L'occultisme

Partie 1

 

 

 

« Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ces ténèbres, contre les esprits méchants dans les cieux » (Rabbi Shaoul, Lettre envoyée aux Éphésiens, 6:12)

 

Deux mondes qui s'opposent

 

En français, le mot occultisme provient du latin renvoyant à l'idée de quelque chose qui est dissimulé, caché. Notre monde n'est, en effet, que la partie émergée de l'iceberg, ou plus exactement, le plus inférieur de tous les mondes. Entre HaShem, le Créateur de toutes choses, et nous, se trouvent des mondes et dimensions spirituelles, qui échappent à nos sens charnels, contenant des formes de vies spirituelles, bonnes ou mauvaises, qui peuvent néanmoins interagir avec nous, dans le bien comme dans le mal.

 

Parmi les forces du bien, se trouvent des entités spirituelles appelées les messagers célestes ou anges. Il existe plusieurs catégories d'anges : ceux assignés à une mission spéciale (Mikhaël est le défenseur du peuple d'Israël par exemple, Rafaël le messager des guérisons, Gavriel celui de la Justice, etc), ceux entourant le Trône de Gloire, ainsi qu'il est dit :

 

"Au milieu du Trône et autour du Trône, il y a quatre êtres vivants remplis d'yeux devant et derrière. Le premier être vivant est semblable à un lion, le second être vivant est semblable à un veau, le troisième être vivant a la face d'un homme, et le quatrième être vivant est semblable à un aigle qui vole. Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes, et ils sont remplis d'yeux tout autour et au dedans. Ils ne cessent de dire jour et nuit : Saint, saint, saint Adonaï Tsévaôt, E.l Sha.ddaï, qui était, qui est, et qui vient !" (Révélation 4:6-8)

 

"En ce temps-là se lèvera Mikhaël, le grand chef, le défenseur des enfants de ton peuple" (Daniel 12:1)

 

Il y a également les anges créés par les actions des hommes : chaque mitsvah, bonne action entreprise par un être humain, créée une entité spirituelle de bien (un « ange ») et chaque péché entraîne la création d'une entité spirituelle négative, de mal (un « démon »).

 

Et de même donc, dans le domaine du mal, existe un messager de destruction, dont le "principal protagoniste" porte plusieurs noms :

 

« Rabbi Lévi enseigne : le satân est le mauvais penchant qui est l'ange de la mort » (Baba Batra 16a)

 

Le yester harâ/mauvais penchant pousse l'homme à fauter, puis celui-ci devient le satân et accuse sa « victime » devant le Tribunal Céleste, avant de prendre le rôle du malakh hamavèt, l'ange de la mort, et reprendre l'âme de sa victime, ainsi qu'il est dit :

 

« le salaire du péché c'est la mort » (Lettre envoyée aux Romains 6:23)

 

Il existe également des anges qui ont été précipités sur Terre avant l'époque du déluge, et qui ont livré à l'humanité des secrets occultes. Les principaux chefs se nomment 'Aza et 'Azaël, et se trouvent jusqu'à nos jours enfermés plus bas que le séjour des morts, sous les montagne noires de l'orient :

 

« Il a réservé pour le jugement du Grand Jour, enchaînés éternellement par les ténèbres, les anges qui n'ont pas gardé leur dignité, mais qui ont abandonné leur propre demeure » (Lettre envoyée de Yéhoudah/Jude 6)

 

"Car, si HaShem n'a pas épargné les anges qui ont péché, mais s'il les a précipités dans les abîmes de ténèbres et les réserve pour le jugement" (Deuxième Lettre envoyée de Shi'môn/Pierre, 2:4)

 

« « Les Néfilim étaient sur la terre » : Rabbi Yossi enseigne que ce sont 'Aza et 'Azaël, et il a déjà été dit que le Saint Béni Soit-Il les fit déchoir de la sainteté de l'En-Haut. Et si tu demandes comment ils peuvent alors subsister en ce monde-ci, Rabbi Hiya répond : ces êtres proviennent de ceux appelés « oiseaux volant sur la Terre » (Béréshit/Genèse 1:20) [ceci est une allusion à l'origine des dieux égyptiens, dont une partie possède des têtes d'oiseaux]. Il a été expliqué aussi qu'ils apparaissent aux hommes, sous un aspect humain. Si tu demandes comment ils peuvent se transformer ainsi, sache qu'ils peuvent prendre en fait d'innombrables formes : quand ils sont descendus, ils se sont enveloppés de l'air du monde et ils ont ressemblé aux hommes. Tels sont 'Aza et 'Azaël, ils se rebellèrent dans l'En-Haut et le Saint Béni Soit-Il, les en fit tomber. Alors ils se corporifièrent sur Terre et y demeurèrent sans ne plus pouvoir se débarrasser de leur forme terrestre. Ils se prostituèrent ensuite aux femmes de ce monde, et jusqu'à notre époque ils subsistent encore, enseignant la sorcellerie aux humains » (Zohar Béréshit 58a).

