דברים

Parashat Dévarim

 

Avec du tact !

 

Torah : Dévarim/Deutéronome 1:1 à 3:22

Haftarah : Yésha'yahou/Isaïe 1:1 à 27

 

Moshé va se voiler (mourir) et commence à réviser la Torah avec tout le peuple d'Israël. Tous les commandements vont être revus, l'histoire du peuple, les étapes qu'il a passé dans le désert, les batailles menées, etc.

 

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Voici les premiers mots qui débutent chacun des Livres de la Torah de Moïse :

 

בראשית pour la Genèse

ואלה pour l'Exode

ויקרא pour le Lévitique

וידבר pour les Nombres

אלה pour le Deutéronome

 

Rappelons qu'en hébreu, chaque lettre possède une valeur numérique (Aleph = 1, Bet = 2, etc). Si nous calculons la valeur numérique (encore appelée guématria) de chaque dernière lettre de ces mots, nous trouvons au total 611, qui est également la guématria du mot יראת, signifiant « la crainte de ».

 

De même, si nous calculons la guématria de chacune des premières lettres, nous trouvons un total de 21, correspondant au Nom Divin אהיה (Shémot/Exode 3:14).

 

La Torah annonce donc que son but est de craindre HaShem, comme il est dit : « Le début de la sagesse [la Torah] c'est la crainte d'Hashem » (Mishléi/Proverbes 9:10). Mais cette crainte doit être mariée à l'amour. Or, l'amour est résumé dans deux mitsvot/commandements spécifiques : tu aimeras HaShem ton E.lohim et tu aimeras ton prochain comme toi-même. Ces deux mitsvot rajoutées à la valeur numérique du terme « la crainte de » donne 613, nombre de commandements dans toute la Torah (Ba'al Hatourim).

 

De plus, cette crainte et cet amour doivent pénétrer le fond du cœur et ne pas rester extérieurs, « religieux », comme beaucoup de personnes qui se donnent une façade mais sont vides au-dedans d'elles. HaShem veut le cœur : la première lettre de la Torah est un ב bet, la dernière un ל lamed, formant le mot « lev », le cœur. Car « HaShem désire le coeur » (Sanhédrîn 106b).

 

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« Moshé commença à expliquer cette Torah » (Dévarim/Deutéronome 1:5)

 

Le Midrash enseigne que Moshé traduisit la Torah en 70 langues et l'expliqua. Lors de la Fête de Shavouôt, des langues de feu se sont posées sur les élèves du Roi Messie et ont parlé dans des langues étrangères, afin que les étrangers résidant à Jérusalem puissent comprendre les Paroles Divines dans leurs langues. De même, le Midrash nous enseigne que lors du don de la Torah, des langues de feu se sont posées sur les Israélites.

 

Le but d'Israël est de transmettre la Torah et la Connaissance Divine à toutes les Nations. Un homme ne doit pas garder sa Torah pour lui mais la partager autour de lui :

 

« Rabbi Yohanân ben Zaccaï reçut de Hillel et de Chammaï. Il avait coutume de dire : « Si tu as appris beaucoup de Torah, ne t’en fais pas l’éloge, car c’est dans ce but que tu as été créé » » (Pirké Avot 2:8)

 

« Rabbi Yichmaël ben Rabbi Yossé dit : « Celui qui étudie pour enseigner, la possibilité lui est donnée d’étudier et d’enseigner ; mais celui qui étudie pour pratiquer, possibilité lui est donnée d’étudier, d’enseigner, d’observer et de pratiquer » » (Pirké Avot 4:5)

 

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Deutéronome, en hébreu Dévarim, est également appelé Mishné Torah, la « répétition de l'Enseignement », car Moshé rappela au peuple, juste avant sa mort, les mitsvot à pratiquer. Au début de ce Livre, Moshé rappelle aux enfants d'Israël les différentes étapes par lesquelles ils sont passés, mais sans les détailler, et rappelle beaucoup de noms de lieux, sans spécifier ce qui s'y est réellement passé. En réalité, Moshé les critiquait sans les offenser, par simples allusions, afin de faire « passer le message » sur leur comportement sans leur faire honte publiquement.

 

« « Voici les Paroles » (Dévarim/Deutéronome 1:1) : Parce que ce sont des mots de reproches, et comme la Torah liste ici tous les endroits où ils mirent l'Omniprésent en colère, c'est pourquoi la Torah a dissimulé les faits et les mentionne par sous-entendus à cause de l'honneur d'Israël » (Sifré, Rachi)

 

De même, si une critique doit être faite à un membre de la communauté, elle le sera en toute discrétion, de façon respectueuse, pour aider et non pour éloigner. Cependant :

 

« S'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l'affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à la Communauté; et s'il refuse aussi d'écouter la Communauté, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel » (Matityahou/Mathieu 18:16-18)

 

Si, sur Terre, une communauté excommunie une personne, elle le deviendra également pour HaShem et le Tribunal Céleste, car dans les Cieux, l'on se plie aux décisions des hommes de D.ieu sur Terre !

