-YOSSEF-

Prélude au

ROI MESSIE

Midrash Yossef

La Torah peut se lire sur cinq niveaux différents qui sont :

 

* Le pshat (sens littéral)

* Le rémez (le sens allusif)

* Le drash (le sens homilétique)

* Le sod (le secret)

 

Ici sera vu une lecture midrashique du récit de Yossef dans la Torah (à partir de Béréshit/Genèse 37), correspondant en tout point à la vie du Roi Messie, Yéshou'a.

 

* * *

 

« Voici les engendrements de Ya'aqov : Yossef » (37:2)

 

Yossef est dit « ben Ya'aqov » ce qui signifie « fils de Ya'aqov ». Cependant, le mot « ben » en hébreu ne signifie pas obligatoirement fils dans le sens biologique du terme. Il peut s'agir d'un descendant plus ou moins lointain, comme nous le voyons ici :

 

« Yéshou'a le Messie, fils de David, fils d'Avraham » (Matityahou/Mathieu 1:1)

 

Ou encore d'une expression signifiant : « à la ressemblance de », comme cela est rapporté :

 

« « Et à Shem il fut enfanté » : naquit un homme lui ressemblant par sa stature morale, il s'agit de 'Evèr » (Sforno sur Béréshit/Genèse 10:21)

 

« Tu seras mon fils si tu accueilles Mes Paroles » (Rachi sur Mishléi/Proverbes 2:1)

 

Yéshou'a est appelé le Fils Unique d'HaShem. Il ne s'agit bien évidement pas d'une filiation biologique, HaShem étant Esprit, Infini et Éternel, mais d'une ressemblance en tout point, autant qu'un homme peut se faire. C'est également le sens du verset : « Qui m'a vu a vu le Père ». Et il est dit unique car seul Yéshou'a a su intégrer la Torah en lui à la perfection, obtenant le pouvoir de donner et reprendre sa vie par la résurrection.

*

« Âgé de dix-sept ans » (37:2)

 

17 est la valeur numérique de tov, bon. Ce mot apparaît pour la première fois dans la Torah au sujet de la Lumière originelle :

 

« La Lumière était bonne » (Béréshit/Genèse 1:4)

 

Or, il est dit de Yéshou'a :

 

« Cette lumière était la vraie Lumière » (Yohanân/Jean 1:9)

 

« Rabbi Abba Serungiya a dit : « et la lumière réside auprès de Lui » vise le Roi Messie dont il est dit : « Debout ! Resplendis ! » (Yésha'yahou/Isaïe 60,1) » (Béréshit Rabbah 1,6)

 

De plus, si nous prenons en hébreu les dernières lettres des mots « la Lumière est bonne », nous trouvons le mot brit, alliance, qui est une allusion à la futur alliance renouvelée, prophétisée en Yirméyahou/Jérémie 31, qui sera faite par le sang du Messie.

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« Faisait paître le troupeau avec ses frères » (37:2)

 

Il est dit à propos de Yéshou'a :

 

« Je suis le bon berger » (Yohanân/Jean 10:14)

« Avec ses frères » : Le Messie fait paître le Peuple d'Israël et les Gentils greffés avec ses frères, comme il est dit :

 

« Ils sont assis dans la chaire de Moshé, par conséquente, quoi qu'ils vous disent, faites-le et gardez-le » (Matityahou/Mathieu 23)

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« Cet enfant était auprès des fils de Bilha et des fils de Zilpa » (37:2)

 

Ya'aqov eu ses 12 fils de 4 femmes différentes. Cela fait allusion aux tendances qui existent au sein du monde de la Torah, qui sont différentes mais complémentaires et qui toutes sont sous l'autorité du Roi Messie, qui n'appartient à aucune d'elles mais à toutes en même temps.

