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כי תבוא

Parashat Ki Tavo

 

La mitsvah sans malédiction

 

Torah : Dévarim/Deutéronome 26:1 à 29:8

             1er montée (rishôn) : (Dev/Deut. 26:1-11)

             2ième montée (shéni) : (Dev/Deut. 26:12-15)

             3ième montée (shlishi) : (Dev/Deut. 26:16-19)

             4ième montée (révi'i) : (Dev/Deut. 27:1-10)

             5ième montée (hamishi) : (Dev/Deut. 27:11-28:6)

             6ième montée (shishi) : (Dev/Deut. 28:7-69)

             7ième montée (shevi'i) : (Dev/Deut. 29:1-8)

             Maftir : (Dev/Deut. 29:6-8)

Haftarah : Yésha'yahou/Isaïe 60:1-22

Torat Yeshou'a : Lettre de Ya'aqov/Jacques, chapitre 1

 

Cette parasha détaille toutes les bénédictions et malédictions qui surviendront sur le peuple d'Israël, en fonction de son obéissance à la Torah d'HaShem. Elle traite également des offrandes des fruits de la Terre.

 

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"Des prémices" (Devarim/Deutéronome 26:2)

"Et non toutes les prémices (Mena‘hot 84b). Car tous les fruits ne sont pas astreints [au prélèvement] des bikourim, si ce n’est les « sept espèces » exclusivement. Il est écrit ici : « pays », et il est écrit ailleurs : « un “pays” de froment et d’orge, etc. » (supra 8, 8). De même qu’il s’agit là-bas des sept espèces dont se glorifie Erets Yisrael, de même s’agit-il ici de la renommée d’Erets Israel, à savoir les « sept espèces » (Mena‘hot ibid.). « L’olivier à huile », c’est l’olivier agouri, celui dont l’huile s’y trouve accumulée (Berakhot 39a). Le « miel », c’est le miel de dattes" (Rachi)

"Quelqu’un descend dans son champ et y aperçoit une figue [mûre] formant prémices. Il l’entoure d’un signe distinctif constitué par un brin d’osier et il dit : « Voici des bikourim ! »" (Ibid.)

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"Tu te réjouiras avec tout le bien" (Devarim/Deutéronome 26:11)

"D’où l’on a enseigné que l’on ne récite la formule sur les bikourim qu’en temps de joie, entre Shavou‘ot et Soukot, période pendant laquelle on réunit sa récolte, ses fruits, son vin et son huile (Pessa‘him 36b). Tandis qu’après Soukot, on peut apporter [ses bikourim], mais sans réciter la formule" (Rachi)

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"Bien clairement" (Devarim/Deutéronome 27:8)

"En soixante-dix langues (Sota 32a)" (Rachi)

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"Et les troupeaux de tes moutons" (Devarim/Deutéronome 28:4)

"Comme le rend le Targoum Onqelos : « les troupeaux de ton menu bétail ». Et nos maîtres ont enseigné : Pourquoi les appelle-t-on ‘achteroth ? Parce qu’ils enrichissent (me‘achiroth) leurs maîtres et les rendent aussi forts que des ‘achteroth, qui sont des rochers solides (‘Houlin 84b)" (Rachi)

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"Vous êtes arrivés à cet endroit" (Devarim/Deutéronome 29:6)

"« Et Hachem ne vous a pas donné un cœur pour connaître » (verset 3) – aucun homme ne peut pénétrer à fond l’esprit de son maître ni la sagesse de son enseignement avant quarante ans [de présence à ses côtés] (‘Avoda zarah 5b). C’est pourquoi Hachem n’a pas été pointilleux à votre égard jusqu’à ce jour, mais il le sera désormais, et donc « vous garderez les paroles de cette alliance-là, etc. »" (Rachi)

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« Tu prendras des prémices de tous les fruits que tu retireras du sol dans le pays qu'HaShem ton E.lohim te donne, tu les mettras dans une corbeille, et tu iras au lieu que choisira HaShem ton E.lohim pour y faire résider Son Nom » (Dévarim/Deutéronome 26:2)

 

Nous devons prendre les prémices des sept fruits qui font la gloire de la Terre d'Israël (blé, orge, raisin, figue, grenade, olives, dattes. Le Ba'al Hatourim note que la valeur numérique en hébreu du mot ולקחת « vélaqahta », « vous prendrez », est de 544, égale à celle de l'expression בשבעה המינין « Les sept espèces » !) et les donner aux Cohanim. En faisant cela, nous attirons la brakha, la bénédiction d'HaShem sur nos vies.

 

Chaque fois que nous donnons à HaShem de notre temps, de notre argent, de nos biens, de nos talents, etc, Il nous rend au centuple ! Pourquoi s'en priver ? Par exemple, sachons donner chaque jour une partie de notre temps pour l'étude de la Parole et la prière, et nous recevrons en retour.

