וישלח

Parashat Vayishlah

 

Irradier de Sainteté

 

Torah : Béréshit/Genèse 32:4 à 36:43

Haftarah : Hoshé'a/Osée 11:7 à 12:12 ; 'Ovadyah/Abdias 1:1 à 21

 

Ya'aqov envoie des anges devant lui pour préparer sa rencontre avec son frère 'Essav. Il veut séparer sa famille et serviteurs en deux camps, au cas où son frère vienne pour attaquer. Néanmoins, la rencontre se déroule sans encombre. Peu après, sa fille Dinah se fait enlever et violer. Voulant sauver son honneur, deux de ses frères partent et détruisent la ville où elle a été violentée par Shékhèm, qui se fera tuer. La section se termine par HaShem qui bénit le patriarche et par la généalogie d'Edom.

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« Ya'aqov envoya des messagers » (Béréshit/Genèse 32:4)

 

« Des anges, véritablement ! » (Rachi)

 

Ce simple commentaire nous montre quel était le niveau spirituel des pères d'Israël ! Le fils d'Yitshaq/Isaac a véritablement donné ordre à des anges de partir en reconnaissance voir ce que manigançait son frère 'Essav/Esaü. Selon une autre explication complémentaire, il en a également envoyés dans le futur pour voir ce que feraient ses descendants (le monde occidental) aux siens (Israël) et a su que viendrait l'époque de la Shoah au XXième siècle, grâce au rapport des anges (non ce n'est pas de la science-fiction !)

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Sur le verset suivant :

« Il prit de ce qui se trouvait en sa possession comme présent pour son frère 'Essav » (Béréshit/Genèse 32:14)

 

Le Hafets Hayim commente ainsi :

 

« Littéralement, il faudrait traduire : Ya'aqov prit ce qui lui venait sous la main ». Malgré son désir de trouver grâce aux yeux de son frère, Ya'aqov ne lui offrit pas ses plus belles têtes de bétail. En effet, un midrash rapporte que, lors de son départ en exil, les pierres s'étaient disputées le privilège de lui servir d'oreiller. C'était bien la preuve que même les pierres, inanimées, et à plus forte raison, les animaux, ont une certaine sainteté et il ne voulait pas les profaner en les cédant à son frère » (Hafets Hayim, commentaire)

 

L'homme étant la couronne de la Création, tous les autres règnes (minéral, végétal, animal) dépendent de lui et de ses actions. L'environnement d'un homme kadosh, saint, sera imbibé de sainteté, tandis que l'environnement d'un rasha, un méchant, sera également imbibé des conséquences de la faute.

 

Nous avons un exemple de cela quand Yéhoudah (Jude en français) dira dans sa lettre :

 

« en détestant jusqu’au vêtement souillé par leur chair » (Passouk/verset 23)

 

On raconte que quand le Shabbat arrivait le vendredi soir, toutes les chèvres du Ba'al Shem Tov se dressaient sur les pattes arrières, pour pouvoir l'accueillir comme les hommes ! Dans le même esprit, le Talmud raconte qu'un Maître d'Israël possédait un âne à l'époque qui ne mangeait que de la nourriture sur laquelle avait été prélevé le ma'asser, la dîme. Si on lui présentait du fourrage dont le dixième n'avait pas été consacré, il refusait d'en manger !

 

Il y a quelques années également, à Tel-Aviv, une jeune femme emménagea dans un nouvel appartement et, en très peu de temps, se sentit attirée irrésistiblement vers la Torah et la Connaissance Divine, et fit téshouvah (repentance) vers HaShem. En réalité, ce même appartement avait appartenu, juste avant elle, à un grand Rav d'Israël. Ses murs « transpiraient » de sa Torah, de ses prières, et de sa sainteté, ce qui avait « déteint » sur l'âme de la nouvelle locataire !

 

C'est la raison pour laquelle, quand un Maître d'Israël fait une brakha, une bénédiction à quelqu'un pour un travail, un conjoint, la santé, etc, il l'accompagne d'un acte à effectuer ou d'un objet à saisir afin que cette bénédiction puisse prendre effet, car l'objet ou l'acte en question se revêt de la sainteté de ses paroles et, comme le dit le Talmud une nouvelle fois, ce qu'un Juste décrète, HaShem l'accomplit !

 

À l'époque de la guerre du Vietnam, un soldat Juif était venu demander une bénédiction au Rabbi de Loubavitch afin de revenir vivant dans son pays, près de sa famille. Le Rabbi lui prêta une de ses paires de Téfilines pour le voyage. Ses Téfilines ne pouvant s'égarer là-bas, il fallait obligatoirement que son porteur revienne sain et sauf (ce qui arriva effectivement).

 

Ainsi donc, la maison d'un croyant, d'un enfant de D. se devra d'être kadosh sainte, et comportera des mézouzot aux portes, des livres de kodesh (Torah écrite, Torah orale, écrits d'hommes de D.), et l'on devra y parler, y discuter et y prier Torah, comme il sied à des personnes craignant le Ciel. La maison (et tout ce qui s'y trouve) deviendra alors un petit Temple avec ses ustensiles, et la bénédiction du Maître du Monde pourra s'y revêtir, et Sa Présence y résider !

 

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« J'ai habité avec Lavân » (Béréshit/Genèse 32:5)

 

Le mot « habité » en hébreu, גרתי Guarti, possède comme guématria/valeur numérique 613. Cela nous apprend que malgré tout le temps passé là-bas, chez ce voleur et hypocrite, Ya'aqov n'a jamais cessé d'observer et pratiquer les 613 mitsvot/commandements de la Torah.

 

Ce mérite lui sera bien utile car en revenant de chez son oncle, il rencontrera, en chemin, son frère 'Essav venant avec 400 hommes. 400 est la valeur numérique de la dernière lettre de l'alphabet, le ת Tav. Elle se situe donc à l'extrême opposé de la première lettre, le א Aleph, de valeur numérique 1. Le but d'Israël est de révéler l'unité d'HaShem dans le monde, comme il est dit : « HaShem sera Roi sur toute la Terre. En ce jour-là, HaShem sera Un, et Son Nom sera Un » (Zékharyah/Zacharie 14, 9)

 

Or, 'Essav avec ces 400 hommes viennent pour détruire l'Israël naissant, empêcher le Projet Divin de s'accomplir, en y jetant le mauvais œil dessus, 'ayîn harâ en hébreu (de guématria...400!). Fort heureusement, la Torah et la prière de Ya'aqov auront eu raison d'eux.