תצוה

Parashat Tétsavé

 

Une bouche de pierres précieuses

 

Torah : Shémot/Exode 27:20 à 30:10

             1er montée (rishôn) : (Shé/Ex. 27:20-28:12)

             2ième montée (shéni) : (Shé/Ex. 28:13-30)

             3ième montée (shlishi) : (Shé/Ex. 28:31-43)

             4ième montée (révi'i) : (Shé/Ex. 29:1-18)

             5ième montée (hamishi) : (Shé/Ex. 29:19-37)

             6ième montée (shishi) : (Shé/Ex. 29:38-46)

             7ième montée (shevi'i) : (Shé/Ex. 30:1-10)

             Maftir : (Shé/Ex. 30:8-10)

Haftarah : Sh'mouel/1 Samuel 15:1-34

Torat Yeshou'a : Lettre envoyée aux Hébreux, chapitre 4

Après la description de la structure du Tabernacle et de ses ustensiles, la Torah continue en traitant de la conception des habits du Cohen Gadol en détail, et du "simple" Cohen. La procédure afin de les sanctifier est ensuite donnée, puis la section se termine la conception de l'autel des parfums.

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"Pour faire monter la lumière perpétuellement" (Shémot/Exode 27:20)

"On allumait jusqu’à ce que la flamme monte d’elle-même" (Shabbat 21a).

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"Tu la mettras sur un ruban d'azur, et elle sera sur la tiare" (Shémot/Exode 28:37)

La plupart des représentations du Cohen Gadol sont fausses, puisqu'on ne voit pas l'espace qu'il y a entre la plaque d'or et le turban, espace nécessaire pour la pose des Téfilines de la tête, comme Rachi le précise : "Alors qu’il est écrit plus loin : « Ils donnèrent “sur elle” un cordon d’azur » (infra 39, 31). De plus, il est écrit ici : « Elle sera “sur” la tiare », alors qu’il est indiqué plus bas : « Elle sera “sur le front” de Aharôn » (verset 38). Il est enseigné, dans le traité relatif à l’égorgement des sacrifices (Zeva‘him 19a et b), que l’on voyait ses cheveux entre la plaque et la tiare, endroit où il mettait ses Téfilines. D’où nous déduisons que la tiare se trouvait en haut, au sommet de la tête, sans qu’elle fût assez profonde pour que la tête y pénétrât entièrement jusqu’au front. La plaque était plus bas, et les fils passaient à travers des trous et s’y accrochaient aux deux bouts et au milieu, à raison de six fils pour ces trois emplacements".

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"Je donnerai rendez-vous là-bas" (Shémot/Exode 29:43)

"Je me fixerai une rencontre avec eux pour leur parler, à la manière d’un roi qui fixe un lieu de rencontre pour y parler avec ses serviteurs" (Rachi)

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Parasha Zakhor : Devarim/Deutéronome 25:17-19

 

« Qu'ils prennent pour toi de l'huile pure d'olives concassées pour le luminaire, pour faire monter la lumière perpétuellement » (Shémot/Exode 27:20)

 

L'homme est comparé à une ménorah ou lampe. Son âme est appelée la « lumière d'Hashem » : « La néshamah (l'âme) de l'Adâm est la bougie d'HaShem » (Mishléi/Proverbes 20:27)

Pour pouvoir briller de mille feux, un homme doit d'abord passer par les épreuves, où il sera concassé avec un pilon, puis moud dans une meule. Nous ne donnons le meilleur de nous-même qu'après avoir été brisés :

 

« Il a plu a HaShem de l'accabler de maladies » (Yésha'yahou/Isaïe 53:10)

 

« Avant d'avoir été humilié, je m'égarais; Maintenant j'observe Ta Torah » (Téhilim/Psaume 119:67)

 

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« Tu empliras le pectoral de sertissures de pierres » (Shémot/Exode 28:17)

 

L'habit du Cohen Gadol/Souverain sacrificateur comportait, entre autre accessoires, un pectoral avec 12 pierres précieuses, chacune représentant une des douze tribus d’Israël. Le nom de chacune de ces tribus était gravée dessus.

 

Les Écritures parlent souvent des pierres précieuses. Par exemple, la nouvelle Jérusalem est décrite avec des fondements et des murs de telles pierres.

 

Les pierres précieuses sont utilisées, malheureusement, en magie et en sorcellerie, choses absolument défendues par la Torah. Cependant, il faut savoir que comme tout dans ce monde, chaque chose, y compris les pierres, peuvent être utilisées dans le bien comme dans le mal, pour construire ou détruire. Ainsi, le Méâm Loez (livre de la Torah Orale) nous rapporte que quand Ya'aqov a envoyé ses fils en Égypte pour aller chercher des vivres, suite à la famine survenue en kénaân/Canaan, il leur a donné des pierres précieuses à garder sur eux, pour leur protéger du 'ayin harâ/le mauvais œil, et des influences spirituelles néfastes de l’Égypte.

