תולדת

Parashat Toldot

 

Prier, prier, prier !

 

Torah : Béréshit/Genèse 25:19 à 28:9

             1er montée (rishôn) : (Bér/Gen. 25:19-26:5)

             2ième montée (shéni) : (Bér/Gen. 26:6-12)

             3ième montée (shlishi) : (Bér/Gen. 26:13-22)

             4ième montée (révi'i) : (Bér/Gen. 26:23-29)

             5ième montée (hamishi) : (Bér/Gen. 26:30-27:27)

             6ième montée (shishi) : (Bér/Gen. 27:28-28:4)

             7ième montée (shevi'i) : (Bér/Gen. 28:5-9)

             Maftir : (Bér/Gen. 28:7-9)

Haftarah : Malakhi/Malachie 1:1-2:7

Torat Yeshou'a : Lettre envoyée aux Romains, chapitre 9:1 à 11:36.

Rivqah (Rébecca) donne naissance à des jumeaux, 'Essav et Ya'aqov. Le premier devient un habile chasseur tandis que le second reste dans les tentes. Alors qu''Essav vend son droit d'aînesse à son frère contre un peu de nourriture, et se fait prendre sa bénédiction paternelle, il le prend en haine et cherche à le tuer. Ya'aqov est obligé de fuir vers la terre d'origine de sa mère, loin de la fureur de son frère. Yitshaq, quant à lui, doit composer avec Avimélèkh, à cause de sa grande richesse.

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"Les enfants se disputaient en elle" (Béréshit/Genèse 25:22)

Rachi nous apporte des précisions à ce propos : "Quand elle passait devant les « portes de Torah » de Shèm et de ‘Evèr, Ya‘aqov se mettait à courir et « heurtait » pour sortir. Et lorsqu’elle passait devant les « portes de l’idolâtrie », c’est ‘Essav qui se mettait à courir et « heurtait » pour sortir (Béréshit Rabbah 63, 6). Autre explication : Ils se heurtaient l’un contre l’autre, se disputant l’héritage des deux mondes". On peut se poser la question suivante : 'Essav n'avait-il pas de libre-arbitre pour, dès le sein maternelle, vouloir se diriger vers l'idolâtrie ? En vérité, il faut comprendre ainsi : ces deux frères jumeaux avaient un potentiel d'âme pour changer le monde et l'amener vers la Délivrance Finale, cependant selon deux voies différentes. 'Essav voulait faire évoluer la société en combattant le mal à sa racine (d'où le fait qu'il s’agitait dès que sa mère passait devant une maison d'idolâtrie), tandis que Ya'aqov cherchait à transformer la civilisation adamique en renforçant le bien lui-même.

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"Verse pour moi, je t'en prie, du rouge, de ce rouge, car je suis fatigué" (Béréshit/Genèse 25:30)

"Des lentilles rouges. Avrahâm était mort ce jour-là, afin qu’il ne puisse voir son petit-fils ‘Essaw prendre le chemin du mal (Baba Batra 16b). Cela n’aurait pas été, [s’il avait survécu] la « bonne vieillesse » (supra 25, 8) que le Saint béni soit-Il lui avait promise. Aussi a-t-Il abrégé sa vie de cinq ans. Yits‘haq vivra cent quatre-vingts ans, Avraham n’en a vécu que cent soixante-quinze. Ya’aqov a fait cuire des lentilles pour le premier repas de deuil. Pourquoi des lentilles ? Parce qu’elles ont une forme ronde, le deuil étant comme une roue qui tourne dans le monde. De plus, la lentille n’a pas de « bouche », ressemblant en cela à une personne en deuil qui ne doit pas parler. C’est pourquoi on a coutume d’offrir aux gens en deuil un œuf pour leur premier repas. L’œuf est rond et entièrement fermé. Une personne en deuil reste également la bouche close" (Rachi)

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"Voici, je vais mourir" (Béréshit/Genèse 25:32)

