תזריע מצורע

Parashat Tazria-Métsora

 

Apprendre à la fermer !

 

Torah : Vayiqra/Lévitique 12:1 à 15:33

             1er montée (rishôn) : (Vay/Lév. 12:1-13:5)

             2ième montée (shéni) : (Vay/Lév. 13:6-17)

             3ième montée (shlishi) : (Vay/Lév. 13:18-23)

             4ième montée (révi'i) : (Vay/Lév. 13:24-28)

             5ième montée (hamishi) : (Vay/Lév. 13:29-39)

             6ième montée (shishi) : (Vay/Lév. 13:40-54)

             7ième montée (shevi'i) : (Vay/Lév. 13:55-59)

             Maftir : (Vay/Lév. 13:57-59)

Parasha couplée avec la suivante, Metsor'a:

             1er montée (rishôn) : (Vay/Lév. 12:1-13:23)

             2ième montée (shéni) : (Vay/Lév. 13:24-39)

             3ième montée (shlishi) : (Vay/Lév. 13:40-54)

             4ième montée (révi'i) : (Vay/Lév. 13:55-14:20)

             5ième montée (hamishi) : (Vay/Lév. 14:21-32)

             6ième montée (shishi) : (Vay/Lév. 14:33-15:15)

             7ième montée (shevi'i) : (Vay/Lév. 15:16-33)

             Maftir : (Vay/Lév. 15:31-33)

Haftarah : II Mélakhim/2 Rois 7:3-20

Torat Yeshou'a : Matityahou/Mathieu 8:1-4, Loucas/Luc:17-11-19

Une femme qui enfant d'un garçon ou d'une fille doit se purifier puis offrir des korbanot. La suite de cette parasha traite de l'apparition de tâches sur un individu, un vêtement ou un objet, et quel doit être le tikoun, la réparation de cette anomalie, qui ne peut être fait que par un Cohen.

La deuxième parasha décrit ce tikoun en question, pour l'homme comme pour l'objet telle une maison. La section se termine en mentionnant différentes causes "d'impureté", de toumah (semence de l'homme, sang de la femme...).

 

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"Quand une femme conçoit" (Vayiqra/Lévitique 12:2)

"De même que la création de l’homme a eu lieu, dans l’œuvre de la Genèse, après celle des behémoth, des ‘hayoth (« animaux sauvages ») et des oiseaux (Beréshit 1, 26), de même la loi qui le réglemente est-elle formulée après celle relative aux ‘hayoth, aux behémoth et aux oiseaux (Vayiqra Rabbah 14:1)" (Rachi)

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"A Aharôn" (Vayiqra/Lévitique 13:2)

"C'est un décret de l'Ecriture, selon laquelle une affection ne peut être déclarée pure ou impure que de la bouche d’un cohen (Torat cohanim)" (Rachi)

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"De la chair vivante" (Vayiqra/Lévitique 13:14)

"S’il se développe de la « chair vive ». On a déjà expliqué (verset 10) que la mi‘hya (« chair vive ») est un symptôme d’impureté. Le texte le répète ici pour nous indiquer ceci : Lorsque l’affection se manifeste sur l’une des vingt-quatre extrémités des membres, on ne la déclare pas impure en tant que « chair vive ». Cette affection, en effet, ne se présente pas entièrement comme un tout puisqu’elle déborde le long du membre, de part et d’autre. Il arrive que l’extrémité du membre en question, en s’épaississant et grossissant, finisse par présenter une surface épaisse et plane dans laquelle apparaît la « chair vive ». Le texte vient ici nous apprendre qu’elle est impure" (Rachi)

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"Purs" (Vayiqra/Lévitique 14:4)

"À l’exclusion d’oiseaux impurs. Étant donné que les affections sont engendrées par la médisance, qui constitue la conséquence du bavardage, le texte a imposé pour sa purification des oiseaux qui passent leur temps à caqueter en babillant (‘Arkhin 16b)" (Rachi)

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"Le Cohen viendra" (Vayiqra/Lévitique 14:44)