 

Ce sont eux également qui ont révélé des secrets occultes au magicien Bil'âm :

 

« Bil'âm prononça son oracle, et dit : Balak m'a fait descendre d'Arâm, Le roi de Moav m'a fait descendre des montagnes de l'Orient » (Bamidbar/Nombres 23:7)

Or, ces anges sont enchaînés sous ces montagnes en question.

 

Dans le midrash, nous pouvons lire la chose suivante : « Rabbi a dit : et pour le corps des démons ? Le Saint Béni Soit-Il leur avait créé une âme et s'apprêtait à leur créer un corps. Mais Il sanctifia la Shabbat et Il ne leur fit pas de corps » (Béréshit Rabbah 7:5). De là nous comprenons par allusion que le Shabbat renferme une protection spéciale contre la sorcellerie, comme cela sera rappelé plus bas.

 

Il existe encore d'autres noms d'anges mauvais qui nous sont connus (il ne faut pas les prononcer à voix haute, sinon l'on fait appel à ces forces, qu'HaShem préserve), comme "lilit", qui apparaît dans ce Texte du prophète : « les lynx y rencontreront les chacals, le satyre y crie contre son compagnon. Là se délasse lilit, elle y trouve son lieu de repos » (Yésha'yahou/Isaïe 34:14). Nos Maîtres la décrivent comme un démon féminin qui approche les hommes la nuit afin de leur provoquer des écoulements de semences en vain (Shabbat 151b).

 

Son « compagnon » s'appelle samaël. Selon la Tradition d'Israël, cet ange « chevaucha » le serpent dans le Gan 'Eden, celui qui tenta Hava/Eve, et il devint l'ange d'Essav/Esaü (par extension celui qui dirige le monde occidental). Toujours selon le midrash, « Aucun des satânim [anges accusateurs] n'est aussi méchant que samaël » (Dévarim Rabbah 11:10). Dans la Torah, c'est contre lui que Ya'aqov se bat jusqu'à l'aube, préfigurant dans l'histoire la victoire du Roi Messie, descendant du patriarche, sur les forces du mal. Ce "couple démoniaque" cherche à pousser les humains dans la débauche sexuelle sous toutes ses formes, ce qui accroît leurs forces, et donc leur emprise.

HaShem Est Roi

Il existe donc deux mondes qui s'opposent : celui du bien et celui du mal. Néanmoins, rien n'échappe au contrôle d'HaShem, le Créateur, qui permet l'existence du mal afin de maintenir le libre-arbitre dans la Création, et en particulier pour l'homme, cela lui permettant de faire des choix sur Terre, et donc de se réaliser. Rien n'échappe donc à la Souveraineté de notre Père Céleste, et de Son Roi Messie, Yéshou'a, à qui tout pouvoir a été donné dans les Cieux et sur la Terre, et tout lui étant soumis, mêmes les forces les plus ténébreuses, car Son Nom, qui a été créé avant notre monde, contient la puissance nécessaire pour faire plier tous ceux du royaume du satân, ainsi qu'il est rapporté :

 

« Le satân dit : Maître de l'univers, montre-moi la lumière du Messie [...] Dès qu'il la vit, il prit peur et tomba sur sa face, et dit : « Celui-ci est certainement le Messie qui nous fera tomber, moi et tous les princes des nations, dans la géhenne, comme il est écrit : « Il détruira la mort par sa victoire, et Adonaï HaShem essuiera les larmes de dessus tout visage » » (Pesikta rabbati 162a)

 

Amen !

Les mises en garde de la Torah

 

Ce monde occulte et ténébreux, bien réel, agit donc dans notre espace-temps, au même titre que le Royaume d'HaShem et de Son Messie.

 

La Torah de Moshé nous met donc en garde contre ce côté négatif, en insistant bien sur les abominations qui y sont liées :

 

« Qu'on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui exerce le métier de devin, d'astrologue, d'augure, de magicien, d'enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à HaShem ; et c'est à cause de ces abominations qu'HaShem ton E.lohim, va chasser ces nations devant toi. Tu seras entièrement à HaShem ton E.lohim. Car ces nations que tu chasseras écoutent les astrologues et les devins ; mais à toi, HaShem ton E.lohim ne le permet pas » (Dévarim/Deutéronome 18:10-14)

 

Voici des commentaires de Rachi en rapport : "Qui fasse passer son fils et sa fille dans le feu, c’est le culte du Molèkh. On dresse des bûchers se faisant face, et on le fait passer entre les deux (Sanhèdrîne 64b)".