"Le droit d’aînesse est chose variable et qui se déplace. Le culte ne restera pas toujours l’apanage des aînés, puisqu’il passera un jour à la tribu de Léwi. En outre 'Essav a demandé : « Quelle est la nature de ce culte ? » Ya’aqov lui a répondu : « Il y a tant de précautions à prendre, il comporte tant de sanctions qui peuvent aller jusqu’à la mort ». Comme l’enseigne la michna (Sanhèdrin 22b) : ceux-là méritent la mort, ceux qui pénètrent dans le sanctuaire en état d’ivresse ou la tête découverte. ‘Essav dit alors : « jusqu’à la mort ! ». S’il en est ainsi, qu’en ai-je besoin ?" (Rachi).

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Il écrit : « Yitshaq implora HaShem en face de sa femme car elle était stérile, et HaShem se laissa implorer par lui. Rivqah, sa femme, devint enceinte » (Béréshit/Genèse 25:21)

 

Au verset 20 juste avant, il est dit qu'Yitshaq avait 40 ans lors de son mariage avec Rivqah, et au verset 26 qu'il avait 60 lors de la naissance de ses jumeaux. Ces deux justes ont donc prié... 20 ans avant que le Créateur ne les exauce ! Comment expliquer une telle attente de la part du Père, surtout pour un sujet aussi important et douloureux ?

 

Nos Maîtres dans le Talmud enseignent la chose suivante : « HaShem a rendu nos mères stériles, afin qu'elles prient pour avoir une descendance, car Il désire entendre les prières des tsaddikim/Justes » (vamot 64a)

 

HaShem n'attend qu'une chose : pouvoir écouter celui qui vient vers Lui. Or, si tous nos besoins sont comblés, nous avons tendance à délaisser la prière. En créant le manque et, parfois, en l'entretenant, Il veut nous faire comprendre qu'Il nous désire plus :

 

« Ma colombe, qui te tiens dans les fentes du rocher [dans les manques], Qui te caches dans les parois escarpées [dans l'épreuve], Fais-moi voir ta figure [étudie Ma Parole], Fais-moi entendre ta voix [prie]; Car ta voix est douce [tes prières me réjouissent], et ta figure est agréable [ton étude me procure beaucoup de plaisir] » (Shir haShirim/le Chant des chants 2:14)

 

Au sujet du verset 21, « Yitshaq implora », Rachi commente ainsi : « Il pria beaucoup et il insista dans la prière », et continue en disant qu'HaShem se laisse supplier, concilier et persuader par lui.

 

David Ha'Mélèkh, lui aussi, rapportera cette loi spirituelle : « Espère en HaShem ! Fortifie-toi et que ton cœur s'affermisse! Et espère en HaShem! » (Téhilim/Psaume 27:14) et nos Maîtres disent que si nous n'avons pas reçu ce que nous avons demandé, c'est parce que nous n'avons pas assez prié ! D'où « fortifie-toi et espère (à nouveau) en Hashem (pour ce sujet) » !

 

De plus, afin que la prière transperce les Cieux et soit acceptée de la meilleure façon qui soit, il est bon de s'associer au mérite d'un Tsaddik, un grand Juste, en l'occurrence pour nous Yéshou'a le Messie. C'est comme si nous disions à notre Père : « par le mérite de Yéshou'a, exauce-moi », en d'autres termes, Agis comme si c'était Yéshou'a lui-même qui Te faisait cette demande, et réponds-moi comme Tu lui répondrais !

 

L'on ne devra donc pas se décourager, mais toujours se renforcer dans nos téfilot, nos prières, en ayant à l'esprit que, selon les Maîtres d'Israël, rien ne tient devant la volonté (en hébreu, le mot terre érets vient du mot ratsôn, la volonté, nous apprenant que l'homme est sur Terre, entre autre, pour être testé dans sa volonté) et que quand HaShem aime quelqu’un, Il lui dit : attends (patiente) !