"J’aurais pu penser que l’affection récurrente ne fût impure que si elle a réalisé une « progression » (pichyon). Aussi est-il écrit : « l’affection a progressé » à propos des maisons, et : « l’affection a progressé » à propos des vêtements (supra 13, 52), ce qui veut dire : De même que, dans ce dernier cas, la réapparition est déclarée impure même si elle n’a pas progressé, de même ici la réapparition est-elle déclarée impure même si elle n’a pas progressé. Dans ce cas, que veut dire : « et voici que l’affection a progressé » ? La place de ce verset n’est pas ici, mais les mots : « il démolira la maison » (verset 45) auraient dû figurer après : « et si l’affection revient » (verset 43). Quant aux mots : « il verra, et voici que l’affection… », ils viennent enseigner le cas de l’affection ayant conservé son aspect pendant la première semaine, et où le cohen vient à la fin de la deuxième semaine et découvre qu’elle a progressé. Le texte n’avait rien spécifié ci-dessus pour le cas où l’affection aurait conservé son aspect pendant la première semaine. Il t’est donc enseigné ici, à propos de cette « progression » (pichyon), que l’on n’en parle que lorsque l’affection était stationnaire la première semaine et a progressé la seconde.

Et que doit-on lui faire ? J’aurais pu penser qu’il fallût détruire la maison, comme indiqué : « on détruira la maison » (verset 45). Aussi est-il écrit : « le cohen retournera le septième jour » (verset 39) et : « le cohen viendra » (verset 44). Nous déduisons la « venue » du « retour » : De même qu’au « retour », on retire les pierres, on gratte, on crépit la maison et on lui donne une semaine, de même à la « venue » retire-t-on les pierres, gratte-t-on, crépit-on la maison et lui donne-t-on une semaine. Si l’affection revient, on démolit, et si elle ne revient pas elle est pure (Torat cohanim). Et d’où sait-on que si elle est demeurée stationnaire, dans un cas comme dans l’autre, on retire, on gratte, on crépit et l’on donne une [troisième] semaine ? C’est parce qu’il est écrit : « et si venir, le cohen viendra… » (verset 48). De quoi s’agit-il ? Si l’affection a progressé après la première semaine, cela a déjà été dit ! Si elle a progressé après la deuxième semaine, cela a déjà été dit ! C’est pourquoi les mots : « et si venir, le cohen viendra… » ne s’appliquent que dans le cas où il vient une première fois à la fin de la première semaine et une seconde fois à la fin de la deuxième, et « il verra, et voici que l’affection n’a pas progressé » (verset 48). Que faut-il faire dans ce cas stationnaire ? J’aurais pu penser qu’il prît congé et qu’il s’en allât, comme il est écrit ici : « il purifiera la maison » (ibid.). Aussi est-il écrit : « car l’affection est guérie ». Je ne déclare pur que ce qui est guéri. Et que faut-il faire alors ? Le texte parle plus haut (verset 44) de « venue », et plus bas (verset 48) de « venue », ce qui veut dire : De même que, plus haut, on retire les pierres, on gratte, on crépit la maison et on lui donne une semaine – car comme on raisonne pour le « retour », ainsi raisonne-t-on pour la venue – de même, plus bas… comme mentionné dans Torat cohanim.

Voici la conclusion de la chose : Il n’y a lieu à démolition que pour une affection qui est revenue après qu’on a retiré les pierres, gratté et crépi, et cette affection récurrente n’a pas besoin d’avoir progressé. Et l’ordre des versets est le suivant : « et si l’affection revient… » (verset 43), « il démolira la maison » (verset 45), « et celui qui vient vers la maison » (verset 46), « et celui qui mange dans la maison » (verset 47), « le cohen viendra, il verra, et voici que l’affection a progressé » (verset 44). Le texte parle d’une affection stationnaire la première semaine, à qui on avait donné une seconde semaine en fermant la maison. À la fin de la deuxième semaine de fermeture, le cohen vient et constate qu’elle a progressé. Que devra-t-on lui faire ? On retirera les pierres, on grattera, on crépira et on lui donnera une semaine. Si l’affection revient, on démolira. Si elle ne revient pas, on présentera les oiseaux, car les périodes d’observation des affections ne durent jamais plus de trois semaines" (Rachi).