""De faiseur (qossém) de sortilèges" Qu’est-ce qu’un qossém ? C’est quelqu’un qui prend son bâton et lui demande : « Irai-je ou n’irai-je pas ? » C’est ainsi qu’il est écrit : « Mon peuple interroge son morceau de bois et son bâton lui répond » (Hoché‘a/Osée 4, 12).

"De magicien (me‘onén)" : Rabbi ‘Aqiva a enseigné : Ce sont ceux qui privilégient [certaines] époques (‘onoth) en disant : « Telle époque est propice pour commencer. » Et les autres Sages ont enseigné : Ce sont ceux qui captent le regard des yeux (‘énayim) [par illusionnisme].

"De devin" : son pain est-il tombé de sa bouche ? Un cerf lui a-t-il coupé sa route ? Son bâton lui est-il tombé des mains ? (Sifri)".
 

""Et de charmeur de charme" : quelqu’un qui rassemble des serpents, des scorpions ou d’autres animaux sauvages en un même lieu.

"Et de questionneur d’évocation" : c’est une forme de sorcellerie appelée pythom, où le magicien fait parler par son aisselle et où il fait remonter un cadavre sous son aisselle (Sanhèdrîne 65a et b).

"Et de sortilège" : Il introduit dans sa bouche l’os d’un animal appelé yado‘a et il le fait parler par magie (ibid.).

"Et d’interrogateur vers les morts" : par exemple, celui qui fait monter un mort sur ses parties génitales, ou celui qui interroge un crâne".
 

"Intègre tu seras avec HaShem ton E.lohim, Marche avec Lui avec intégrité, aie confiance en Lui, et ne scrute pas l’avenir. Mais accepte avec intégrité tout ce qui t’advient, et alors tu seras avec Lui et tu seras Sa part.

Ce n’est pas ainsi que t’a donné Le Saint béni soit-Il d’écouter les magiciens et les faiseurs de sortilèges, car Il a fait reposer la Shekhinah sur les prophètes et sur les ourim et toumim"


*

« Si un homme ou une femme ont en eux l'esprit d'un mort ou un esprit de divination, ils seront punis de mort ; on les lapidera : leur sang retombera sur eux » (Vayiqra/Lévitique 20:27)


« Vous ne mangerez rien avec du sang. Vous n'observerez ni les serpents ni les nuages pour en tirer des pronostics. Vous ne couperez point en rond les coins de votre chevelure, et tu ne raseras point les coins de ta barbe. Vous ne ferez point d'incisions dans votre chair pour un mort, et vous n'imprimerez point de figures sur vous. Je suis HaShem.
Tu ne profaneras point ta fille en la livrant à la prostitution, de peur que le pays ne se prostitue et ne se remplisse de crimes. Vous observerez mes Shabbat, et vous révérerez mon Sanctuaire. Je suis HaShem. Ne vous tournez point vers ceux qui évoquent les esprits, ni vers les devins; ne les recherchez point, de peur de vous souiller avec eux. Je suis HaShem votre E.lohim
»
(Vayiqra/Lévitique 19:26-31)

 

Voici encore les explications de Rachi pour nous éclairer sur ces sujets : ""Vous ne mangerez pas sur le sang" : cette injonction est interprétée de diverses manières dans le traité Sanhèdrîne (63a) : interdiction de consommer de la chair des offrandes avant aspersion du sang, interdiction de consommer de la chair d’un animal non consacré avant qu’il n’ait rendu l’âme, et d’autres interprétations.

"Vous ne pratiquerez pas la divination" : comme ceux qui pratiquent la divination avec une belette ou des oiseaux, par la chute du pain de la bouche ou par un cerf qui a croisé leur route (Sanhèdrîne 65b).

"Vous ne ferez pas de présages (te‘onénou)" : cette expression désigne les périodes (‘onoth) et les heures, lorsqu’on dit que tel jour est faste pour commencer un travail, que telle heure est néfaste pour sortir (Sanhèdrîne 66a).

"Vous n’arrondirez pas le coin de votre tête" : cette interdiction vise celui qui aligne les cheveux de ses tempes sur ceux situés derrières ses oreilles et sur son front de manière qu’ils forment un cercle complet autour de la tête (Makot 20b).

"Le coin de ta barbe" : l’extrémité de la barbe et ses côtés, à savoir cinq endroits : deux à chaque joue, en haut près de la tête, là où elle est large et où il y a deux coins aux tempes, et un au bas du menton, à la jonction des deux joues (ibid. 20a)"
 

""Et d’incision pour une âme" : les Emoréens avaient pour habitude de taillader leur chair quand ils avaient un mort.

