בא

Parashat Bô

 

Des Téfilines pour la Vie

 

Torah : Shémot/Exode 10:1 à 13:16

Haftarah : Yirméyahou/Jérémie 46:13 à 28

Cette section traite des dernières plaies qui se sont abattues sur l’Égypte, qui sont les sauterelles, les épaisses ténèbres, et la mort des premiers-nés. Les premières mitsvot (commandements), en parallèle, sont données au Peuple : Rosh Hodesh (le premier jour du mois), l'agneau pascal et les ordonnances de la Fête de Péssah (pâque) comme manger de la matsa, le pain azyme, les téfilines. Ainsi commence le début de la sortie d’Égypte !

*

 

 « HaShem dit à Moshé: "Dirige ta main vers le ciel et des ténèbres se répandront sur le pays d'Égypte, des ténèbres opaques » (Shémot/Exode 10:21)

 

Ces ténèbres étaient tellement fortes qu'elles en étaient palpables. Comment cela est-il possible ?! En réalité, il ne s'agit pas de ténèbres comme nous imaginons, celles de la nuit, mais au contraire de la Lumière créée le premier jour, une Lumière spirituelle permettant de percevoir l'essence de chaque chose dans la Création, c'est-à-dire qu'elle permet de comprendre quelle est la finalité de chaque élément de l'Univers : « Il vit que les scélérats ne mériteraient pas de profiter de la lumière, de sorte qu’Il la mit en réserve à l’usage des justes pour les temps à venir » (Haguiga 12a). Pour les égyptiens idolâtres et corrompus, cette lumière était ténèbres (à la manière d'un homme plongé dans le noir à qui l'on mettrait face à lui un projecteur de 100 000 watt d'un coup. Une telle violence le rendrait immédiatement aveugle), mais pour les bnéi Israël, cette Lumière éclairait tout autour d'eux, ainsi que leur compréhension de chaque chose.

 

* * *

 

« Parlez à toute la communauté d'Israël en ces termes: Au dixième jour de ce mois, que chacun se procure un agneau pour sa famille paternelle, un agneau par maison » (Shémot/Exode 12:3)

 

La fête de Péssah/Pâque n'a pas été donnée car les Israélites sont sortis d’Égypte, mais les Israélites sont sortis d’Égypte car Péssah était arrivé. En effet, les Fêtes d'HaShem sont des ouvertures spirituelles qui se matérialisent dans notre espace-temps comme un déferlement de forces et de lumières que l'homme se doit de capter pour se construire et construire le monde. Chaque année, durant le 15ième du premier mois (Nissan), des forces de liberté se dévoilent dans notre monde, et la manière de les capter a été donnée dans la Torah : manger des matsot/pains sans levain avec les herbes amères, etc.

 

De même, un Juif portant Téfilines, Tsitsit, circoncis de chair, mangeant kasher, respectant Shabbat, etc, capte en permanence des forces spirituelles de diverses intensités. Voilà pourquoi toute personne qui abolit les commandements pour se contenter du « cœur » et de « l'esprit » se prive de toutes ces forces spirituelles véritables, le Messie seul ne suffisant pas, car il n'est venu que pour la kapparah, l'expiation, et non pour la kédousha, sanctification, qui elle est strictement personnelle, comme il est dit :

 

« Quand Israël était en terre sainte, les rituels et les sacrifices qu’ils accomplissaient enlevaient toutes ces maladies du monde, maintenant, c’est le Messie qui les enlève des fils du monde, jusqu’à ce que l’homme quitte ce monde et reçoive ses punitions, comme il est dit: si ses fautes deviennent plus nombreuses, on l’emmène dans le Guey-hinnom, au niveau le plus bas et il y reçoit plusieurs punitions à cause de la souillure qui est sur son âme. Et ils allument un feu plus grand pour nettoyer cette souillure. Les Anges de la destruction utilisent pour cela des bâtons de feu pour nettoyer cette souillure. Malheur à l’âme qui reçoit ces punitions! Heureux sont ceux qui gardent les préceptes de la Torah  !» (Zohar II, 212a)

 

* * *

 

« Et tu les porteras comme symbole sur ta main et comme mémorial entre tes yeux afin que la Torah d'HaShem reste dans ta bouche, car d'un bras puissant, HaShem t'a fait sortir de l'Égypte » (Shémot/Exode 13:9)

 

« Et il sera écrit comme symbole sur ta main et comme diadème entre tes yeux, que d'une main puissante HaShem nous a fait sortir de l'Égypte » (Shémot/Exode 13:16)

 

En nous fondant exclusivement sur les versets de la Torah écrite, la mitsvah/le commandement de Téfilines est plutôt vague : attacher les Paroles Divines sur le bras et entre les yeux. Pourtant, quand nous observons celles que nous portons chaque jour durant la téfilah, la prière, nous voyons qu'elles ressemblent à cela :

La Torah Orale, dont une partie est couchée dans le Talmud, explique tous les détails de la fabrication des Téfilines, et le Rambam/Maïmonide nous rappelle dans son Mishné Torah que tous ces détails sont des halakhot léMoshé MiSinaï, c'est-à-dire des lois orales données par HaShem à Moshé. Dans la Guémara (partie explicative de la loi orale, appelée Mishna), les Maîtres d'Israël retrouvent tous les détails de la loi orale dans la loi écrite. En voici un succin aperçu :

 

א] Pourquoi les Téfilines se portent sur le bras gauche ? « Le mot yadekha (« ta main ») est écrit plus loin (verset 16) avec la lettre ה hé en finale, pour t’apprendre que c’est la main la plus faible (Mekhilta, Ménahot 37a) » (Rachi), le Hé étant une lettre dite féminine.

