חקת

Parashat Houqat

 

Vous reprendrez un peu de kabbale ?

 

Torah : Bamidbar/Nombres 19:1 à 22:1

              1er montée (rishôn) : (Bam/Nbr. 19:1-17)

             2ième montée (shéni) : (Bam/Nbr. 19:18-20:6)

             3ième montée (shlishi) : (Bam/Nbr. 20:7-13)

             4ième montée (révi'i) : (Bam/Nbr. 20:14-21)

             5ième montée (hamishi) : (Bam/Nbr. 20:22-21:9)

             6ième montée (shishi) : (Bam/Nbr. 21:10-20)

             7ième montée (shevi'i) : (Bam/Nbr. 21:21-22:1)

             Maftir : (Bam/Nbr. 21:34-22:1)

Haftarah : Shoftim/Juges 11:1-33

Torat Yeshou'a : Yohanân/Jean 3:1-21

HaShem donne au peuple d'Israël la loi la plus incompréhensible de toute la Torah : celle concernant la vache rousse. Ses cendres sont en effet capables de purifier un homme tout en rendant impur celui qui les manipulent ! Puis, la parasha continue en relatant la mort de Myriam, la sœur de Moshé, entraînant la disparition du puits qui abreuvait le peuple hébreu. Moshé se verra interdire l'accès à la Terre Promise, suite à une colère incontrôlée pour faire revenir ce fameux puits. Par la suite, ce sera au tour d'Aharôn de mourir par un "baiser Divin", avant qu'Israël ne fasse face aux serpents venimeux du désert, pour cause de son lashôn harâ (mauvaise langue).

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"Une vache rousse" (Bamidbar/Nombres 19:2)

"Cela ressemble au fils d’une servante qui aura souillé le palais du roi. Vienne sa mère nettoyer les immondices ! De même, vienne une vache pour faire expier la faute du veau d’or !" (Rachi)

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"Rousse" (Ibid.)

"Allusion à : « Si vos péchés sont comme le cramoisi… » (Yesha'yahou/Isaïe 1, 18). Le péché est symbolisé par la couleur rouge" (Rachi)

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"Myriâm y mourut" (Bamidbar/Nombres 20:1)

"Elle aussi mourut par baiser [divin]. Et pourquoi n’est-il pas écrit [comme pour Aharon] : « de la bouche de HaShem » ? Parce que ce n’aurait pas été convenable à l’égard de HaShem (Baba bathra 17a), tandis qu’il est écrit pour Aharon, dans la sidra Mass‘ei, [qu’il est mort] « de la bouche de HaShem » (infra 33, 38)" (Rachi)

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"Ce sont les eaux de la querelle" (Bamidbar/Nombres 20:13)

"Ce sont les mêmes que celles mentionnées ailleurs, à savoir celles qu’ont vues les astrologues de Pharaon et qui leur ont fait prédire que le sauveur d’Israël allait être frappé par l’eau. D’où la décision : « Tout fils l’engendré vous le jetterez vers le fleuve » (Chemoth 1, 22) (Shémot Rabbah, Sotah 12b, Sanhèdrîn 101b)" (Rachi)

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"Ils mordirent le peuple" (Bamidbar/Nombres 21:6)

"Que revienne le serpent qui a été puni pour avoir calomnié, et qu’il punisse ceux qui ont calomnié ! Que revienne le serpent pour qui tous les aliments ne possèdent qu’un seul goût, celui de la terre, et qu’il punisse les ingrats chez qui une seule nourriture prend des goûts multiples ! (Midrash Tân‘houma)" (Rachi)

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« Ceci est le décret [hoq] de la Torah » (Bamidbar/Nombres 19:2)

 

« Parce que le satân et les peuples du monde se moquent d'Israël en disant : « qu'est-ce que ce commandement et quelle en est la raison ? » C'est pourquoi la Torah écrit à son propos : « décret » [en hébreu un « hoq », une loi incompréhensible pour notre intelligence humaine], c'est une décision tranchée devant Moi, tu n'as pas la permission de réfléchir là-dessus » (Yoma 67b, Rachi)

 

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Cette parasha décrit le commandement de la parah adoumah, c'est-à-dire la vache rousse. L'on prenait un tel animal, sans défaut et n'ayant jamais porté le joug, on l'égorgeait puis on la brûlait. Ses cendres, mélangées à de l'eau, possédaient la capacité de purifier toute espèce d’impureté.