"Et d’écriture de tatouage" : une écriture gravée et cautérisée, et devenue indélébile. On la cautérise avec une aiguille et elle fonce et devient indélébile (Makot 21a).

"Tatouage (qa‘aqa’)" : le mot est issu de la même racine que : « et fais-les pendre (wehoqa’) » (Bamidbar/Nombres 25, 4) ou : « nous les pendrons (wehoqa’noum) » (II Sh'mouel/Samuel 21, 6). On enfonce un pieu dans la terre, [comme ici l’écriture dans la chair], et on les y pend. Et il se trouve qu’ils étaient eux-mêmes enfoncés et fourrés dans le sol – en français : « pourpoint ».

"Ne profane pas ta fille pour la faire se prostituer" : cette interdiction vise celui qui livre sa fille non mariée à la cohabitation hors mariage.

"Sinon le pays se prostituera" : si tu devais agir ainsi, la terre irait se prostituer, en faisant produire ses fruits dans un autre endroit que votre pays. C’est ainsi qu’il est écrit : « Tu as souillé le pays par tes débauches […] les pluies ont fait défaut » (Yirmeyah/Jérémie 3, 2 et 3).

"Ne vous tournez pas vers les évocateurs" : cet avertissement s’adresse à l’évocateur de morts (ov) et au faiseur de sortilèges (yid‘onim) (Sanhèdrîne 65a). Un évocateur de morts est un nécromancien qui parle par ses aisselles, un faiseur de sortilèges est celui qui introduit dans sa bouche l’os d’un animal appelé yado‘a et qui le fait parler.

"Ne cherchez pas à avoir affaire à eux" : car si vous avez affaire à eux, vous vous rendrez impurs devant moi et je vous prendrai en horreur.

"Je suis HaShem votre E.lohim" : Sachez qui vous échangez, et contre qui !"

 

A la lecture de ce passage de la Torah, une question se pose : que fait l'observance du Shabbat au milieu de ces lois interdisant l'occultisme sous toutes ses formes ? Car le Shabbat est la Source des Bénédictions dans le bien, et celui qui l'observe comme il se doit est protégé de la sorcellerie car en lui se trouvent les Forces d'E.lohim !

 

*

« Tu ne laisseras point vivre la magicienne » (Shémot/Exode 22:18)

 

« HaShem parla à Moshé, et dit: Tu diras aux enfants d'Israël : Si un homme des enfants d'Israël ou des étrangers qui séjournent en Israël livre à Molekh l'un de ses enfants, il sera puni de mort : le peuple du pays le lapidera. Et moi, Je tournerai Ma Face contre cet homme, et Je le retrancherai du milieu de son peuple, parce qu'il a livré de ses enfants à Molekh, souillé Mon Sanctuaire et profané Mon Saint Nom. Si le peuple du pays détourne ses regards de cet homme, qui livre de ses enfants à Molekh, et s'il ne le fait pas mourir, Je tournerai, Moi, Ma Face contre cet homme et contre sa famille, et Je le retrancherai du milieu de son peuple, avec tous ceux qui se prostituent comme lui en se prostituant à Molekh.
Si quelqu'un s'adresse aux morts et aux esprits, pour se prostituer après eux, Je tournerai Ma Face contre cet homme, Je le retrancherai du milieu de son peuple. Vous vous sanctifierez et vous serez saints, car Je suis HaShem votre E.lohim. Vous observerez Mes lois, et vous les mettrez en pratique. Je suis HaShem, qui vous sanctifie
 »
(Vayiqra/Lévitique 20:1-8)

 

Commentaires de Rachi : ""Je donnerai ma face (panaï)" : penaï (« mes loisirs »). Je me détournerai de toutes mes occupations et m’occuperai de lui (Torat kohanim).

"Contre cet homme" : et non dans la collectivité. Car la collectivité ne peut être passible de kareth (retranchement de l'âme).

"Car il a donné de sa descendance au Molèkh" : de ce qu’il est écrit : « qui fasse passer son fils et sa fille dans le feu » (Dévarim/Deutéronome 18, 10), d’où sait-on qu’il en est de même pour le fils de son fils ou le fils de sa fille ? De : « car il a donné de sa descendance au Molèkh ». Et d’où le sais-je dans le cas d’une descendance illégitime ? De (verset 4) : « quand il donne de sa descendance au Molèkh » (Sanhèdrîne 64b).