 

Certaines pierres ont la capacité d'attirer une potentialité de richesse matérielle, c'est le cas par exemple de la pierre appelée « l’œil de chat » (ségoulot et mazalot, hatslaha 9), le diamant donne la réussite dans le commerce, de même que l'agate. L'émeraude, elle, permet d'échapper à ses ennemis (Rabbénou Béhayé, Téstavé ; Midrash Talpiot)

 

Au sujet de la richesse qu'attirent les pierres précieuses, et pour en revenir à la Jérusalem Céleste, nous pouvons voir que dans la Révélation de Yohanân/apocalypse de Jean, il est dit :

 

« La muraille était faite de diamant...la ville d'or pur...les fondations ornées de toutes sortes de pierres précieuses...les Rois de la Terre y apporteront leur richesse....on y apportera l'honneur et la splendeur des nations » (21:18, 19, 24, 26)

 

La concentration d'or et pierres précieuses en Israël sera tellement inimaginable durant l'époque messianique, que cela va attirer comme un aimant les richesses du monde.

 

La Torah Orale rapporte également qu'Avraham portait une pierre autour de son cou, et que tous les malades qui s'approchaient et la regardaient étaient guéris.

 

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« Tu feras sur les pans de sa robe des grenades d'azur, de pourpre rouge et d'écarlate, sur ses pans, tout autour, et des clochettes d'or au milieu d'elles, tout autour […] son bruit s'entendra » (Shémot/Exode 28:33 et 35)

 

« Le Saint Béni Soit-Il dit : ce qui fait du bruit (le manteau et ses clochettes) vient réparer le péché commis avec la voix » ('Arakhîn 16a)

 

Tout celui qui médit de son prochain provoque de grands brisures dans les mondes spirituels. Il est très dur de garder sa langue, et c'est un travail de toute une vie. Il est normal de tomber, mais il faut toujours se relever, et, avec l'aide de D., nous réussirons à être maître de notre bouche.

 

Quand le Temple est présent avec le Cohen Gadol (le souverain sacrificateur), chacun de ses habits a la faculté de réparer une erreur fondamentale du peuple d'Israël. Ici, comme le rapporte le Talmud, la robe répare les dégâts causés par la bouche des hommes. En effet, il y avait 72 clochettes en tout, valeur numérique du mot חסד « hessèd », bonté en hébreu. De plus, celles-ci étaient en or, זהב zahav en hébreu, dont les lettres sont placées en ordre décroissant, comme le médisant qui se discrédite progressivement par ses commérages incessants ! (Ben Ish H).

 

« Grâce à qui le monde peut subsister ? Grâce à celui qui garde sa bouche fermée lors d'une querelle » (Houlîn 89a)

 

Souviens-toi d'Amalek...

 

Le Shabbat précédant la Fête de Pourim, nous rajoutons la lecture de la Paracha « Zakhor » (la section « souviens-toi ») :

 

" Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek sur le chemin, à votre sortie d’Égypte. Il te rencontra en chemin, démembra tous les gens affaiblis sur tes arrières ; toi, tu étais las et épuisé, et lui ne craignait pas HaShem. Ce sera lorsque HaShem ton E.lohim t’aura donné le repos de tous tes ennemis alentour, dans le pays que HaShem ton E.lohim te donne en héritage pour l’occuper, tu effaceras le souvenir d’Amalek de dessous les cieux, ne l’oublie point ".

 

L'idéologie d'Amalek est l'antithèse de celle d'Israël. La mission d'Israël est de construire le monde, les peuples, d'amener la bénédiction aux Nations, faire d'HaShem le Roi de toute la Terre, d'apporter la Délivrance Finale, le Messie, et de mettre fin au péché et à ses conséquences.

 

Amalek lui veut détruire la Nation d'Israël et donc tous ces objectifs, ramener le monde au Tohu vavohou, le néant, supprimer toute trace d'HaShem dans Son monde. Si aujourd'hui nous ne savons pas avec précisions qui sont les descendants charnels d'Amalek, nos Maîtres nous ont révélé que son esprit, son idéologie, traverse le temps et s'incarne dans des hommes divers : Staline, Hitler, etc (que leurs noms soient effacés, et leurs os pulvérisés) pour nos époques par exemple. Ce sont des hommes qui ne vivent que pour la destruction, la mort, la disparition d'Israël sous toutes ses formes.