 

Expliquons ce passage selon une approche kabbalistique : dans une de ses lettres, Rabbi Shaoul (Paul) enseigne ceci :

 

« Nous, nous sommes Juifs de naissance, et non pécheurs d'entre les païens » (Lettre envoyée aux Galates 2:15)

 

Que signifie cette phrase ? Ne sommes-nous pas tous pécheurs par nature ? Oui en vérité, néanmoins, Rabbi Shaoul parle ici à un autre niveau : il parle de la source d'âme. Expliquons : dans le domaine spirituel, il existe différentes sources : la source de la pureté, la source de klipat noga (une source qui mélange le bien et le mal), et une source composée de trois klippot impures.

 

Une klippa (pluriel : klippot) est, littéralement, une « écorce », c'est-à-dire quelque chose qui fait obstacle à la dimension Divine. Prenons l'exemple d'un fruit à coque : le fruit c'est l'âme, la coque c'est une klippa, le Soleil et ses rayons sont HaShem. Les âmes d'Israël prennent leur source dans klippat noga, tandis que les âmes des Nations proviennent des trois klippot totalement impures. C'est comme si l'âme Juive n'était entourée que d'une coque, tandis que celle d'un Gentil de plusieurs, tellement qu'il est totalement fermé à toute révélation Divine.

 

Selon cette explication, nous comprenons ce qu'a voulu dire Rabbi Shaoul : nous, Juif, avons comme source klippat noga, notre âme est donc enracinée naturellement dans la Divinité.

 

Rabbi Shaoul dira également ceci :

 

« Mais maintenant, en Yéshou'a le Messie, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang du Messie. Car il est notre paix, lui qui des deux n'en a fait qu'un, et qui a renversé le mur de séparation, l'inimitié, ayant supprimé par sa chair la torah des ordonnances dans ses décrets, afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix, et de les réconcilier, l'un et l'autre en un seul corps, avec HaShem à travers le bois, en détruisant par elle la haine. Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient près; car par lui nous avons les uns et les autres accès auprès du Père, dans un même Esprit. Ainsi donc, vous n'êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors; mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison d'HaShem » (Lettre envoyée aux Éphésiens, 2:13-19)

 

Le Messie enseigne (Matityahou/Matthieu 5) que jamais la Torah ne sera abolie, et ici Rabbi Shaoul dirait le contraire ? Bien sûr que non, nous devons comprendre selon le contexte et selon le mode de pensée d'un Rabbi : il est dit : « il a supprimé, dans sa chair, la torah des ordonnances dans ses décrets ». Nous l'avons déjà dit, Torah signifie « enseignement, mode d'emploi » et non « loi ». Le Rabbi dit ici que le Messie, par sa mort, a supprimé l'enseignement des ordonnances dans ses décrets, donc ce qui a été effacé ce sont les conséquences des décrets, c'est-à-dire que dans la Torah de Moshé, il existe des enseignements qui prennent leur source dans certains décrets, et ce sont ces enseignements qui ont été cloués au bois, car ce qui fait la force du décret a disparu dans le Messie.

 

En hébreu, un décret se dit חק hoq, comme cela a déjà été dit. La vache rousse, sujet de notre parasha, est un décret, un hoq, qui purifie tous ceux qui ont été en contact avec un mort, la plus grande de toutes les impuretés. Or, un Gentil possède une âme enracinée, nous l'avons vu, dans les trois klippot totalement impures. Il est donc spirituellement mort.

 

Quel est le but de la vache rousse ? Par sa mort, qui avait lieu à l'extérieur du camp d'Israël, elle est capable de briser les trois klippot impures, chose tout à fait impossible pour tous les autres sacrifices offerts au Temple, et de purifier « l'impurifiable », si nous pouvons dire ainsi ! Or, nos Maîtres nous enseignent quelque chose de fabuleux :

 

« Pourquoi est juxtaposée la section de la mort de Myriam à la section de la vache rousse ? Pour te dire : de même que les sacrifices apportent l'expiation, de même la mort des Justes apporte l'expiation » (Talmud Moèd Qatân 28a) !

 

Aucun sacrifice offert au Temple n'était capable de racheter les fautes volontaires et de purifier ce qui ne peut l'être. Sauf...la vache rousse et la mort d'un Juste. Car un sacrifice offert au Temple ne pouvait que racheter une faute dont les conséquences se trouvaient dans klippat noga (domaine spirituel où se mélangent le bien et le mal) tandis que la vache rousse et le Juste peuvent racheter, par leur mort, même les péchés qui prennent racines dans les trois klippot totalement impures !