"Afin de rendre impur Mon Sanctuaire" : La communauté d’Israël, laquelle m’est sanctifiée, ainsi qu’il résulte de : « et il ne profanera pas mon sanctuaire car Je suis HaShem qui les sanctifie » (infra 21, 23)"

 

""Et contre sa famille" : Rabbi Shi'môn a enseigné : Mais quelle faute la famille a-t-elle commise ? C’est pour t’apprendre que la famille d’un collecteur d’impôts n’est jamais composée que de collecteurs d’impôts, car tous le soutiennent (Shevouôt 39a).

"Je le retrancherai" : pourquoi est-il écrit cela ? De ce qu’il est écrit : « et contre sa famille », j’aurais pu penser que toute la famille fût frappée de kareth. Aussi est-il écrit : « otho (“lui”) » – il sera, lui, frappé de kareth, mais non toute la famille, laquelle subira des épreuves (Shevouôt 39a).

"Pour se prostituer après le Molèkh" : y compris d’autres idoles adorées de cette façon, même si cela ne correspond pas au culte qui leur est dû (Torat kohanim).

"Vous vous sanctifierez" : par l’abstention de l’idolâtrie"

Les prophètes

 

"Écoute maintenant ceci, voluptueuse, Qui t'assieds avec assurance, Et qui dis en ton cœur: Moi, et rien que moi ! Je ne serai jamais veuve, Et je ne serai jamais privée d'enfants !
Ces deux choses t'arriveront subitement, au même jour, La privation d'enfants et le veuvage ; Elles fondront en plein sur toi, Malgré la multitude de tes sortilèges, Malgré le grand nombre de tes enchantements.
Tu avais confiance dans ta méchanceté, Tu disais : Personne ne me voit ! Ta sagesse et ta science t'ont séduite. Et tu disais en ton cœur : Moi, et rien que moi !
Le malheur viendra sur toi, Sans que tu en voies l'aurore ; La calamité tombera sur toi, Sans que tu puisses la conjurer ; Et la ruine fondra sur toi tout à coup, A l'improviste.
Reste donc au milieu de tes enchantements Et de la multitude de tes sortilèges, Auxquels tu as consacré ton travail dès ta jeunesse ; Peut-être pourras-tu en tirer profit, Peut-être deviendras-tu redoutable.
Tu t'es fatiguée à force de consulter : Qu'ils se lèvent donc et qu'ils te sauvent, Ceux qui connaissent le ciel, Qui observent les astres, Qui annoncent, d'après les nouvelles lunes, Ce qui doit t'arriver !
Voici, ils sont comme de la paille, le feu les consume, Ils ne sauveront pas leur vie des flammes: Ce ne sera pas du charbon dont on se chauffe, Ni un feu auprès duquel on s'assied.
Tel sera le sort de ceux que tu te fatiguais à consulter. Et ceux avec qui tu as trafiqué dès ta jeunesse Se disperseront chacun de son côté : Il n'y aura personne qui vienne à ton secours
"
(Yésha'yahou/Isaïe 47:8-15)

 

"Car tu as abandonné ton peuple, la maison de Ya'aqov, Parce qu'ils sont pleins de l'Orient, Et adonnés à la magie comme les Philistins, Et parce qu'ils s'allient aux fils des étrangers"

(Yésha'yahou/Isaïe 2:6)

 

"Il fit passer ses fils par le feu dans la vallée des fils de Hinnom; il observait les nuages et les serpents pour en tirer des pronostics, il s'adonnait à la magie, et il établit des gens qui évoquaient les esprits et qui prédisaient l'avenir. Il fit de plus en plus ce qui est mal aux yeux d'HaShem, afin de l'irriter"

(Divréi Hayamim Beit/II Chroniques 33:6)

L'Alliance Renouvelée en Yéshou'a

 

"Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l'impudicité, l'impureté, la dissolution, l'idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l'envie, l'ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Je vous dis d'avance, comme je l'ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n'hériteront point le Royaume d'HaShem" (Lettre envoyée aux Galates 5:19-21)

 

"Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort"
(Révélation 21 :8)

 

"Il y avait auparavant dans la ville un homme nommé Shi'môn, qui, se donnant pour un personnage important, exerçait la magie et provoquait l'étonnement du peuple de Shomrôn. Tous, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, l'écoutaient attentivement, et disaient : Celui-ci est la puissance d'E.lohim, celle qui s'appelle "la grande". Ils l'écoutaient attentivement, parce qu'il les avait longtemps étonnés par ses actes de magie. Mais, quand ils eurent cru à Philippe, qui leur annonçait la bonne nouvelle du Royaume d'HaShem et du nom de Yéshou'a le Messie, hommes et femmes se firent immerger. Shi'môn lui-même crut, et, après avoir été immergé, il ne quittait plus Philippe, et il voyait avec étonnement les miracles et les grands prodiges qui s'opéraient.