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« Maudit soit l'homme... » (Dévarim/Deutéronome 27)

 

Au moment de rentrer dans la Terre, Israël se liera par des bénédictions et des malédictions. Ainsi, celui qui n'obéirait pas à la Torah serait maudit. Mais aujourd'hui, Yéshou'a est venu, non pour supprimer les mitsvot, les commandements, mais pour ôter la malédiction qui découle du non-respect de celles-ci. Cela signifie-t-il que chacun puisse agir comme bon lui semble ? Non bien sûr, mais que s'il y a transgression de la Torah (ce qui est inévitable dans la vie de sanctification car nul n'est parfait), si une personne adhère à Yéshou'a le Tsadik et Messie, elle ne sera pas atteinte par cette malédiction, et c'est le sens de :

 

« Nous ne sommes pas sous [la malédiction de] la Torah, mais sous [la protection qui est] la bonté [du Messie] » (Lettre envoyée aux Romains, 6:15)

 

Les permissions et interdictions demeurent, mais l'essence de la Torah étant inscrite en nous par l'esprit du Roi Messie, nous avons la possibilité de l'accomplir et de la vivre, en étant conduit par lui, nous évitant les conséquences désastreuses d'un non respect de l'Alliance.

 

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« Si tu obéis à la Voix d'HaShem ton E.lohim, pour garder, pour faire tous Ses commandements que Je te prescris aujourd'hui […] voici les bénédictions qui viendront sur toi » (Dévarim/Deutéronome 28:1-2)

 

« Si tu obéis à la Voix » : c'est suivre Son Esprit qui habite en nous en étant à Son écoute

« Pour garder » : c'est l'étude de la Torah

« Pour faire » : c'est la pratique

 

Écouter, étudier et pratiquer, c'est le seul chemin vers les bénédictions !

 

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« Tous les peuples verront que le Nom d'HaShem est appelé sur toi, et ils te craindront » (Dévarim/Deutéronome 28:10)

 

Ce verset fait référence aux Téfilines. En effet, l'expression en hébreu « Le Nom d'HaShem est appelé » s'écrit שם יהוה נקרא, et en prenant chaque première lettre nous obtenons שין, le nom d'une lettre hébraïque, le ש Shin, qui se trouve gravée sur tous les Téfilines depuis l'époque de Moshé !

 

Plus encore, la valeur numérique de cette lettre est de 300, ce qui correspond à la guématria du Tétragramme selon son écriture en « At-Bach » (La première lettre s'échange avec la dernière de l'alphabet, la deuxième avec l'avant-dernière, etc) car l'homme sanctifié qui porte les Téfilines représente le « miroir » d'HaShem dans ce monde, ce qui fait fuir tous ses ennemis...

 

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« L'étranger qui est au milieu de toi s'élèvera toujours plus au-dessus de toi, tandis que toi tu descendras toujours plus bas » (Dévarim/Deutéronome 28:43)

 

En hébreu, l'expression « toujours plus bas », soit מטה מטה, possède une valeur numérique de 108, égale à celle de Géhenne, גיהנם. Une allusion à ce passage est rapportée ici par Yéshou'a :

 

« Or, je vous déclare que plusieurs viendront de l'orient et de l'occident, et seront à table avec Avraham, Yitshaq et Ya'aqov, dans le Royaume des cieux. Mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Matityahou/Mathieu 8:11-12)

 

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« Toutes ces malédictions surviendront […] pour n'avoir pas servi HaShem ton E.lohim avec joie de bon cœur » (Dévarim/Deutéronome 28:47)

 

La racine des fautes, et donc des malédictions est « tout simplement »...le manque de joie. En effet, HaShem te donne tout et tu continues de maugréer ? Non seulement, Il t'enlèvera alors tes bénédictions, mais même ce que tu possèdes « de base » !

Le remerciement, la louange, la foi, sont non seulement la base de la vie avec HaShem car « en sa foi, le tsadik vit » mais ce qui déclenche les bénédictions, car cela amène à vouloir vivre avec la Parole.

 

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La dernière de toutes les malédictions est celle-ci : « Et HaShem te ramènera sur des navires en Égypte » (Dévarim/Deutéronome 28:68). Après toutes les malédictions prononcées plus terribles les unes que les autres, on se serait attendu à « pire » ! En réalité, il s'agit ici du summum des conséquences. Car en hébreu, Égypte se dit Mitsraïm, ce qui signifie « étroitesse, limite ». Et la première des Dix Paroles est : « Je t'ai sorti du pays d’Égypte ». Le but de la Torah est de faire de nous des hommes totalement libres, à tous les niveaux (physique, moral, physiologique et spirituel).

HaShem a créé l'homme pour qu'il soit libre, heureux, et vive éternellement. Retourner dans nos Égypte, cela signifie retourner dans nos esclavages, notre perdition, notre mort.