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« Parle aux enfants d'Israël en disant : quand une femme conçoit » (Vayiqra/Lévitique 12:2)

 

Dans le Talmud nous lisons la chose suivante :

 

« La femme qui perd l'enfant qu'elle portait au quarantième jour de la grossesse ne considère pas le fœtus » (Mishna Nidda 3,7)

« Jusqu’à quarante jours, le fœtus est considéré comme de l’eau » (vamot 69b)

 

La Torah considère l'avortement comme un meurtre, si celui-ci intervient dès le 41ième jour de grossesse. Mais les quarante premiers jours, selon la loi stricte, il est permis (mais fortement déconseillé) d'avorter pour une raison bien spécifique, après en avoir discuter avec une autorité spirituelle compétente.

 

C'est la raison pour laquelle le Messie Yéshou'a a passé 40 jours dans le désert : après avoir reçu l'âme messianique alors qu'il était au Yardên, le Jourdain, il a dû passer par 40 jours de formation, le temps que cette dimension d'âme se marie parfaitement avec son être intérieur. C'est également la raison pour laquelle le satân l'a tenté durant ce temps, pour faire « avorter » Yéshou'a de cette dimension d'âme supplémentaire, faisant de lui le Libérateur.

 

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Ces deux parashiot traitent de la tsaraat, des tâches blanches sur la peau (traduit improprement par lèpre. En effet, une maison ou des vêtements peuvent-ils être atteints par cette maladie ? Bien sûr que non. Or, ici, il est fait mention de tâches apparaissant sur du mobilier ou des murs). Nos Maîtres nous enseignent qu'elle est la conséquence du lashôn harâ, la mauvaise bouche (calomnie, jugement, moquerie, mensonges, etc).

 

Ainsi, comme la « bouche » a fauté, seul la « bouche » du Cohen, le prêtre, aura l'autorité de pouvoir déclarer pur ou impur la personne. Et pour le tikoun, la réparation de sa faute, il devra apporter deux oiseaux en korbân, en « sacrifice ». Pourquoi des oiseaux ? Car la bouche qui a « piaillé » devra être réparée par des animaux qui « piaillent ». Et pourquoi sur les deux oiseaux, l'un était tué et l'autre renvoyé vivant ? Pour nous faire comprendre que la « bouche » qui parle mal doit être détruite, au profit de la « bouche » qui parle bien.

 

« Si je m’étais trouvé sur le mont Sinaï, lorsque la Torah a été donné à Israël, j’aurais demandé à HaShem, de créer deux bouches pour chacun : l’une, pour lire la Torah, et l’autre, pour ses autres nécessités »
Il dit ensuite : « Si le monde peut difficilement survivre à cause de la médisance et des ragots prononcés par une seule bouche, ce serait encore pire avec deux bouches 
» (Rabbi Shi'môn Bar Yoh)

 

« Par elle nous bénissons le Seigneur notre Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à l'image d'E.lohim. De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas, mes frères, qu'il en soit ainsi. La source fait-elle jaillir par la même ouverture l'eau douce et l'eau amère ? Un figuier, mes frères, peut-il produire des olives, ou une vigne des figues ? De l'eau salée ne peut pas non plus produire de l'eau douce » (Lettre de Ya'aqov/Jacques 3:9-12)

 

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« Tous les jours où il aura la tache […] il restera isolé » (Vayiqra/Lévitique 13:46)

 

« En quoi est-il différent des autres personnes impures pour être isolé ? Puisqu'il a séparé par sa médisance l'homme de sa femme, et l'homme de son ami, lui aussi sera séparé des autres » (Arakhîn 16b)

 

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L'offrande complète que devait apporter le porteur de la tache pour sa guérison était la suivante : deux oiseaux vivants, purs et du bois de cèdre, et de la laine écarlate et de l'hysope. Pourquoi tout cela ? Rachi nous explique :

 

Des oiseaux car (comme dit plus haut), les taches viennent à cause de la médisance qui est un acte de pépiement de paroles, c'est pourquoi il faut pour sa purification des oiseaux qui pépient toujours avec un pépiement de voix (Arakhîn 16b).

 

Du bois de cèdre car la tache vient à cause d'un esprit hautain (le cèdre est très haut).

 

De la laine écarlate et de l'hysope car le remède pour guérir est qu'il s'abaisse de son orgueil comme le ver (en hébreu, le mot désignant la « laine écarlate » signifie également « ver ») et comme l'hysope (une herbe basse).

