ויקרא

Parashat Vayiqra


La mort qui conduit à la Vie


Torah : Vayiqra/Lévitique 1:1 à 5:26
Haftarah : Yésha'yahou/Isaïe 43:21 à 44:23

Avec cette section début l'étude du Livre de Vayiqra (Lévitique en français). Cette parasha présente différents types de korbanot, holocaustes, que devait apporter le Peuple d'Israël pour expier ses fautes et se réparer. Y sont décrits les différentes façons qu'ont les Cohanim de dépecer les bêtes et de présenter le sang devant HaShem.

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Avec le Séfer Vayiqra/Livre du Lévitique, nous débutons l'étude des korbanot ou sacrifices. En réalité, le mot « sacrifice » est une mauvaise traduction de l'hébreu korbân, qui, littéralement, signifie « rapprocher ». Durant toutes les études donc, le mot korbân sera préféré à sa traduction française.


La première mention d'un korbân, de façon claire, se trouve dans le premier Livre de la Torah, Béréshit ou Genèse, au sujet des frères Qayîn et Havèl, enfants du premier couple de l'histoire, qui offrirent, l'un des aliments de la Terre à HaShem, l'autre du petit bétail.


Cependant, la première allusion (remèz en hébreu) à un tel acte se situe après la faute d'Adâm dans le Gan 'Eden, où HaShem E.lohim fait des habits de peau pour couvrir Adâm et sa femme. Cela renvoie à l'image de la kapparah, l'expiation en français. En effet, le couvercle de l'Arche Sainte s'appelle la kaporet. Il y a donc le sens d'expier, mais aussi de recouvrir, de cacher. Dans notre contexte donc, la kapparah couvre la faute.


Dans l'absolu, la chute de l'homme a entraîné une rupture entre son Père céleste et lui-même. Le korbân permet de rétablir ce lien, d'aider l'homme à renouer, à retrouver une relation avec HaShem.


Maintenant, une nouvelle question surgit : quelle est la différence entre tous les korbanot ? Il existe le korbân animal : celui-ci est tué selon certaines règles, puis brûlé sur l'autel du Temple. Il existe également le korbân végétal constitué d'huile et de fleur de farine, ainsi que la mystérieuse vache rousse qui, de ses cendres, peut redonner la pureté à un homme tout en contaminant celui qui asperge cette eau lustrale !


Interrogeons-nous aussi sur le Mashiah/Messie fils de Yossef, Yéshou'a : il est dit qu'il s'est fait korbân pour rétablir la relation entre nous et HaShem, « annulant » par là même les korbanot tels que décrits dans la Torah, ceux que l'on offrait au Temple. Cependant, comment expliquer qu'après la résurrection, Shi'môn Kéfa/Pierre et Yohanân/Jean montent au Temple pour assister à la mînha, le
korbân de l'après-midi (Histoire des Talmidîm/Actes des apôtres 3:1) ?
Que le Troisième Temple verra le jour avec la reprise des korbanot au Temple, selon la Parole d'HaShem au prophète hézqèl/Ézéchiel (chapitre 40 à la fin de son livre) ?


Yéshou'a a-t-il vraiment tout remplacé ?


Les korbanot selon la Torah de Moshé


Il n'a pas été donné à Israël de comprendre en profondeur la notion des korbanot, cependant, plusieurs explications vraies ont quand même été données au peuple, et transmises. Ainsi, Rabbi Moshé Isserlès nous apprend que le korbân provoque un rapprochement incomparable entre le peuple et HaShem, et Sa Présence Divine ou Shékhinah se lie aux Juifs.


Le Ramban, ainsi que Rabbénou Béhayé enseignent pour leur part que le korbân élève les trois capacités principales de l'homme : sa pensée puisqu'il regrette sa faute, sa parole puisqu'il exprime ses fautes à voix haute (le vidouy en hébreu ou confession orale), et son action puisqu'il voit l'animal subir la mort, ce qui aurait dû lui arriver à la suite de ses fautes.