 

Les fils de Bilha et Zilpa font allusions aux tendances mineures qui ont disparu avec le temps pour se fondre dans celle représentée par Yéhoudah, fils de Léah :

 

« Il préféra la tribu de Juda, La montagne de Sion qu'Il aimait » (Téhilim/Psaume 78:68)

 

Cela désigne également ceux qui n'ont tout simplement pas un grand niveau en Torah. Et que Yéshou'a allait vers les « fils des servantes », cela est également dit ici :

 

« Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs » (Marc 2:17)

 

« Shimôn, appelé le zélote » (Luc 6:15)

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« Et Yossef rapportait à leur père leurs mauvais propos » (37:2)

 

« J'ai beaucoup de choses à dire de vous et à juger en vous » (Yohanân/Jean 8:26)

 

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« Israël aimait Yossef plus que tous ses autres fils » (37:3)

 

« Le Père m'aime » (Yohanân/Jean 10:17)

 

Une des paraboles enseignée montre également que le Messie, appelé fils, est plus aimé que ses autres frères :

 

« « Écoutez une autre parabole. Il y avait un propriétaire qui planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour ; puis il la donna en fermage à des vignerons et partit en voyage. Quand le temps des fruits approcha, il envoya ses serviteurs aux vignerons pour recevoir les fruits qui lui revenaient. Mais les vignerons saisirent ces serviteurs ; l’un, ils le rouèrent de coups ; un autre, ils le tuèrent ; un autre, ils le lapidèrent. Il envoya encore d’autres serviteurs, plus nombreux que les premiers ; ils les traitèrent de même.

Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : Ils respecteront mon fils. Mais les vignerons, voyant le fils, se dirent entre eux : C’est l’héritier. Venez ! Tuons-le et emparons–nous de l’héritage. Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! lorsque viendra le maître de la vigne, que fera t il à ces vignerons-là ? » Ils lui répondirent : « Il fera périr misérablement ces misérables, et il donnera la vigne en fermage à d’autres vignerons, qui lui remettront les fruits en temps voulu. »

 

Yéshou'a leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue la pierre angulaire ; c’est là l’œuvre de l'Adôn : Quelle merveille à nos yeux. Aussi je vous le déclare : le Royaume d'HaShem vous sera enlevé, et il sera donné à un peuple qui en produira les fruits. Celui qui tombera sur cette pierre sera brisé, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. » En entendant ses paraboles, les cohanim guédolim et les proushim comprirent que c’était d’eux qu’il parlait. Ils cherchaient à l’arrêter, mais ils eurent peur des foules, car elles le tenaient pour un prophète » (Matityahou/Matthieu 21:33-46)

 

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« Il lui fit une tunique de plusieurs couleurs » (37:3)

 

Symbole de l'autorité, ainsi :

 

"Tout pouvoir m'a été donné dans les Cieux et sur la Terre" (Matityahou/Mathieu 28:18)

« C'est Moi qui ai consacré Mon Roi sur Tsiôn » (Téhilim/Psaume 2)

 

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« Ils le prirent en haine » (37:4)

 

"Dès ce jour, ils résolurent de le faire mourir" (Yohanân/Jean 11:53)

 

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« Ma Gerbe se leva et se tint debout, et vos gerbes l'entourèrent et se prosternèrent devant elle » (37:7)

 

« Afin qu'au nom de Yéshou'a tout genou fléchisse dans les Cieux, sur la Terre et sous la Terre » (Lettre envoyée aux Philippiens 2:10)

 

« Toutes les Tribus de la Terre se lamenteront et verront le Ben Adâm venant avec les nuées des Cieux, en formidable puissance et grande gloire » (Matityahou/Mathieu 24:30)

 

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« Yossef alla à Sh'khèm » (37:14)

 

« Il est inconcevable qu'un prophète meurt en dehors de Yéroushalayim » (Luc 13:33)

 

Rachi commente ainsi sur la ville de Sh'khèm : "C’est un lieu prédestiné aux catastrophes. C’est là que les fils ont failli [en vendant Yossef], c’est là qu’on avait violé Dina, et c’est là que sera divisé le royaume de David, ainsi qu’il est écrit (I Melakhim/Rois 12, 1) : « Rehov’am alla à Sh'khèm... »(Sanhédrîne 102a).