 

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Précisons que garder une bouche propre apporte la bénédiction d'une longue vie sur Terre, une bénédiction dans les biens matériels et l'argent, une bonne santé physique et psychologique et un esprit ouvert pour mieux comprendre la Parole Divine (il existe une multitude de témoignages à cela dans le peuple d'Israël). Pourquoi s'en priver ? =)

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La Guémara, au traité Sanhédrîn 97a, utilise un passage de la Torah sur les questions de tsara'at, pour délivrer un enseignement sur les temps du Roi Messie. En effet, il est écrit (Vayiqra 13) que lorsqu'un homme voit une partie de son corps recouvert par ces taches, il est déclaré impur. Cependant, de façon illogique (à la raison humaine seulement), lorsque cela atteint tout son corps, il est alors pur ! De là le Maître trouve une allusion : "Rabbi Yitshaq a dit : "Le fils de David ne viendra que lorsque le royaume tournera à l'hérésie." Rava a dit : "quel est le verset qui permet d'apprendre cela ? Celui-ci : 'Tout est devenu blanc, c'est pur' (Vayiqra 13:13)"". Ce qui signifie qu'au moment où le monde entier tournera à l'hérésie, alors il sera, paradoxalement, mûr pour la Rédemption finale. Pourquoi ? Car les hommes se seront tellement éloignés de la vérité, et seront tellement devenus "impurs", que la lumière messianique, qui représente l'absolu contraire, n'en brillera que plus fortement. Ce n'est que lorsque nous atteignons le fond que nous pouvons remonter !

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Rachi rapporte, au début de la Parasha, le commentaire du Midrash, stipulant que si la Torah parle maintenant de l'humain après les sacrifices des animaux, c'est pour suivre le schéma de la création, où l'Adâm a été créé après les minéraux, les végétaux et les animaux. Mais les Midrashim vont encore plus loin, et rapporte qu'en réalité, l'homme est précédé et suivi par la création des animaux. En effet, son âme est antérieure à la création et donc aux animaux, néanmoins son corps est venu au sixième jour, donc après ces-derniers, pour nous apprendre que nous nous trouvons en réalité à la croisée des chemins : si nous usons de notre libre-arbitre convenablement, alors notre âme soumet notre corps, et nous sommes bien antérieurs aux animaux. Mais si nous faisons des choix contraires à ceux de la Torah, c'est notre corps qui soumet notre âme, et donc nous valons moins que les animaux, même qu'un simple moustique, qui ne font qu'agir selon leur nature, et ne se rebellent jamais contre le Saint Béni Soit-Il !

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Le Ramban lui, propose une autre explication concernant le fait que l'homme soit traité après le sujet des animaux, en particulier celui de la kasheroute (les animaux permis et interdits à la consommation). Selon les secrets de la Torah, cela signifie que la nourriture consommée agira sur l'âme du futur enfant du couple. Si la Torah est respectée au niveau de l'alimentation (les parents ne mangent que de la viande kasher, des fruits non 'orla, ne venant pas non plus de la récolte interdite d'une année de shemitah, etc), alors l'âme de l'enfant recevra des forces spirituelles supplémentaires pour développer le bien et s'accrocher à la qédousha, la "sainteté". Si cependant les parents ne prennent pas garde à ces prescriptions, alors l'âme de l'enfant sera affaiblie et ce-dernier sera plus enclin à tomber dans la faute, à avoir un caractère faible et aura peu de forces en lui. Bien entendu, rien n'est figé et l'enfant, par une teshouvah sincère et profonde, pourra s'extraire de cette situation, par l'étude de la Torah et la pratique des mitsvot.

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La tsara'at venait principalement sur un homme à cause du lashôn harâ, de l'immoralité, de l'orgueil. Bien qu'en l'absence du Temple, ces taches n'apparaissent plus sur l'homme (car il n'y aurait plus ni Cohen ni sacrifices pour réparer ces conséquences physiques), il faut néanmoins savoir que la Torah et ses mitsvot demeurent, et que le Saint Béni Soit-Il use d'autres moyens pour nettoyer l'homme. De nos jours donc, les conséquences de ces fautes sont principalement les soucis financiers, les soucis de santé et les "maladies de l'âme" comme la dépression, les peurs et angoisses, le mal-être. Tous ceci représentent les "taches de tsara'at" contemporaines, et pour les effacer, il faut faire une teshouvah complètes sur ces fautes, et travailler à se purifier et sanctifier, afin de devenir des hommes et des femmes véritables, qui ne bronchent pas.