monde des vivants, car il avait besoin de lui pour son étude de Torah !

Néanmoins, c'est le niveau que chacun d'entre nous peut obtenir, potentiellement, avec une vie de Torah, de mitsvot, et de sanctification. Prêt ?