 

Or, il est également dit de Yéroushalayim : « Tu tues les prophètes et tu lapides ceux qui te sont envoyés ! » (Luc 13:34)

 

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« Ils complotèrent de le faire mourir » (37:18)

 

De même, le Sanhédrîne « projeta de le faire mourir » (Yohanân/Jean 11:53)

 

Cependant, « Réouven entendit cela, et il le délivra de leurs mains » (37:21)

 

De la même manière, des chefs importants cherchèrent à le délivrer de la mort, comme Nakdimôn (Nicodème) et Yossef d'arimathée.

 

Il s'y trouve d'ailleurs une allusion : Réou-ven, "ils virent le Fils" et le reconnurent comme Messie, eux mais pas les autres.

 

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« Ils le dépouillèrent de sa tunique, de la tunique de plusieurs couleurs, qu'il avait sur lui » (37:23)

 

Pourquoi répéter cette expression ? Car elle fait allusion à plusieurs choses :

« sa tunique », à prendre au sens littéral : « ils se partagèrent ses vêtements » (Marc 15:24)

« la tunique de plusieurs couleurs », référence à sa royauté, sa position d'autorité, comme il a été dit plus haut : « nous n'avons pas d'autre roi que l'Empereur » (Yohanân/Jean 19:15)

 

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« Ils le prirent, et le jetèrent dans la citerne » (37:24)

 

« Ils le prirent » : « ils le clouèrent »

« et le jetèrent » : ils jetèrent son corps dans un tombeau appartenant à un riche

« dans la citerne » : il alla au shéol

 

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« Cette citerne était vide, il n'y avait pas d'eau » (37:4)

 

Le shéol est vide de Torah, qui est comparée à l'eau, ainsi qu'il est dit :

« Vous tous qui avez soif, venez aux eaux » (Yésha'yahou/Isaïe 55:1)

« Il n'y a pas de sagesse dans le shéol » (Qohélèt/Ecclésiaste 9:10)

C'est pourquoi le Messie alla y prêcher, pour les esprits emprisonnés

 

*

 

« Venez, vendons-le aux Ishmaélites » (37:27)

De la même manière, Yéhoudah/les Juifs laissèrent Yéshou'a aux mains des Nations, l'abandonnant dans ces terres étrangères.

 

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« Ils prirent alors la tunique de Yossef, et ayant tué un bouc, ils plongèrent la tunique dans le sang » (37:31)

 

Si nous prenons en hébreu les premières lettres de l'expression : « Yossef, et ayant tué un chevreau », nous trouvons le mot ישוע Yéshou'a.

 

 

Rachi commente : « le sang du chevreau ressemble au sang humain ».

En effet, le sang de Yéshou'a fut répandu pour racheter les péchés d'un grand nombre, lui qui est l'agneau immolé, selon le langage midrashique.

 

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« Une bête féroce l'a dévoré ! » (37:33)

 

Selon le Midrash, il s'agit de la Shékhinah qui s'exprime ici. Ainsi, il est dit par allusion que le Roi Messie serait « dévoré », c'est-à-dire totalement déjudaïsé, par une « bête féroce », soit Edom/Rome, qui est appelé bête : « Et voici, il y avait une quatrième bête » (Daniel 7:7)

 

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« Il déchira ses vêtements, mit un sac sur ses reins, et il porta longtemps le deuil de son fils » (37:34)

 

« Il déchira ses vêtements » : la royauté d'Israël fut déchirée et le peuple partit en exil.

« mit un sac sur ses reins » : depuis ce temps-là, « HaShem leur a donné un esprit d'engourdissement, des yeux qui ne voient pas [le Messie], et des oreilles qui n'entendent pas, jusqu'au jour présent » (Dévarim/Deutéronome 29:4 , Yésha'yahou/Isaïe 29:10, Romains 11:8).

« porta longtemps le deuil de son fils » : « leurs yeux sont obscurcis pour ne plus voir, et leurs dos sont continuellement courbés » (Téhilim/Psaume 69:23, Romains 11:10).

« longtemps » : le « deuil » du Messie est porté depuis 2000 ans environ.

 

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Bientôt : deuxième partie !