וארא

Parashat Vaéra

 

Vaincre la sorcellerie

 

Torah : Shémot/Exode 6:2 à 9:35

Haftarah : Yéhézqèl/ Ézéchiel 28:25 à 29:21

Après avoir retracé la généalogie de Moshé et son frère Aharôn, la Torah commence le récit des plaies d’Égypte : le fleuve changé en sang avec les poissons qui périssent, les grenouilles qui envahissent le pays, la poussière changée en poux, l'apparition des mouches venimeuses, la peste entraînant une grande mortalité parmi le bétail égyptien, les ulcères, et la chute de grêle et de feu. A partir de la troisième plaie, les magiciens Janès et Jambrès n'arrivent plus à reproduire ces prodiges à l'aide de leur sorcellerie. Reconnaissant le Doigt du Créateur à l’œuvre, Pharaon, pour sa part, ne cesse de s'endurcir fasse à ces épreuves.

 

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« Vois, HaShem t'a mis comme maître sur Paroh/Pharaon » (Shémot/Exode 7:1)

 

« Comment Moshé/Moïse pouvait-il voir à ce moment-là qu'HaShem l'avait mis comme maître sur Paroh, alors que les plaies n'avaient pas encore commencé ?

Et quel est le sens de l'expression « maître de Paroh » ? Moshé avait fait valoir qu'il ne serait pas un bon porte-parole parce qu'il avait un problème d'élocution, s'étant brûlé les lèvres dans son enfance. HaShem lui répondit : au contraire ! Vois dans ton infirmité le signe que tu es Mon messager idéal ! En effet, si tu étais un beau parleur, on aurait pu penser que Paroh avait été finalement convaincu par ton éloquence. Maintenant que tu bégaies, il sera clair pour tout le monde qu'il n'a cédé que par crainte d'HaShem ! » ('Od Yossef H)

 

Rabbi Shaoul dira la même chose : « « Ma bonté te suffit, car Ma puissance s'accomplit dans la faiblesse ». Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance du Messie repose sur moi ».

 

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« Toi, tu diras tout ce que Je t'ordonnerai, et Aharôn, ton frère, parlera à Paroh/Pharaon, pour qu'il laisse aller les enfants d'Israël hors de son pays. Et Moi, J'endurcirai le cœur de Paroh, et je multiplierai Mes signes et Mes miracles dans le pays d’Égypte » (Shémot/Exode 7:2-3)

 

Une première lecture de passage pose une difficulté : E.lohim dit qu'Il va endurcir le cœur du roi d’Égypte suite aux premières plaies. Mais alors, qu'en est-il du libre-arbitre ? Comment peut-on en vouloir à Paroh si il n'est plus maître de ses décisions ?

 

En vérité, c'est l'absolu contraire qui est vrai : passées les premières plaies sur le pays (l'eau changée en sang, les grenouilles, etc) Paroh aurait dû, par peur, relâcher les enfants d'Israël en les laissant partir. Cependant, là son libre-arbitre aurait été « court-circuité » car devant le Maître du monde et Ses jugements, qui peut tenir ? Pour empêcher cela donc, Hakadosh Baroukh Hou, le Saint Béni Soit-Il, a endurci, renforcé son cœur afin de lui laisser la même force de choix : d'un côté les plaies se renforcent en intensité, d'un autre le roi est endurci, pour maintenir son libre-arbitre !

 

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« Va vers Paroh dès le matin, il sortira pour aller près de l'eau » (Shémot/exode 7:15)

 

Pourquoi préciser le moment où aller le voir ? Car Paroh se fait passer pour un dieu, or un dieu n'a pas de besoins à satisfaire ! Il se retenait donc toute la journée, et chaque matin, allait vite faire ses besoins au bord de l'eau à l'abri des regards (sauf de celui du vrai D.). Y'a-t-il un meilleur moment pour surprendre le « dieu » que d'arriver en « pleine action » pour le discréditer ? !

 

Toujours à propos de cette plaie : « Pour comprendre pourquoi la première plaie a frappé l'eau, on peut noter que le mot מצרים Mitsraïm/Égypte est l'anagramme de מים Mayim/eau et de צר Tsar/l'ennemi. L'eau était l'élément positif qui conférait à l’Égypte toute sa force, voilà pourquoi Moshé devait l'annihiler en premier » ('Od Yossef H). En effet, le Nil était la « mère nourricière » du pays, considéré comme un « dieu » également.

 

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« Aharôn leva la verge et frappa les eaux » (Shémot/Exode 7:20)

 

Pourquoi est-ce Aharôn qui frappa les eaux et non pas Moshé lui-même ? Car ce-dernier était reconnaissant envers le fleuve qui l'avait sauvé étant bébé, en transportant sa caisse de jonc jusqu’au palais royal. De là nous apprenons que la reconnaissance doit même aller jusqu'aux éléments les plus inertes ! (Bien évidemment, pour atteindre ce niveau, il faut déjà savoir être reconnaissant envers les êtres humains, dont les plus proches de nous!). De la même manière, Moshé n'a pas frappé le sol pour la plaie de la vermine car ce-dernier lui avait « permis » d'enterrer le cadavre de l'égyptien qu'il avait tué plusieurs décennies auparavant !

 

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« Et les magiciens en firent autant par leurs enchantements » (Shémot/Exode 8:7)

 

Nous voyons que Janès et Jambrès, les magiciens à la cour du roi, ont été capables de reproduire les plaies de l'eau changée en sang et de la grenouille. Cependant, ils n'ont pas été capables de reproduire celle des poux, et ils diront à ce moment-là : « C'est le doigt d'E.lohim ! ». Le Midrash Rabbah rapporte qu'ils ont dit : « cette plaie n’est pas l’œuvre de la sorcellerie, mais elle vient de HaShem ».

 

Pourquoi n'ont-ils plus réussi à imiter Moshé/Moïse lors de la troisième plaie ? Rachi nous apporte la réponse : Car le démon est sans pouvoir sur une créature d’une taille inférieure à celle d’un grain d’orge (Rachi, Sanhédrîn 67b). En effet, le satân peut singer HaShem, mais que dans une certaine limite ! Ainsi, la magie n'opère pas sur ce qui est d'une taille inférieure à un grain d'orge, et un sort cesse sur une personne du moment que cette-dernière traverse un point d'eau (un lac, une mer, par avion, bateau ou nage) car il est connu que l'eau fait cesser toute magie. De même, lever un sorcier de terre le rend impuissant (en le portant par exemple ou en le soulevant de terre).

 

Une personne pratiquant Torah et mitsvot/commandements ne craint rien non plus car la Torah protège celui qui vit en Elle. Bien entendu, suivre le Messie Yéshou'a également. Le « nec plus ultra » étant Torah et Messie!