 

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« Et il n'y aura personne pour vous acheter » (Dévarim/Deutéronome 28:68)

 

Ainsi se termine la longue liste de malédictions : à cause des transgressions de la Torah, personne pour nous acheter. Mais en réalité, si ! Car il y a ici une allusion : si vous passez dans l'Alliance renouvelée dans le sang du Messie Yéshou'a, il rachète votre âme des transgressions de la Torah qui vous ont conduit en Égypte, en Mitsraïm. Rien ne peut rectifier une âme des transgressions qui sont trop nombreuses, sauf le Libérateur !

 

« En Ton Yéshou'a J'espère ! » (Béréshit/Genèse 49:18)

PDF Ki Tavo

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Au sujet du verset : "Tu te réjouiras avec tout le bien" (Devarim 26:11), le Ba'al Hatourim fait remarquer que la guématria de hatov, "le bien", est de 22, pour nous signifier que nous nous réjouissons par le mérite de la Torah qui a été données avec les 22 lettres de l'alphabet hébraïque.

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La valeur numérique des premières lettres de l'expression "Tu auras fini de prélever toutes les dîmes" (26:12) est de 491, égale à la guématria de l'expression : "Pour la fête de Pessa'h" (Ibid.)

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L'expression "Plus bas, plus bas" (28:43) possède une guématria de 108, égale à celle de "guey-hinnom" (ibid.)

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La guématria de la phrase : "HaShem te fera retourner" (28:68) est égale à celle de l'expression : "Voici, c'est aux jours de Yirmeyah", soit 369 (ibid.)

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"Quiconque écoute la voix de la Torah en ce monde aura le privilège d'entendre la voix dont il est écrit : "Les cris de joie et d'allégresse, le chant du fiancé et de la fiancée" (Yirmeyahou 16:9). Moshé dit à Israël : "Puisque quiconque écoute la voix de la Torah est à ce point exalté dans les deux mondes, hâte-toi d'écouter les paroles de la Torah !" (Devarim Rabbah 7:1)

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"Heureux l'homme pour qui le temps de la mort est comme le temps de la naissance ! Tout comme au temps de sa naissance il est vierge de péchés, de même au temps de sa mort il est vierge de péchés !" (Ibid.7:5)

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"HaShem dit à Israël : quand vous appelez-vous Mes enfants ? Quand vous accueillez Mes paroles [...] Si vous voulez être reconnus comme Mes enfants, absorbez-vous dans la Torah et dans les mitsvot, ainsi tous verront que vous êtes Mes enfants" (Ibid. 7:9)

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Au sujet du verset qui demande d'être en joie (Devarim 28:47), il est dit : "Comment est-il concevable que le pécheur, pour qui on offre le sacrifice, soit dans un état de joie, alors qu'il a transgressé la Volonté Divine et se tient devant HaShem le cœur contrit et pleins de remords ? L'ambiance de joie est créée autour de lui par les cohanim et les léviim. Il est dit, en effet, dans le Téhilim 102 : "Adorez HaShem avec joie, présentez-vous devant Lui avec des chants d'allégresse". Mais que dirons-nous de nos jours, où les sacrifices n'existent plus ? Certes, celui qui a péché est devant HaShem avec un cœur lourd de regrets. Où est alors la joie ? Il la trouvera dans le fond de son cœur en glorifiant HaShem et en approfondissant encore la peine qu'il se donne pour la Torah [...] On dit qu'il faut servir HaShem avec joie et avec chants d'allégresse. Mais un homme, qui n'a pas de joie dans son cœur, et qui prie HaShem dans la détresse et le souci, comment peut-il prier HaShem ? N'est-il pas mieux de ne pas prier ?

Le Talmud dit que si toutes les portes sont fermées, celle des larmes reste ouverte. Si l'homme verse des larmes à cause de sa situation misérable, il peut être assuré que la Shékhinah souffre avec lui. Ainsi, cet homme peut être certain que toutes les légions du ciel accueilleront sa téfilah avec grâce et émotion, et interviendront pour son exaucement devant le Trône divin, de sorte que sa téfilah le mènera à la joie et se transformera en un chant d'allégresse" (Zohar, "La Voix de la Thora, Ki Tavo").

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Dans cette parasha, nous trouvons les mitsvot du ma'asser (la dîme), et de l'obligation de marcher dans les Voies Divines afin de ressembler au Père.

La Torah nous parle ici de toutes les terribles malédictions qui vont s'abattre sur les Bnéi Israël, pour avoir lâcher la Torah, et plus particulièrement pour le manque de joie dans les mitsvot et l'étude. Il est très dur de rester joyeux dans ce monde, avec toutes les épreuves que l'on connaît, cependant, c'est une mitsvah de l'être, et il faut y travailler en permanence. Le Ari zal, grand Maître kabbalistique, a atteint ses hauts niveaux spirituels grâce à la joie qu'il mettait dans la Torah et les mitsvot. D'autres Maîtres disent également que la joie permet de guérir toutes les maladies de l'âme et du corps, littéralement.