 

Ce passage nous parle également de la façon dont le Créateur gère Sa relation avec nous : « Pour le sage, l'allusion suffit » (Midrash Shémouël 22:22). HaShem agit de la même façon avec nous : plus nous sommes proches de Lui, plus Il nous parlera de façon allusive. Au contraire, plus un homme est loin de Lui, et plus il lui faudra de grandes « claques » pour le faire réveiller de sa torpeur !

 

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« Il y a onze jours de puis le Horèv par le chemin de la montagne de Séir, jusqu'à Kadésh Barné'a » (Dévarim/Deutéronome 1:2)

 

« […] une distance de onze jours, que vous pouvez parcourir en trois jours ! […] Mais parce que vous avez mal agi, HaShem vous a fait tourner autour de la montagne de Séir durant quarante ans » (Rachi)

 

Il en va de même dans la vie de chacun, qui est jalonnée d'étapes et de divers lieux que nous devons traverser. Nos paroles et nos actions peuvent accélérer les bénédictions Divines ou au contraire les éloigner, et amener à la place la malédiction ! Peut-être que des paroles de défaites ou l'action de vol vous ont fait perdre le travail qu'HaShem voulait vous donner. À l'inverse, en donnant la tsédaqah, la charité aux pauvres, vous avez accélérez les bénédictions en votre faveur.

 

Le Talmud enseigne : « Tout est entre les mains du Ciel sauf la crainte du Ciel », c'est-à-dire que le Libre-arbitre est donné à l'homme, et tout dépend de lui. Car même ce que le Ciel vous donne (ce qui est entre ses mains) dépend, au final, de votre crainte, car bénédictions et malédictions viennent en fonction de votre comportement !

 

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« Je vous ai parlé à cette époque en disant » (Dévarim/Deutéronome 1:9)

 

« Que signifie « en disant » ? Moshé leur dit : ce n'est pas de moi-même que je vous parle mais d'après le Saint Béni Soit-Il » (Rachi)

 

De la même manière, dès que Yéshou'a a reçu l'âme messianique au Yardên (le Jourdain) lors de son immersion, c'est l'Esprit d'HaShem qui parla au travers sa gorge. Les paroles de Yéshou'a sont donc les Paroles d'HaShem Lui-même. Plus encore, ces paroles « existent » depuis les six Jours de la Création, car il est écrit :

 

« L'esprit d'E.lohim planait sur la face des eaux » (Béréshit/Genèse 1:2)

 

Et nos Maîtres nous enseignent qu'il s'agit de l'Esprit du Roi Messie. C'est pourquoi il pourra dire :

 

« Avant qu'Avraham fut je suis » (Yohanân/Jean 8:58)

 

Il s'agit de l'esprit messianique qui fut créé avant toute autre chose ! Car

 

« HaShem créé le remède avant le mal » (Talmud)

 

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« Je vous ai parlé mais vous n'avez pas écouté, vous vous êtes rebellés contre la Parole d'HaShem, vous avez mal agi intentionnellement et vous êtes montés vers la montagne. Est sorti l'émoréen, celui qui réside sur cette montagne, à votre encontre. Ils vous ont poursuivis comme le feraient les abeilles et vous ont frappés » (Dévarim/Deutéronome 1:43:44)

 

« « Comme le feraient les abeilles » : de même que cette abeille quand elle pique l'homme, de suite meurt, de même quand ils vous touchaient, ils mouraient immédiatement » (Rachi)

 

Ce Texte est très actuel : quand nous tournons le dos à HaShem et à Sa Parole, alors viennent ceux qui se tuent en nous tuant, les terroristes ! Si tout Israël faisait téshouvah (se repentait), nos ennemis disparaîtraient. Si nous écoutons Sa Voix, les terroristes n'auront plus aucune prise sur le Peuple ! Nous sommes tous responsables les uns des autres, car nous sommes une seule âme, un seul corps. Quand une personne fait une mitsvah, un commandement, elle attire la bénédiction sur chaque membre d'Israël, le Juif de naissance comme le Gentil greffé. À l'inverse, chaque péché commit apporte des conséquences sur l'ensemble du corps !

PDF Parasha Dévarim