 

« La prière est une des choses qui se trouve au sommet du monde, mais que les gens traitent avec légèreté » (Bérakhot 6b)

 

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« Et 'Essav dit à Ya'aqov : laisse-moi, je te prie, manger de ce rouge, ce rouge-là, car je suis fatigué. C'est pour cela qu'on a donné à 'Essav le nom d'Edom » (Béréshit/Genèse 25:30)

 

Très étrange : puisque 'Essav a désigné le plat de lentilles que son frère cuisinait sous l'appellation « ce rouge-là », la Torah conclut que son nom est Edom (rouge en hébreu) ?

En réalité, 'Essav va donner naissance au peuple édomite, qui lui-même est la racine du monde chrétien occidental. De même qu''Essav ne s'attarde que sur l'aspect superficiel des choses (au lieu d'appeler le plat « lentilles » il l'appelle simplement selon ce que ses yeux perçoivent, soit du rouge), de même ses descendants ne s'attardent que sur le superficiel, et ce dans tous les domaines : physique, matériel, moral, spirituel ! Une simple observation du monde occidental suffit pour le comprendre.

 

De plus, un des principes bibliques est qu'en hébreu, la première lettre d'un nom définit l'identité de ce qu'il désigne. Or, עשו 'Essav commence par la lettre ע 'ayin, dont la symbolique est l’œil, le superficiel, tandis que יעקב Ya'aqov commence par la lettre י youd, désignant l'intériorité, la spiritualité (Cette lettre, par exemple, débute également les mots Israël, Yéshou'a, HaShem le Nom que l'on ne prononce pas encore, etc. Elle représente aussi le 'olam haba, le monde futur) !

 

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« Et après cela est sorti son frère, et sa main saisissait le talon d' 'Essav » (Béréshit/Genèse 25:26)

 

« Les actions des pères sont un signe pour leurs enfants » (Béréchit Rabbah, Vayéra 18,) et « Ces choses leur sont arrivées pour servir d'exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles » (Première Lettre envoyée aux Corinthiens, 10:11)

 

Partant de ce principe, nous comprenons, par allusion, qu'aux temps de la fin que nous vivons, Ya'aqov/Israël va s'élever et saisir le talon d''Essav et provoquer la Délivrance Finale par le Retour du Roi Messie. En effet, le talon se trouve tout en bas du corps humain, il s'agit donc ici d'une représentation symbolique de la fin de l'histoire du monde occidental tel que nous le connaissons. Dans les derniers jours (« le talon »), Israël va supplanter l'occident chrétien, comme Ya'aqov a supplanté son frère dans les bénédictions :

 

« C'était un présage qu'Edom n'arriverait pas à terminer sa royauté que déjà Ya'aqov se lèverait et la prendrait de lui » (Rachi)

 

Cette destruction occidentale se fera par celui qu'ils croient adorer depuis 2000 ans, comme il est dit : « Le Roi Messie, qui sera amené à faire payer Édom, vivra avec eux dans la ville, comme il est dit : “...là-bas le veau [Le Messie] viendra paître et là-bas [en Edom] il se couchera et il en broutera toutes les jeunes pousses [Il tirera ses forces de chez eux et les jugera] » » (Shémot Rabbah 2,4), selon le principe que « le destructeur sort de tes entrailles » (Yésha'yahou/Isaïe 49:17). C'est la raison pour laquelle Yéshou'a se trouve être le personnage central de la croyance d'Edom. Sans même s'en rendre compte, ils abritent leur destructeur.

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Le Ba'al Hatourim nous rapporte que le mot 'holid' en hébreu ('engendrer', dans la phrase : "Avrahâm engendra Yitshaq" (Béréshit/Genèse 25:19)) possède une valeur numérique égale à 55, étant également celle du mot 'domé', qui signifie 'il est comme', ce qui enseigne que Yitshaq était comme son père, tant physiquement que spirituellement.