Les envoyés, qui étaient à Yéroushalayim, ayant appris que Shomrôn avait reçu la parole d'HaShem, y envoyèrent Pétros et Yohanân. Ceux-ci, arrivés, prièrent pour eux, afin qu'ils reçussent la rouah hakodesh. Car il n'était encore descendu sur aucun d'eux; ils avaient seulement été immergés au nom de l'Adôn Yéshou'a. Alors Pétros et Yohanân leur imposèrent les mains, et ils reçurent la rouah hakodesh. Lorsque Shi'môn vit que la rouah hakodesh était donné par l'imposition des mains des envoyés, il leur offrit de l'argent, en disant : Accordez-moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j'imposerai les mains reçoive la rouah hakodesh. Mais Pétros lui dit : Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don d'HaShem s'acquérait à prix d'argen t! Il n'y a pour toi ni part ni lot dans cette affaire, car ton cœur n'est pas droit devant HaShem. Fais Téshouvah donc de ta méchanceté, et prie l'Adôn pour que la pensée de ton cœur te soit pardonnée, s'il est possible; car je vois que tu es dans un fiel amer et dans les liens de l'iniquité. Shi'môn répondit : Priez vous-mêmes l'Adôn pour moi, afin qu'il ne m'arrive rien de ce que vous avez dit
"
(Histoire des talmidîm/Actes 8:9-24)

 

"Ayant ensuite traversé toute l'île jusqu'à Paphos, ils trouvèrent un certain magicien, faux prophète juif, nommé Bar-Yéshou'a, qui était avec le proconsul Sergius Paulus, homme intelligent. Ce dernier fit appeler Bar-Naba et Shaoul, et manifesta le désir d'entendre la parole d'HaShem. Mais Elymas, le magicien, -car c'est ce que signifie son nom, -leur faisait opposition, cherchant à détourner de la foi le proconsul. Alors Shaoul, appelé aussi Paul, rempli de la rouah hakodesh, fixa les regards sur lui, et dit : Homme plein de toute espèce de ruse et de fraude, fils de l'accusateur, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu point de pervertir les voies droites de l'Adôn ? Maintenant voici, la main de l'Adôn est sur toi, tu seras aveugle, et pour un temps tu ne verras pas le soleil. Aussitôt l'obscurité et les ténèbres tombèrent sur lui, et il cherchait, en tâtonnant, des personnes pour le guider. Alors le proconsul, voyant ce qui était arrivé, crut, étant frappé de l'enseignement de l'Adôn"

(Histoire des talmidîm/Actes 13:6-12)

La Torah orale

 

La tradition d'Israël n'est pas en reste sur le sujet et s'étend elle aussi en enseignements, témoignages et mises en gardes. Par exemple, au sujet des magiciens Janès et Jambrès qui s'opposèrent à Moshé lors des premières plaies d’Égypte, le Zohar dit la chose suivante :

 

« Rabbi Yossi enseigna : Si tu étais porté à croire que tout ce que produisent les magiciens n’est pas réel et n’est que le fruit d’une illusion, c’est pourquoi il est dit : ‘Et ils devinrent [des serpents]’, véritablement » (Zohar Vaéra, 28a)

 

Le Talmud, traité Sanhédrîne 67a-67b, parle beaucoup de ce sujet, dont voici la Mishna (la loi orale) qui l'introduit :

 

« Le madiah c'est celui qui dit : allons et servons des dieux étrangers. Quant au sorcier dénommé Méhachef, c'est s'il a effectivement pratiqué un acte de sorcellerie qu'il est passible [de lapidation], mais non pas s'il « saisit les yeux » d'autrui [l'illusion]. Rabbi Aqiva dit au nom de Rabbi Yéhoshou'a : si deux hommes ramassent des citrouilles [pour pratiquer un acte de sorcellerie], il peut se faire que l'un soit quitte et l'autre coupable. Celui qui a pratiqué effectivement l'acte de sorcellerie est passible de la lapidation, celui qui n'en a donné que l'illusion est quitte ».

 

Nous pouvons déjà voir que la Torah, à ce stade, différencie entre le prestidigitateur et le sorcier véritable, qui lui est passible de mort. Notons également, en ces temps reculés, la présence de la citrouille dans les actes de sorcellerie, symbole que l'on retrouve encore aujourd'hui lors de la fête des morts chez les païens !

