שלח לך

Parashat Shélakh Lékha

 

Bonne ou mauvaise bouche ?

 

Torah : Bamidbar/Nombres 13:1 à 15 :41

Haftarah : Yéhoshou'a/Josué 2:1-24

Moshé envoie des explorateurs, princes des Tribus, pour explorer la Terre Promise. Après un périple de quarante jours, ces-derniers reviennent avec un rapport négatifs, décourageant le peuple d'Israël. Seuls Yéhoshou'a et Calev s'appuient sur leur E.lohim pour partir victorieux à la conquête de ce pays. En conséquence de leur médisance, les explorateurs sont frappés d'une plaie, et le peuple doit errer quarante ans dans le désert, pour faire le tikoun, la réparation de cette faute, soit une année par jour d'exploration. La Torah rapporte ensuite des lois concernant les korbanot ("sacrifices") puis termine sur la mitsvah des tsitsit, franges avec un fil bleu que l'on attache aux quatre coins de nos vêtements.

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« Envoie pour toi des hommes » (Bamidbar/Nombres 13:2)

 

Rachi : « Pourquoi est juxtaposée la section des explorateurs à la section de Myriam ? Parce qu'elle a été frappée à propos de paroles, qu'elle avait prononcées à propos de son frère mais ces explorateurs ont vu son châtiment et n'en ont pas tiré de leçon » (Midrash Tânhouma)

 

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« Moshéh donna à Hoshé'a, fils de Noun, le nom de Yéhoshou'a » (Bamidbar/Nombres 13:16)

 

Pourquoi Moshéh a-t-il changé le nom de Josué en lui rajoutant une lettre (le י youd en hébreu) ? En changeant son nom, il lui a insufflé une énergie positive spirituelle, permettant à Hashem de le sauver du complot des explorateurs (Sotah 34b).

 

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« Ils furent de retour de l'exploration du pays au bout de quarante jours » (Bamidbar/Nombres 13:25)

 

Le nombre 40 revient souvent dans la Torah : les 40 jours que Moshéh passa sur le Sinaï, les 40 jours de pluie du déluge, les 40 années de pérégrination des Israélites dans le désert, les 40 jours de Yéshou'a dans le désert, le Talmud considère un fœtus comme vivant à partir du quarantième jour, etc.

 

Selon les Maîtres, il est bon de prier 40 jours d'affilés pour quelque chose en particulier, car les chances d'être exaucé sont multipliées ! Certains, en plus de leur requête chaque jour, lise, chaque jour, le Pérek Chira (le Chapitre de la Création, écrit par les Rois David et Salomon), ou le Shir HaShirim/Cantique des cantiques, etc.

 

Pourquoi 40 ? Car il s'agit, entre autres, du nombre symbolisant une renaissance, ou un renouveau dans une vie, un peu comme une nouvelle naissance. D'ailleurs, c'est ce qu'a vécu Yéshou'a dans le désert : après avoir reçu l'âme messianique au Yardên/Jourdain, il est parti 40 jours dans le désert en jeûnant, pour laisser le temps à cette nouvelle partie d'âme de s'intégrer, s'incorporer parfaitement avec son être.

 

Essayez, vous avez tout à gagner et rien à perdre !

 

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« Et là-bas nous avons vu les néfilim » (Bamidbar/Nombres 13:33)

 

« Il s'agit des géants parmi les fils de Chamhazaï et Azaël, qui tombèrent du ciel lors de la génération d'Enosh » (Rachi). Il est fait allusion ici à la chute de deux messagers célestes ou anges, qui se prostituèrent aux filles des hommes et engendrèrent des enfants possédant des forces surhumaines.

 

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« Nous étions à nos yeux et aux leurs comme des sauterelles » (Bamidbar/Nombres 13:33)

 

En parlant ainsi, les explorateurs ont insufflé de la force à leurs ennemis, et effectivement, ils sont devenus faibles devant eux. D'ailleurs, E.lohim dira quelque chose de terrible juste après :

 

« Je Vis ! Dit HaShem, Je ferai ainsi que vous avez parlé à Mes Oreilles » (14:28)

 

HaShem agit envers chacun d'entre nous selon nos propres paroles. Si nous nous croyons faibles, sans forces, idiots, maladroits, incapables, alors HaShem agit selon les confessions de nos bouches, et nous devenons cela effectivement ! Si nous disons des paroles comme celles-ci : « je préférerai être mort ! », nous invitons en vérité l'esprit de mort chez nous ! Notre parole a beaucoup de puissance, et il n'y a rien d’extraordinaire à cela car nous sommes créés sur l'image d'E.lohim. Sa Parole est créatrice, la nôtre également. Il ne s'agit donc pas de répéter des phrases positives toutes faites comme un petit religieux, mais de confesser la Parole, les promesses et des choses positives avec émounah, avec foi.

 

C'est très dur, car notre nature revient au galop, il faut cependant y retravailler constamment !

 

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« Qu'ils se fassent un tsitsit au bord de leur vêtement, et qu'il mettent un fil bleu sur ce tsitsit du bord de leur vêtement » (Bamidbar/Nombres 15:38)

 

Les tsitsiyot (tsitsit au singulier) sont des franges qui se portent, pour les hommes, aux quatre coins de leur vêtement, qui s'appelle un talith. C'est une mitsvah/commandement très important. Yéshou'a, bien évidemment, les portaient lui-même :

 

« Une femme qui souffrait d'hémorragies depuis douze ans l'approcha par derrière et toucha le tsitsit de son vêtement [son talith] » (Matityahou/Mathieu 9:20)

 

La valeur numérique du mot tsitsit est égale à 600. En y additionnant les 5 nœuds et huit fils, nous obtenons 613, nombre de commandements de la Torah, et il est dit : « vous vous souviendrez de tous Mes commandements » (15:39) !

 

Le mot tsitsit se retrouve également ici :

 

« Il m'a pris par les tsitsit de ma tête » (hézqèl/Ézéchiel 8:3)

 

De là nous apprenons que le prophète Ézéchiel avait des tresses sur la tête, comme le prophète Shmouël/Samuel et le nazir Shimshôn/Samson.