* Voici, en résumé, les principaux korbanot :

Korbanot très saints

La 'olah (offrande de « montée »)                   → Offrande du particulier (volontaire, du nazir, de la femme accouchée, du converti, etc)

                                                                        → Offrande de la communauté (chaque matin et chaque soir, pour expier le                  péché d'idolâtrie, etc)

La mînha (offrande végétale)                            → Offrande végétale facultative du particulier

                                                                               → //                  //        obligatoire                   //

                                                                               → obligatoire de la communauté

Shélamé Tsibour

(offrande de paix pour la communauté)

 

Korbanot d'expiation (hatât en hébreu)          → Expiation du particulier (du prince, du particulier, du nazir, du lépreux, du            Cohen/prêtre oint, etc)

                                                                                → Expiation de la communauté (pour les Fêtes, Rosh Hodesh/Nouvelle Lune, etc)

 

Korbanot de faute (asham en hébreu)             Pour un vol, une atteinte à la sainteté, de l'esclave à moitié affranchie, pour le lépreux,  pour un délit dont on n'est pas certain...

 

Korbanot de moindre sainteté

 

Korbân de paix (shélamim en hébreu)               Offrande de Péssah/Pascal, de la dîme du bétail, du premier-né mâle, du particulier     (offrande de paix du nazir, de reconnaissance, en accomplissement d'un vœu)

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Yéshou'a et les korbanot

 

Nous lisons dans le Téhilim/Psaume 40 la chose suivante (c'est une prophétie au sujet du Messie qui s'adresse à HaShem) :

 

 

 

« Offrande et mînha, Tu ne le désires pas, mes oreilles Tu as creusé [« Tu me l'a fait comprendre »]. La 'olah et le hatât, Tu ne les demandes pas. Alors je dis : « voici ! Je viens avec le rouleau du Livre écrit pour moi. Faire Ta volonté, mon E.lohim, est mon désir, et Ta Torah est dans mes entrailles » » (40:7-9)

 

Comment le Mashiah peut-il dire qu'HaShem ne désire pas des choses qu'Il a Lui-même ordonnées par l’intermédiaire de Moshé ?

 

Dans un autre passage du Tanakh (Première Alliance), il est également dit :

 

« Car les enfants d'Israël resteront longtemps sans Roi, sans chef, sans sacrifice, sans statue, sans éphod, et sans théraphim » (Hoshé'a/Osée 3:4)

 

Le Roi Messie est venu juste avant la destruction du Second Temple et l'exil de 2000 ans que le peuple d'Israël allait subir. Sans korbanot, sans effusion de sang, il n'y aurait plus eu de pardon, de réparation possible pour le Peuple. Ainsi, le Mashiah est venu et depuis ce temps, dans les Mondes supérieurs, il continue le service dans le Temple céleste, permettant avec son sang, de faire perdurer ce que les différents korbanot réalisent en présence du Temple terrestre.

 

Il réunit donc en lui tous les korbanot que nous ne pouvons plus réaliser pour l'instant :

 

« Après avoir livré sa vie en ashâm/korbân pour le péché, il verra une postérité » (Yésha'yahou/Isaïe 53:10)

 

Cependant, il est écrit dans les prophéties de hézqèl qu'à l'époque messianique, le Temple sera de nouveau reconstruit, et que les korbanot reprendraient !

 

Il n'y a là aucune difficulté : aucun homme ne peut cumuler les fonctions (le Roi, le prophète, le Cohen/prêtre). Quand Yéshou'a se trouve dans le Temple céleste, il fait office de Cohen et peut donc expier les fautes par son sang. Quand il reviendra, ce sera en tant que Roi et non en tant que Cohen. Il faudra donc un retour au korbanot pour les hommes qui vivront en ce temps-là, jusqu’à ce que le Roi Messie supprime totalement le mal du monde. Alors, par la suite, comme le rapporte le Talmud, tous les korbanot seront définitivement annulés, cela est dit ici :

 

« Si il était donc sur Terre [Yéshou'a], il ne serait même pas Cohen [prêtre] puisqu'existent ceux qui offrent les dons selon la Torah » (Lettre envoyée aux Hébreux, 8:4)