 

Et donc, Yéshou'a, en mourant sur le bois, réunit en lui la dimension du Tsadik, du Juste par excellence, mais également de la vache rousse car lui n'ont plus n'a pas porté le joug du péché, a été offert à l'extérieur de la Ville (sur le golgoltha), et est sans défaut ! Il peut ainsi briser les forces contenues dans les trois klippot totalement impures et libérer les âmes des Gentils qui y sont emprisonnées, et donc le mur de séparation aboli, ce n'est évidemment pas la Torah et ses mitsvot, mais, comme il le dit, le décret et ses ordonnances qui mettaient une séparation entre le Juif de klippat noga et le Gentil des trois klippot impures.

 

Et quand Yéshou'a reviendra, il détruira également klippat noga et ne restera que le domaine totalement pur, saint !

 

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« Myriam mourut […] Il n'y avait pas d'eau » (Bamidbar/Nombres 20:1-2)

 

« Durant ses pérégrinations dans le désert, Israël se vit octroyer la manne par le mérite de Moshé, les colonnes de nuées par le mérite d'Aharôn et l'eau par le mérite de Myriam » (Vayiqra Rabbah, 27:6)

 

L'eau disparut donc au moment de la mort de Myriam. Il s'agit du célèbre « Puits de Myriam ». Ce puits, qui était un rocher donnant de l'eau, suivait le peuple d'Israël partout dans le désert pour l'abreuver (Taanit 9a).

 

De même que Myriam donna l'eau du rocher à boire par son mérite au peuple, de même Myriam donnera Yéshou'a au monde au travers lequel nous pouvons boire à la Torah du Maître du monde. Car, ce rocher, c'était également la rouah, l'esprit du Roi Messie, qui a été créé avant la fondation du monde (l'esprit messianique et non son porteur, Yéshou'a en l’occurrence) (voir Première Lettre envoyée aux Corinthiens 10:4).

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Le mot "Donc" en hébreu (lakhèn, Bamidbar 20:12) est de guématria 100, comme l'expression "Mesure pour mesure". Comme Moshé et Aharôn n'ont pas sanctifié le Nom Divin en parlant au rocher, en contrepartie, ils ne pourront donc pas Le sanctifier en terre d'Israël.

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La guématria de "Ils virent" (Bamidbar 20:29) est égale à celle de "Dans les nuages", soit 223, car les nuées de gloire n'étaient présentes que par le mérite d'Aharôn (elles sont cependant revenues par le mérite de Moshé, tout comme le puits de Myriâm).

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Le Ba'al Hatourim note que le peuple fut puni par la plaie des serpents, car ils firent du lashôn harâ sur la manne, comme le serpent en fit au sujet du Créateur dans le Gan 'Eden.

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Nos Maîtres rapportent que le puits de Myriâm existe toujours, jusqu'à aujourd'hui, et se trouverait dans le lac de Galil. En se plaçant à un certain endroit, il serait possible de le voir. D'ailleurs, plusieurs de nos Maîtres ont bu boire de son eau pure, comme le Ari zal !

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Le Midrash rapporte, au sujet du serpent : "Il ne lui avait pas été dit de le faire en airain, mais Moshé pensa : 'HaShem l'a appelé serpent (na'hash), moi je le ferai en airain (né'hoshet), les termes se ressemblant'" (Béréshit Rabbah 31). Dans Torat Yeshou'a, le Messie rapporte à Nakdimôn que de même que le serpent a été élevé dans le désert, de même le sera le bèn Adâm (qui est mort en étant pendu au pieu). "Messie" en hébreu possède d'ailleurs la même valeur numérique que "serpent" !

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Le Zohar nous apprend que quand les Israélites voyaient le serpent, on priait HaShem, car aussi longtemps que le fils voit le bâton avec lequel le père a frappé, il a peur. De même pour le serpent, il en a peur. Et toujours dans le même ordre d'idée, quand un homme voit les souffrances qui atteignent le Roi Messie Yeshou'a, il doit prendre peur, en sachant que ces souffrances lui reviennent, s'il ne fait pas téshouvah !

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Un grand nombre de mitsvot ne peuvent s'explique logiquement (d'ailleurs, même celles qui peuvent être comprises nous ont aussi été données pour des raisons inconnues à notre raison humaine), comme la vache rousse, l'interdit de mélange lin et laine, lait et viande, porter des Téfilines, manger kasher, etc. Et toutes ces mitsvot sont ainsi pointées du doigt par le satân et ceux qui refusent la Torah de Moshé. L'homme devra donc se renforcer dans leur étude et leur accomplissement, sachant que rien de ce que demande le Saint Béni Soit-Il n'est vain, et que les véritables raisons nous seront données dans l'ère qui vient.

Nous attirons nos malheurs par nos propres paroles. Garder sa bouche, c'est se garder de bien des tourments !