 

La Guémara commence son analyse de la Mishna et commente :

 

« Nos Maîtres ont enseigné « la sorcière » (Shémot/Exode 22:17), c'est soit un homme soit une femme. Si c'est ainsi, pourquoi le Texte porte-il : « la sorcière » ? C'est parce que ce sont généralement des femmes qui pratiquent la sorcellerie. Quelle est leur condamnation à mort ? […] la lapidation […] Rabbi Yohanân dit : pourquoi les sorciers sont-ils appelés ‘Kachafim’ ? Parce qu’ils contredisent [Mak’hichim] la Cour Céleste […] Rabbi Hanina a dit : même en matière de sorcellerie [nul n'a le pouvoir de s'opposer à la Volonté Divine]. Une femme avait cherché à ramasser de la terre sous les pieds de Rabbi Hanina [pour faire contre lui un acte de magie], mais il lui a dit : si tu réussis, va, fais-le, mais il est écrit : « Nul en dehors de Lui » (Dévarim/Deutéronome 4:35) [quoi qu'il puisse m'arriver, ce sera la Volonté Divine qui primera car je Lui appartient].

 

Rabbi Eibo ben Nagré a dit au nom de Rabbi Hiya ben Abba : le mot « bélatéhem » (enchantements) (Shémot/Exode 7:22) désigne les actes des démons, et le mot « bélahatéhem » (ibid. verset 11) désigne les actes de magie.

 

Abbayé a dit : quand on a besoin de recourir à quelque objet bien déterminé [pour un acte de magie], c'est l’œuvre des démons, et quand on n'en a pas besoin, c'est un acte de magie.

 

Abbayé a dit : les lois de la magie sont comme les lois de Shabbat. Il est des actes qui sont passibles de la lapidation, et il en est pour lesquels il n'y a pas de sanction, mais ils sont interdits. Et il en est qui sont même en principe permis. C'est ainsi que celui qui a effectivement pratiqué un acte de magie est passible de la lapidation, et l’illusionniste est quitte, néanmoins cela est interdit. Quant à ce qui serait en principe permis, ce serait [comme] le cas de Rav Hanina et Rav 'Ochaya qui, chaque veille de Shabbat, alors qu'ils s'adonnaient à l'étude des lois de la création du séfèr yetsira, se voyaient créer un veau de la taille d'un animal de trois ans, et ils s'en nourrissaient.

 

Rav Achi a dit : j'ai vu le père de Karna [un sorcier] qui se mouchait et il sortait des morceaux de soie de ses narines.

 

« Les magiciens dirent au Pharaon : c'est le doigt d'E.lohim ! » (Shémot/Exode 8:19). Rabbi 'Eliezer a dit : c'est que les démons n'ont pas le pouvoir de créer un être d'un volume inférieur à un grain d'orge.

 

Zéiré s'était rendu à Alexandrie d’Égypte, il y a acheté un âne. Lorsqu'il voulut lui donner de l'eau à boire, il a fondu, et il n'est plus resté qu'une planche de pont en bois.

 

Un certain Yannaï était arrivé à l'auberge. Il leur a dit : donnez-moi de l'eau à boire. On lui a servi une boisson faite de farine et d'eau. Il a remarqué que la femme [qui le servait] remuait les lèvres. [Soupçonnant quelque sortilège], il en versa une partie qui s'est transformée en scorpions. Il lui dit alors : moi j'ai bu ce que tu m'as offert, à vous maintenant de boire du mien. Il lui a donné à boire et elle est devenue un âne. Il le monta et s'en fut au marché. L'amie de cette femme est arrivée, elle a défait le sortilège et on l'a vu alors au marché chevauchant une femme » (Sanhedrîne 67a et b)

 

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« Nos Maîtres ont enseigné : le ba'al ov, c'est celui qui parle comme si la voix venait d'entre les articulations de ses propres membres ou de ses aisselles. Le yide'oni c'est celui qui met dans sa bouche un os d'un animal appelé yido'a et qui semble parler de lui-même […] il fait remonter le mort de sa tombe puis il l'installe entre les articulations de ses propres membres, et c’est ainsi qu'il le fait parler.

 

Nos Maîtres ont enseigné : la pratique du ba'al ov pouvait consister soit à amener le mort pour l'installer sur sa propre personne, soit à consulter un crâne. Quelle différence entre l'un et l'autre ? Dans la première manière, le corps ne se présentait pas dans sa position naturelle [mais les pieds ne l'air], ni un jour de Shabbat. Dans la deuxième manière, il « remontait » dans sa position naturelle et cela aussi bien le jour du Shabbat.

 

La pratique de celui qui conjure les esprits (Dévarim/Deutéronome 18:11), c'est la même chose que la pratique de celui qui interroge les morts. Pour cette dernière, il est enseigné dans une b'raïta : « et celui qui interroge les morts : cela consiste à se laisser souffrir de la faim, puis on va passer la nuit au cimetière de manière que l'esprit d'impureté vienne reposer sur lui ».

