וישב

Parashat Vayéchèv

 

Roi de sa nature

Torah : Béréshit/Genèse 37:1 à 40:23

Haftarah : 'Amos 2:6 à 3:8

Yossef, le fils de Ya'aqov, raconte les songes qu'il a eu à sa famille, montrant qu'ils se prosterneront devant lui dans le futur. Par jalousie envers lui, ses frères le jetteront dans une citerne avant de le vendre à des marchands qui l’emmèneront en Égypte, où il deviendra le serviteur de Potifar. Néanmoins, il sera par la suite jeté en prison après une accusation mensongère d'agression sexuelle envers l'épouse de son maître. Durant les années de son incarcération, il y rencontra deux proches du Pharaon à qui il expliquera leurs rêves respectifs.

De son côté, Yéhoudah met au monde deux enfants, dont la mère est Tamar, qui, s'étant faite passer pour une prostituée, faillit être tuée, si ce n'était le père déclarant devant tous son implication dans cette affaire.

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« Ya'aqov/Jacob demeura dans le pays des pérégrinations de son père, dans le pays de Kénaân » (Béréshit/Genèse 37:1)

 

« Ya'aqov demeura : Après avoir énuméré sommairement les séjours de Essav/Esaü et de ses descendants – ni leur distinction ni leur importance ne justifiant un récit détaillé de leurs installations ni des guerres par lesquelles ils ont chassé les 'Hori – le texte va s’arrêter longuement, et en en retraçant l’enchaînement des circonstances, sur les séjours de Ya'aqov et de ses descendants. L’importance qu’ils revêtent devant Hachem vaut que l’on s’y attarde. Nous avons déjà rencontré la même méthode de présentation à propos des dix générations qui ont séparé Adâm de Noah : Untel engendra Untel... Mais arrivé à Noah, le récit se fait plus détaillé. Il en est de même pour les dix générations qui ont séparé Noah d’Avraham : on en abrège l’énumération. Arrivé à Avraham, on se remet à donner maints détails. On peut comparer la chose à une pierre précieuse qui serait tombée dans le sable. On fouille dans le sable, on le passe au tamis jusqu’à ce qu’on retrouve la perle. Une fois qu’elle a été trouvée, on jette le sable et on conserve la perle » (Midrash Tânhouma Vayéchèv 1)

 

De la même manière, l'on pourrait se demander pourquoi la généalogie de Yéshou'a figure-t-elle dans l'Alliance Renouvelée ? Car : « Le Saint, Béni Soit-Il, a dit à David [et Yéshou'a, son descendant] : quel besoin avais-je de détailler les généalogies de Perets, Hetsrôn, Ram, 'Aminadav, Nahshôn, Salmôn, Boaz ou Yishaï si ce n'est pour arriver à toi ! Ce que vise le verset : « J'ai trouvé David Mon serviteur, Je l'ai oint de Mon huile sainte » (Téhilim/Psaume 89:21) » (Béréshit Rabbah 39:10)

 

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« Et ils le saisirent et ils le jetèrent dans la citerne. Cette citerne était vide et sans eau » (Béréshit/Genèse 37:24)

 

« Et le puits était vide, il n’y avait pas d’eau : S’il est écrit qu’il était vide, ne sais-je pas qu’il était sans eau ? Pourquoi cette précision : « il n’y avait pas d’eau » ? Il n’y avait certes pas d’eau, mais il y avait des serpents et des scorpions » (Talmud Shabbat 22a)

 

Or, il est intéressant de constater que ni les serpents ni les scorpions n'ont attaqué Yossef/Joseph. Comment est-ce possible ?

Selon les secrets de la Torah, Yossef représente le Yessod, la pureté sexuelle. Quand un homme est propre au niveau de sa b'rit milah, son membre circoncis, aucun animal ne peut lui nuire, ni aucune force de la nature. C'est d'ailleurs grâce à cela également que les lions se sont baissés devant Daniel dans la fosse.

 

Il y a une allusion à cela dans le Texte : à ce moment de l'histoire, Yossef est âgé de 17 ans. Or, 17 est la valeur numérique du mot טוב tov, bon en hébreu. Le mot tov apparaît pour la première fois dans le récit de la Création, plus précisément lors de l'apparition de la lumière. En prenant les dernières lettres de l'expression אֶת־הָאוֹר כִּי־טוֹב « la lumière est bonne » (Béréshit/Genèse 1:4), nous trouvons le mot ברית brit, alliance ! Un homme pur sexuellement, qui garde sa b'rit milah, voit la lumière divine resplendir dans son corps et dans son âme, comme le rapporte d'ailleurs le Zohar lui-même :

 

« La sainte Alliance [le membre sexuel] rend le corps de l'homme radieux et lumineux, et celui qui la garde ne subira aucun préjudice » (Zohar II, 3b)

 

« Celui qui garde cette Alliance sur laquelle le monde repose est appelé un Juste. Nous l'apprenons de Yossef qui, du fait de son observance de l'Alliance, a mérité de recevoir le qualificatif de Yossef le Juste » (Zohar I 59b)

 

« Celui qui garde la Sainte Alliance mérite d'être roi, comme Yossef. Ainsi le peuple d’Israël, lorsqu'il garde l'Alliance, mérite d'être roi comme il est écrit: « Tous les enfants d’Israël sont des Fils de Rois » » (Shabbat 11a, Tikouné Zohar 51a, Tikoun 15)

