כי תצא

Parashat Ki Tetsé

 

Avec du tact !

 

Torah : Dévarim/Deutéronome 21:10 à 25:19

Haftarah : Yésha'yahou/Isaïe 54:1-10

 

Dans cette section, Moshé enseigne un certain nombre de lois, allant de la belle captive au fils rebelle, du « nid de l'oiseau » aux tsitsiyot/franges, en passant par l'interdiction de s'habiller comme le sexe opposé, l'interdit d'adultère, ou encore l'impureté engendrée par la perte de semence masculine, etc.

 

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« Lorsque tu sortiras en guerre […] peut-être verras-tu parmi les captives une femme belle de figure, et auras-tu le désir de la prendre pour femme » (Dévarim/Deutéronome 21:10-11)

 

Cette mitsvah, ce commandement, semble à première vu assez étrange. En effet, à l'époque des guerres bibliques, les armées ennemies amenaient sur le champ de bataille de belles femmes parées de leurs plus beaux bijoux afin de « stimuler » les soldats harassés. Or, ces femmes pouvaient également faire tomber les soldats ennemis si elles étaient capturées. Pour éviter donc tout risque de chute dans le péché, la Torah a concédé, à « contrecœur », à ce que le soldat puisse épouser une belle femme ennemie....rien que pour l'empêcher de forniquer !

 

Dans le langage du Talmud, il est dit à ce sujet : « La Torah n'a parlé ici que compte tenu de la force du mauvais penchant qui anime l'homme » (Kiddoushîne 21b). Et Rachi de commenter : « La Torah n'a permis la captive qu'à contrecœur, en raison de l'attraction qu'éprouve le soldat pour sa beauté ».

 

Il existe quelques commandements qu'HaShem a stipulés dans Sa Parole contre Sa Volonté première, connaissant le cœur de l'homme et les difficultés de la vie. Un célèbre exemple est le divorce pour une cause autre que l'adultère (et rajoutons la violence) :

 

« Moshé, dirent-ils, a permis d'écrire une lettre de divorce et de répudier. Et Yéshou'a leur dit : C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moshé vous a donné ce précepte » (Marc 10:4-5)

 

Nous voyons donc que certaines mitsvot principales de la Torah vont « s'adapter » à l'homme dans ce monde, pour d'un côté lui rendre « permis » ce qui devrait être interdit. Bien évidemment, cela ne concerne que peu de commandements, et est strictement encadré !

 

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« Lorsque tu sortiras en guerre […] peut-être verras-tu parmi les captives une femme belle de figure, et auras-tu le désir de la prendre pour femme » (Dévarim/Deutéronome 21:10-11)

 

Comme nous l'avons déjà souligné, parfois nous avons l'impression que les sujets s'enchaînent sans aucune logique dans la Torah. Cela est cependant une fausse impression, car il n'y a rien de plus scientifique que la Parole Divine, et Rachi va encore nous le prouver ici. Car nous voyons que la mitsvah, le commandement, de la femme captive (vu plus haut) est suivi pour le cas d'un homme possédant deux femmes avec une préférence allant pour l'une d'entre elles, et donc se répercutant sur ses fils, puis le cas d'un fils rebelle envers ses parents, ce qui entraînera sa mort. Voici où se trouve le lien logique :

 

« La Torah ne parle que contre le mauvais penchant car si le Saint Béni Soit-Il ne le permettait pas, le soldat l'épouserait de façon interdite. Mais s'il l'épouse, à la fin il la détestera, et il engendrera par elle un fils rebelle qui sera mis à mort. C'est pourquoi ces sections sont juxtaposées » (Rachi)

 

La Torah te permet de l'épouser « faute de mieux » à cause de ton mauvais penchant, mais tu es prévenu que si tu le fait, cela se finira mal et pour toi, et pour elle, et pour votre fils !

 

Et dans le même ordre d'idées, il est écrit plus loin :

 

« Si tu rencontres dans ton chemin un nid d'oiseau, sur un arbre ou sur la terre, avec des petits ou des œufs, et la mère couchée sur les petits ou sur les œufs, tu ne prendras pas la mère et les petits, tu laisseras aller la mère et tu ne prendras que les petits, afin que tu sois heureux et que tu prolonges tes jours. Si tu bâtis une maison neuve, tu feras une balustrade autour de ton toit, afin de ne pas mettre du sang sur ta maison, dans le cas où il en tomberait quelqu'un. Tu ne sèmeras point dans ta vigne diverses semences, de peur que tu ne jouisses ni du produit de ce que tu auras semé ni du produit de la vigne.Tu ne laboureras point avec un bœuf et un âne attelés ensemble. Tu ne porteras point un vêtement tissé de diverses espèces de fils, de laine et de lin réunis ensemble. Tu mettras des franges aux quatre coins du vêtement dont tu te couvriras » (Dévarim/Deutéronome 22:6-12)

 

« Si tu accomplis la loi de renvoyer la mère du nid, à la fin tu construiras une nouvelle maison, et tu pourras y accomplir la loi de la « balustrade », et tu arriveras à posséder un champ, une vigne, et de beaux habits, c'est pourquoi ces sections sont juxtaposées » (Rachi) !