 

ב] Il est dit « afin que la Torah d'HaShem soit dans ta bouche », de là nous retrouvons la loi orale qui stipule que les Téfilines doivent être fabriquées avec une matière venant d'un animal comestible (du bétail kasher, les boîtiers étant du cuir).

 

ג] Il est dit « comme mémorial entre tes yeux », de là nous apprenons que dans la Téfila de la tête se trouvent des parchemins racontant la sortie d’Égypte.

 

ד] Il est dit « comme diadème entre tes yeux ». le mot diadème en hébreu se dit טוטפות totafot. Selon Rachi, On les appelle totafoth (« fronteaux ») parce qu’elles comportent quatre cases. En effet, le mot tat veut dire : « deux » en langue katpi et le mot foth veut dire : « deux » en langue afriki (Sanhédrîn 4b).

 

ה] Il est écrit « entre tes yeux », or nous les portons sur le crâne, au-dessus de la racine des cheveux (ou à l'endroit où en possédaient ceux qui en avaient avant), par contre ceux qui ne possèdent pas la Torah orale les portent littéralement entre les yeux, sur le haut du nez, comme les karaïtes !

Dans le Talmud, il est rapporté qu'il y a 2000 ans, les femmes portaient un bijoux appelé un totéfet, qui se portait tel un diadème, soit autour du crâne avec le bijoux sur le haut du crâne, au centre (imaginez une ligne passant entre les yeux jusqu'au sommet de la tête).

 

ו] « Entre tes yeux » : plus loin la Torah enseigne qu'on ne se rasera pas entre les yeux pour un mort. À moins que vous ne possédiez une touffe de poils sur votre nez, cela confirme que même pour la Torah écrite, l'expression « entre tes yeux » désigne bien le haut de la tête, là où commencent les cheveux.

 

ז] Le mot « main » désigne tout l'avant-bras, du biceps aux doigts.

 

ח] Une loi orale provenant du Sinaï stipule que la lettre ש Shin doit apparaître sur la Téfila de la tête, d'un côté un Shin à 4 branches, d'un autre un Shin à 3 branches. Il existe beaucoup d'explications à ce sujet : les 3 pères (Avraham, Yitshaq et Ya'aqov) et les 4 mères (Sarah, Rivqa, Rahel et Léah), les 7 groupes séphirotiques qui sont Avraham = Hessed/bonté, Yitshaq = Guévoura/force, Ya'aqov = Tiféret/vérité-harmonie, Moshé = Netsah/victoire, Aharôn = Hod/splendeur, Yossef = Yessod/fondement (pureté sexuelle), David = Malkhout/Royauté , les 6 points de l'espace plus le point d'origine pour y accéder, etc.

 

Dans la B'rit Hadasha, Yéshou'a mentionne les Téfilines seulement pour dénoncer quelques proushim/Pharisiens qui les portaient de manière ostentatoire (Matityahou/Mathieu 23, dans les version françaises les Téfilines sont appelées « phylactères »). Ce qui prouve que le Roi Messie n'a pas remis en cause la Torah orale, mais seulement les écarts de certains, agissant par orgueil.

 

Nos Maîtres affirment que le fils d'Israël qui connaît la Torah mais refuse sciemment de porter les Téfilines n'a pas de part à la résurrection des morts, ainsi que : « les hommes qui ne mettent pas les Téfilines sont appelés pécheurs d'Israël dans leur corps » (Rosh Hashana 17a).

 

L'obligation de mettre les Téfilines vise donc à ce que la « Torah d'HaShem soit dans ta bouche ». De même, dans la bénédiction sur la Torah, nous disons : « Il a implanté en nous une vie éternelle », et celui qui s'éloigne de la Torah s'éloigne pour ainsi dire de la vie ! (Hafets Hayim, commentaire sur la Paracha), comme cela est également rappelé ici :

 

« Rabbi, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle? Yéshou'a lui dit: Qu'est-il écrit dans la Torah? Qu'y lis-tu? Il répondit: Tu aimeras HaShem, ton E.lohim, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée; et ton prochain comme toi-même. Tu as bien répondu, lui dit Yéshou'a, fais cela, et tu vivras » (Luc 10:25-28)

 

« Et tous les peuples de la Terre verront que le Nom d'HaShem est appelé sur toi, et ils te craindront » (Devarim/Deutéronome 28:10), cela se rapporte aux Téfilines.