 

Rabbah avait créé un homme et l'a envoyé chez Rabbi Zérah. Celui-ci lui a parlé, mais l'autre ne lui répondait pas. Il lui a dit alors : tu n'es qu'une [créature] de sorcellerie, retourne à ta poussière !

 

Nos Maître ont enseigné : le ménahech, c'est celui qui dit [pour y voir un mauvais présage] : son pain lui est tombé de la bouche, son bâton lui a échappé des mains, son enfant l'a appelé par derrière, un corbeau l'a appelé, un cerf lui a coupé con chemin, un serpent est venu sur sa droite et un renard sur sa gauche […] Nos Maîtres ont enseigné : « vous ne pratiquerez pas ces présages ni ces divinations » (Vayiqra/Lévitique 19:26), tels que ceux qui tirent des présages de la marche d'une belette ou du vol des oiseaux ou du mouvement des poissons » (Sanhédrîne 65b-66a)

 

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« Les Sages ont enseigné dans une b'raïta : à cause de trois raisons on en doit pas entrer dans une ruine : à cause de la suspicion, des risques d'effondrements, et des démons » (B'rakhot 3a)

 

« Abba Binyamîne dit : si l’œil avait été autorisé à voir, aucun être n'aurait pu se tenir devant les démons (qui l'entourent. Ils sont si nombreux que si nous pouvions tous les voir, l'on tomberait en défaillance). Abbayé a dit : ils sont plus nombreux que nous, et ils se tiennent autour de nous comme un fossé autour d'un monticule. Rav Houna a dit : chacun d'entre nous en a mille à sa gauche et dix mille à sa droite. Rava a dit : cette sensation de compression ressentie durant les cours publics, c'est à cause d'eux que nous l'éprouvons. Ces genoux qui se fatiguent, c'est à cause d'eux qu'ils sont atteints. Ces vêtements des érudits en Torah qui s'usent rapidement, c'est leur frottement qui les use. Ces pieds heurtés, c'est à cause d'eux qu'ils se cognent.

Celui qui veut savoir si ils sont présents, qu'ils prennent des cendres tamisées, et qu'il les éparpille autour de son lit. Le matin, il verra quelque chose qui ressemble aux empreintes de pattes d'un coq [les pieds d'un démon peuvent parfois être semblables à ceux d'un coq, voir Rachi sur Guittin 68b) » (B'akhot 6a).

 

La Guémara relate ensuite un épisode où un Maître d’Israël a voulu les voir autour de lui et a suivi une certaine procédure, qui ne sera pas décrite ici. Malgré son haut niveau spirituel, il en a été tourmenté, et les autres Maîtres ont du prier pour lui, qu'HaShem le prenne en pitié et le libère de ces visions.

 

"Il ne faut pas sortir seul la nuit ; [sont concernées] les nuits du mercredi et du vendredi, car «Ograt bat Mahala» accompagnée de cent quatre vingt mille anges nuisibles sortent [ces nuits-là], et chacun a l’autorisation d’attaquer. Dans un premier temps, ils sortaient toutes les nuits. Une fois elle rencontra Rabbi Hanina ben Dossa. [Ograt] lui dit: «Si on ne m’avait avertie au Ciel de ne pas m’en prendre à Rabbi Hanina et à sa Torah, je t’aurais mis en danger!». Il lui dit: «Si je suis considéré au Ciel, je décrète sur toi que tu ne puisses plus te mouvoir dans ce monde !». Elle lui dit

: «S’il te plaît, laisse-moi un espace de liberté». [Il l’écouta et] lui laissa [la possibilité de sortir] les nuits du vendredi et du mercredi" (Pessahim 112b)

 

La façon de procéder de ce Rabbi est en tout point semblable à celle de notre Roi :

 

"Lorsqu'il fut à l'autre bord, dans le pays des Gadaréniens, deux démoniaques, sortant des sépulcres, vinrent au-devant de lui. Ils étaient si furieux que personne n'osait passer par là. Et voici, ils s'écrièrent: Qu'y a-t-il entre nous et toi, Ben E.lohim ? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps ? Il y avait loin d'eux un grand troupeau de pourceaux qui paissaient. Les démons priaient Yéshou'a, disant: Si tu nous chasses, envoie-nous dans ce troupeau de pourceaux. Il leur dit: Allez ! Ils sortirent, et entrèrent dans les pourceaux. Et voici, tout le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer, et ils périrent dans les eaux. Ceux qui les faisaient paître s'enfuirent, et allèrent dans la ville raconter tout ce qui s'était passé et ce qui était arrivé aux démoniaques"

(Matityahou/Mathieu 8:28-33)

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