 

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« Une femme ne portera pas un habillement d'homme et un homme ne mettra pas de vêtements de femme, car quiconque fait ces choses est en abomination à HaShem ton E.lohim » (Dévarim/Deutéronome 22:5)

 

Le sens littéral est assez clair, inutile de le commenter. Cependant, cette mitsvah va beaucoup plus loin qu'une simple lecture : si un homme « revêt le vêtement » d'une femme, c'est-à-dire s' il se comporte (le vêtement étant l'identité de la personne) comme une femme, alors il devient abominable. Un efféminé n'hérite pas du Royaume du Roi Messie (voir la Lettre envoyée aux Corinthiens 6:9), même s' il est hétérosexuel, et c'est Rabbi Shaoul, Paul qui l'affirme, reprenant ce verset ! Le Ben Ish H dira : « Il doit avoir une attitude ferme, et ne pas se montrer faible comme une femmelette » ('Od Yossef H). Revêts des habits d'homme, des accessoires d'homme, aie un comportement d'homme et sache diriger en tout sagesse, car cela est ta fonction. De même que la femme soit féminine, même dans ses paroles, et pudique. Ce n'est pas une obligation mais il est bon que l'homme porte une barbe (quelque soit la taille) car « la barbe embellit le visage de l'homme » (Shabbat 152a) et contribue à marquer son identité.

 

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce sujet, en particulier à notre époque qui voit l'apparition, de plus en plus, de « choses » (êtres humains?) asexués, ayant des orientations sexuelles allant de tous les « types d'hommes » à l'animal, en passant par les végétaux (ce n'est malheureusement pas une blague!) et pire encore...une époque où l'on commence, petit à petit, à retirer les pictogrammes indiquant les wc par des panneaux « neutres », où le « mesdames et messieurs » est remplacé par des « à vous tous » pour éviter de faire de la « discrimination » de ceux qui sont « différents » !

 

Sachons donc marquer la différence à tous les niveaux, vivre notre identité véritable et nous affirmer !

 

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« Si tu bâtis une maison neuve, tu feras une balustrade autour de ton toit » (Dévarim/Deutéronome 22:8)

 

À l'époque, les toits des maisons étaient plats, et servaient de terrasses. Aujourd'hui, cela signifierait l'obligation d'ériger une barrière autour d'une piscine privée, afin qu'aucun enfant (ou adulte) n' y tombe par mégarde (combien d'accidents auraient pu être évités si cette simple précaution avait été appliquée comme il se doit?), élever une clôture autour de son terrain, en particulier si une route passe à proximité, etc.

 

Parfois, la Torah rappelle des sujets très simples, car souvent ces choses « simples » pourraient éviter quantité de drames !

 

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« Souviens-toi de ce qu'HaShem ton E.lohim a fait à Myriam pendant la route, lors de votre sortie d’Égypte » (Dévarim/Deutéronome 24:9)

 

Si Myriam, prophétesse, qui a sauvé Moshé étant enfant, et par le mérite de laquelle nous avons eu le puits qui nous suivait dans le désert, qui a parlé contre son frère seulement pour essayer de le comprendre, et non en public mais en privé, a été punie de cette manière à cause de sa médisance (sept jours hors du camp, dans un état « malade »), alors à combien plus forte raison nous, si nous médisons contre nos frères et sœurs, serons-nous punis !

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« Lorsque deux frères demeureront ensemble, et que l'un d'eux mourra sans laisser de fils, la femme du défunt ne se mariera pas au dehors avec un étranger, mais son beau-frère ira vers elle, la prendra pour femme, et l'épousera comme beau-frère [afin de susciter une descendance] » (Dévarim/Deutéronome 25:5)

 

Yéshou'a utilise ce Texte dans l'Alliance Renouvelée pour contredire les Tsadouqim/Sadducéens et révéler qu'à la résurrection, il n'y aura plus de mariages. D'un autre côté, le Zohar affirme que les couples se retrouveront dans le Monde futur et qu'il y aura toujours des mariages !

 

En réalité, il n'y a pas de contradiction : à la résurrection, les hommes seront semblables aux anges, seulement dans le sens où ils ne pourront plus mourir. Ainsi, il n'auront plus besoin « de se marier et de se donner en mariage » dans l'optique de la loi du lévirat, pour susciter une descendance à un parent mort. Cependant, chaque personne retrouvera et se mariera avec son âme-sœur véritable, et les couples continueront de vivre éternellement dans le monde à venir, la mort ayant été abolie !

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« Si l'on fait mourir un homme qui a commis un crime digne de mort, et que tu l'aies pendu à un bois » (Dévarim/Deutéronome 21:22)

 

Rabbi Shaoul applique ce passage au Messie, Yéshou'a :

 

« Le Messie nous a rachetés de la malédiction engendrée par la Torah, étant devenu malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois » (Lettre envoyée aux Galates 3:13)

 

Si, dans la Torah, nous partons de l'avant-dernière lettre ע 'ayin de l'expression « à un bois », et remontons en arrière de 181 lettres, nous trouvons le mot ישוע « Yéshou'a ». 181, avec le kollel, est égal à la valeur numérique de Ya'aqov/Jacob, ce qui signifie que seul Yéshou'a descendant de Ya'aqov a pu prendre la « malédiction » du bois !