 

Une des missions du futur Roi d'Israël, Yéshou'a, sera de détruire complètement et définitivement Amalek, cela incombant au Roi lui-même comme l'atteste la Torah, et rappelé par le Rambam (Maïmonide) dans son Mishné Torah :

 

« La nomination d'un Roi précède la guerre contre Amalek, ainsi qu'il est dit : « C'est moi qu'HaShem avait envoyé pour te sacrer Roi […] Maintenant, va frapper Amalek » » (Les Lois des Rois, Séfer Choftim, chap.1)

 

Cette portion de la Torah est donc lue avant Pourim car Haman, qui a voulu détruire le peuple Juif dans l'histoire d'Esther, est un descendant d'Amalek. En effet, il est appelé « hagaguite » (Esther 3:1), et Agag était le roi d'Amalek au temps de Shaoul, qui a réussi à laisser une descendance avant de mourir par l'épée du na'vi/prophète Sh'mouel/Samuel.

 

Que ce Pourim soit le dernier sans le Roi Messie à la tête d'Israël, amen !

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Le Ba'al Hatourim rapporte au nom des Maîtres que le nom de Moshé n'apparaît jamais ici dans toute la parasha, car il a dit à HaShem : "Efface-moi du livre que Tu as écrit" (32:32). Or, la parole du Tsadik s'accomplit, et le Saint Béni Soit-Il effaça donc son nom de "Tetsavé". Et pourquoi cette parasha en particulier ? Car la demande de Moshé intervient lors de "Ki Tissa", la parasha suivante, et il dit : "que Tu as écrit", donc ce qu'Il vient de mettre par écrit, soit cette parasha (Peiroush HaRosh) !

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Nous trouvons ici une coutume instaurée par nos Sages. La guématria du mot "Tetsavé" ("Et tu ordonneras") est de 501, égale à celle de "Ordonne aux femmes", ce qui est une allusion aux bougies de shabbat que les femmes doivent allumer (Ba'al Hatourim).

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En 28:30, la Torah parle des Ourim et Toumim, qui étaient la transcription claire du Nom Divin, que le Cohen portait dans les plis du pectoral, grâce à quoi il rendait claires ses paroles et confirmait la vérité (Rachi). Le Ba'al Hatourim trouve une jolie allusion à cela en rapportant que la valeur numérique de "Les ourim et les toumim" est de 1565, étant la même que la phrase : "Le Nom (Divin) de soixante-douze lettres".

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Le Cohen Gadol portait deux pierres sur lesquelles étaient gravés les noms des bnéi Israël, six pour chaque pierre. D'un autre côté, on ne pouvait pas graver avec un burin. Un ver, appelé le chamir, fut alors utilisé (le Roi Shlomoh s'en servira également des siècles plus tard). Ce curieux animal était capable de fendre à distante la pierre, qui s'ouvrait "comme une figue sèche en été" ! On pourrait parler d'une sorte de "laser naturel" ! Selon le Midrash, ce ver, qui avait la taille d'un grain d'orge, fait partie des dix merveilles qui ont été créées au crépuscule du dernier jour de la création (Pirqé Avot 5:9, "La Voix de la Thora - Shémot").

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La qétorèt (l'encens) est l'offrande la plus appréciée du Saint Béni Soit-Il, et nos Maîtres rapportent que si une personne connaissait la valeur du texte des qétorèt que l'on lit trois fois par jours dans la téfilah, il prendrait chaque mot pour s'en ceindre comme d'une couronne d'or ! Lire ce texte est donc très bénéfique car il permet à la prière de monter tout en repoussant les accusateurs célestes, et promesse est faite également que la personne s'enrichira, comme les cohanim guédolim qui vivaient cette bénédiction quand ils apportaient la qétorèt sur l'autel d'or. A cause de nos fautes, jusqu'à ce jour, le Temple n'est pas encore reconstruit, mais selon le principe des "lèvres qui remplacent les sacrifices" (Tanakh), lire avec attention les qétorèt (plus encore dans un parchemin) amène la même bénédiction.

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I] L'homme se doit d'embellir la Torah et les mitsvot. Nous voyons HaShem prendre soin du tabernacle et faire des habits beaux pour le cohen gadol à la vue des hommes. Il faudra donc avoir un beau Talith, une belle pochette, un beau loulav, de beaux livres de Torah, etc. Il faudra s'efforcer d'avoir de beaux habits, propres et entretenus, et de prendre soin de ses affaires personnelles. Le beau doit mettre en valeur le vrai.

II] En l'absence du Temple, Rabbi Yeshou'a endosse la kéhounah de Malki-Tsédèk et devient un cohen gadol pour Israël. On se liera donc au nom de ce Tsadik Yessod 'olam (Juste fondement du monde) dans nos téfilot, afin d'avoir un plein accès à la Miséricorde Divine. On pourra par exemple dire : "Je me lie au Tsadik et Roi Messie Yeshou'a de Natsérèt".