 

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« Or, plusieurs marchands madianites vinrent à passer, qui tirèrent et firent remonter Yossef de la citerne, puis le vendirent aux Ismaélites pour vingt pièces d'argent. Ceux-ci emmenèrent Yossef en Égypte » (Béréshit/Genèse 37:28)

 

De même que Yossef a été vendu par ses frères à une Nation étrangère, de même Yéshou'a le Messie fut vendu pour quelques pièces à Edom, le monde occidental. Et de même que les frères inventèrent comme excuse : « Nous dirons qu'une bête sauvage l'a dévoré » (37:20), de même le Sanhédrîn corrompu à Rome de l'époque blasphéma sur Yéshou'a, entraînant tout Israël à croire jusqu'à aujourd'hui qu'il « s'est fait dévoré par Edom », c'est-à-dire qu'il a renié la Torah pour « épouser » la conception du monde occidental chrétien (plus de loi en vigueur), Edom étant comparé à une bête :

 

« Et voici, il y avait un quatrième animal » (Daniel 7:7)

 

Cependant, ni l'un ni l'autre n'oublia son peuple, et comme Yossef se dévoila à ses frères et devint leur Roi, de même Yéshou'a dévoilera à nouveau sa Judaïté à son peuple Israël, et régnera sur eux, et avec eux :

 

« Rabbi Lévy a dit : « Pendant les vingt-deux ans où il ne les avait pas vus, Yossef ne but pas de vin » » (Béréshit Rabbah 92:5)

 

« Oui je vous le dis, je ne boirai plus du fruit de la vigne [pendant l'exil d'Edom] jusqu'au jour où je boirai le vin nouveau dans le Royaume d'HaShem [quand je retrouverai le peuple d'Israël] » (Marc 14:25)

 

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« Elle le saisit par son vêtement et lui dit : couche avec moi ! » (Béréshit/Genèse 39:12)

 

« Les tsitsiyot : franges aux quatre coins du vêtement – rappellent au Juif ses obligations. Aussi, elle les saisit, pour que Yossef ne se rétracte pas au dernier moment en les voyant » (Ben Ish H, 'Od Yossef H)

 

Zoulékha, la femme de Poti-phéra, fera tout pour faire chuter Yossef dans la faute. Cependant, par le mérite de la mitsvah/commandement des tsitsit (les pères accomplissaient la Torah avant qu'elle ne soit donnée), il fut sauvé de la faute.

 

Le Talmud raconte, à ce sujet, une histoire similaire :

 

« Une fois un homme, qui était très scrupuleux sur la mitsvah de Tsitsit, entendit parler d'une certaine prostituée dans l'une des villes côtières, qui demandait quatre cents dinars pour se donner. Il lui envoya les quatre cents dinars et convenu d'un jour avec elle.
Quand ce jour arriva, il vint et l'attendit à la porte, et sa domestique vint et lui dit : « l'homme, qui vous a envoyé quatre cents dinars, est ici et attend à la porte ». Elle lui répondit : « Qu'il entre ! ». Quand il arriva, elle prépara pour lui sept lits, six d'argent et un d'or ; entre les lits, il y avait des marches d'argent, et la dernière était d'or. Elle alla jusqu'au lit du haut et se coucha dessus, nue. Il alla alors après elle, dans son désir de débauche, quand tout d'un coup, les quatre Tsitsit de son vêtement le frappèrent au visage ! Suite à cela il se retira et s’assit sur le sol.

 

Elle le rejoignit et, s'étant assise sur le sol, lui dit : « Par le Capitole de Rome, je ne te laisserai pas partir jusqu'à ce que tu me dises le défaut que tu as vu en moi. »

« Par le Temple, répondit-il, jamais je n'ai vu de femme aussi belle que toi; mais il y a un précepte qu'HaShem notre E.lohim nous a donné, appelé Tsitsit, et le concernant il est écrit deux fois « Je suis le Seigneur ton Dieu », ce qui signifie :  « Je suis Celui qui donnera la punition et la récompense dans le futur ». Or, mes Tsitsit m'apparurent comme quatre témoins ». Elle lui dit, « Je ne te laisserai pas tant que tu ne m'auras pas dit ton nom, le nom de ta ville, le nom de ton Maître ainsi que le nom de l'école dans laquelle tu étudies la Torah ». Il lui écrivit tout cela sur une note et lui donna.

 

Alors, elle se leva et partagea sa fortune en trois parties; un tiers pour le gouvernement, un tiers à distribuer parmi les pauvres, et un tiers qu'elle prit avec elle dans sa main; elle garda cependant les draps du lit. Elle vint au Beth Hamidrash, la maison d'étude, de Rabbi Hiya, et lui dit: « Rabbi, dis-moi ce que je dois faire afin de me convertir ». « Ma fille, répondit-il « As-tu jeté ton dévolu sur un de mes élèves ? » Elle prit alors la note et la lui tendit. « Va », dit-il « et réjouis-toi de ton acquisition». Ces même draps qu'elle avait préparés pour lui à des fins de débauche servirent de manière permise [son mariage avec l'élève qui voulait fauter avec elle]. Ceci est la récompense de cette mitsvah dans ce monde » (Ménahot 44a)