ויחי

Parashat Vayéhi

 

Le jugement des Maîtres

Torah : Béréshit/Genèse 47:28–50:26

Haftarah : I Mélakhim/1 Rois 2:1-12

Dans cette dernière section du Livre de Béréshit, le patriarche Ya'aqov bénit les deux fils de Yossef, Ménashé et Efrayim, puis tous ses autres fils, en rappelant à chacun ses qualités et sa force. Puis, après dis-sept ans passées en Égypte, le père d'Israël se voile et sa famille part l'enterrer en Terre Promise. Yossef, à son tour, meurt à l'âge de cent dix ans, et fait jurer sa famille de faire remonter ses os en Israël quand HaShem viendra les délivrer.

*

Peu avant son décès, Ya'aqov/Jacob réunira ses fils afin de les bénir. Sur Yéhoudah/Judah, il dira la chose suivante :

 

« Le sceptre n'échappera point à Yéhoudah, ni l'autorité à sa descendance, jusqu'à l'avènement de Shiloh auquel obéiront les peuples » (Béréshit/Genèse 49:10)

 

Shiloh fait référence au Roi Messie (voir Rachi et Ounqelos). Or, si nous prenons, en hébreu, les premières lettres de l'expression « Shiloh, auquel obéiront les peuples », nous trouvons le nom Yéshou'a :

 

שִׁילֹה וְלוֹ יִקְּהַת עַמִּים

ישוע

 

* * *

 

« vouloun résidera sur le littoral des mers, Yissakhar est un âne osseux » (Béréshit/Genèse49:13-14)

 

La tribu de vouloun se chargeait des entreprises commerciales tandis que celle de Yissakhar s'adonnait à la Torah. Ainsi, vouloun, avec l'argent qu'il rapportait, pouvait supporter son frère qui se chargeait de spiritualité. A ce propos, on raconte au sujet du Hafets Hayim qu'il répétait que chaque Juif était tenu de soutenir financièrement les institutions de Torah, aucune exemption n'était accordée. Un jour, on lui demanda de rédiger un appel en faveur d'une certaine institution, et commença par écrire que celui qui ne s'associe pas à cette œuvre n'a pas droit au monde futur, parce qu'il rompt dès ce monde-ci le lien qui l'unit au peuple d'Israël. Par la suite, il effaça cette phrase en expliquant : « Lors du jugement, le Tribunal céleste rend son arrêt suivant le verdict prononcé ici-bas ; par conséquent, en décrétant que ces personnes n'auraient pas droit au monde futur, j'aurai entraîné moi-même leur condamnation ! »

 

De même, Rabbi Zeev de Vilna a déclaré un jour : « de même qu'ici-bas un accusé comparaît devant les juges de son temps, les Sages de chaque génération sont chargés de juger leur contemporains dans le monde futur, car la valeur d'une mitsvah/commandement et la perte causée par une transgression varient selon le lieu et l'époque » (Commentaire sur la Torah, Hafets Hayim)

 

En effet, quand un homme décède, son âme quitte son corps, part dans le monde de la vérité, et sa vie est jugée par les Maîtres d'Israël qui ont vécu en son temps, car ayant connu les mêmes tentations à la même intensité, ils sont capables de rendre un juste jugement.

 

Yéshou'a lui-même a reçu le jugement du Père :

 

« Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils » (Yohanân/Jean 5:22)

 

Or, Yéshou'a est le premier des fils d'Israël :

 

« Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l'image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères » (Lettre envoyée aux Romains 8:29)

 

et :

 

« Je lui donnerai autorité sur les nations. Il les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d'argile, ainsi que moi-même j'en ai reçu le pouvoir de mon Père » (Révélation 2:26-27)

 

« Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône » (Révélation 3:21)

 

Ainsi les Maîtres d'Israël ont reçu du Messie Yéshou'a lui-même (sans qu'ils ne le sachent car l'identité du Rédempteur est cachée pour un temps, le temps de l'exil d'Edom, qui prend fin de nos jours, à leurs yeux, comme l'enseigne le Midrash) l'autorité pour juger leur génération. C'est pourquoi Yéshou'a dira :

 

« Tous ce qu'ils vous disent [les Maîtres de chaque génération], faites-le et gardez-le » (Matityahou/Mathieu 23)

 

* * *

 

Le Ben Ish H nous enseigne que Yossef ressemblait à Ya'aqov, si bien qu'en le regardant, Ya'aqov se voyait comme au travers d'un miroir. En contemplant son fils, il se voyait lui-même. De même, Avraham et Yitshaq/Isaac se ressemblaient parfaitement.

 

Dans la B'rit Hadasha, Yéshou'a dit « qui m'a vu a vu le Père », dans le Zohar, il est dit que qui a vu Rabbi Shim'ôn Bar Yoh a vu la Face d'HaShem, etc. Ces hommes, le Roi Messie en tête, ont atteint un tel niveau qu'ils deviennent le miroir d'HaShem dans ce monde, c'est-à-dire que leurs actions, leurs paroles, leur vie, traduisent celles de leur Père céleste !