Nous voyons que Matityahou, dans Torat Yeshou'a, commence son récit ainsi : "Rouleau des enfantements de Yeshou'a, Messie, bèn David, bèn Avrahâm" (1:1). Puis, il détaille la généalogie de Rabbénou en reprenant à Avrahâm. Pourquoi donc ce premier verset, qu'apporte-t-il de plus ? Cela pour nous apprendre que Yeshou'a 'était comme' David et Avrahâm, dans le sens que c'est de ces deux Tsadikim qu'il se rapproche le plus : Avrahâm pour répandre le Nom de l'Elokim d'Israël dans le monde entier, et David comme "Roi d'Israël", le Rabbi l'étant en potentialité et n'attendant que l'aval du peuple pour le devenir effectivement, selon : "Vous ne me verrez plus jusqu'à ce que vous disiez "Source de Bénédictions est celui qui vient dans le Nom d'HaShem" (Matityahou/Mathieu 23).

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La Torah nous rapporte qu'Yitshaq creusa à nouveaux les puits de son père, qui avaient été bouchés par les Philistins. En creusant le premier puits, il déclencha une dispute avec les bergers de Guérar, et il appela ce puits "Essek" (Dispute). Puis, le deuxième puits déclencha également des querelles, et il l'appela "Sitna" (Haine). Enfin, il en creusa un troisième qu'il appela "hovot" (Large) car il ne déclencha aucune dispute et HaShem fit fructifier.

Le Midrash décode ici ce passage et l'applique à notre histoire : le premier puits fait allusion au premier Temple, qui fut détruit à cause du meurtre, de l'adultère et de l'idolâtrie, ce qui déclencha une "dispute" entre Israël et le Saint Béni Soit-Il. Le second puits renvoie au second Temple, qui, selon le Talmud, fut rasé par Rome en raison de notre haine gratuite, entre nous. Enfin, le troisième puits est une allusion au troisième Temple, qui sera présent durant l'ère de paix messianique, et qui ne sera jamais détruit !

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""Ya'aqov donna à 'Essav du pain et du bouillon de lentilles" (Béréshit/Genèse 25:34). Qu'est-ce que des lentilles ? Elles sont rondes comme la sphère et cette dernière entoure l'univers, c'est dire qu'elle n'abandonne jamais son circuit. Tel est l'homme à un pareil moment, bien qu'il possède tout le bien, gloire et perfection, les lois du monde concernant le manger et le boire ne changent pas. Notre Mishna enseigne : quatre vents soufflent sur ce monde, mais à l'avenir, le Saint Béni Soit-Il suscitera un seul souffle composé des quatre, pour sustenter le corps, ce qu'exprime : "Des quatre souffles vient le souffle" (Ez.37:9). Il n'est pas marqué "dans quatre souffles" mais "des quatres souffles" du monde, ce souffle-là sera constitué de quatre souffles. Il nous est rapporté ceci : ce souffle, c'est le souffle qui fait naître, qui fait manger et boire, de la même façon qu'entre ce monde-ci et le temps du Messie, il n'y a que l'oppression des royaumes, il n'y a entre ce monde-ci et la résurrection des morts que l'innocence et l'accession à la connaissance. Rav Yossef demanda : l'avènement du Messie et la résurrection des morts, n'est-ce pas la même chose ? L'autre lui répondit : Non, car il est enseigné : le Temple précèdera le rassemblement des exilés, qui précèdera la résurrection des morts, celle-ci surviendra en tout dernier lieu" (Zohar Toldot, 139a).

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I] L'homme doit s'attacher à des Maître et se construire en suivant leurs voies, pour tenter de leur ressembler spirituellement. Voir un Maître, c'est comme voir une Torah vivante, et il devient plus aisé de progresser dans les chemins du Saint Béni Soit-Il avec de tels modèles.

II] Il faut rechercher la bénédiction de ses parents et / ou celles des Justes, qui ont un très grand pouvoir de délivrance dans la vie d'un homme.

III] Certains ont des natures qui les portent vers les choses spirituelles, d'autres vers les choses matérielles. Il faut éduquer chacun "selon sa voie", et ne pas aller contre la nature. Il n'y a pas de bonnes ou mauvaises natures, juste des routes, des tendances différentes, pour atteindre les objectifs d'HaShem, qu'il faut utiliser selon les normes de la Torah.