יתרו

Parashat Yitro

 

La Route de la Vie

 

Torah : Shémot/Exode 18:1 à 20:23

Haftarah : Yésha'yahou/Isaïe 6:1 à 7:6 et 9:5-6

 

Dans cette section les Dix Paroles sont données par HaShem au Mont Sinaï, à tout le peuple d'Israël, par l'intermédiaire de Moshé. Mais auparavant, le peuple doit se préparer à recevoir ce cadeau du ciel, et Moshé, pour sa part, reçoit la visite de son beau-père Yitro, qui lui demande de se décharger de certaines de ses responsabilités sur des Anciens du Peuple.

*

La parasha Yitro est la section relatant matân Torah, le don de la Torah sur le Sinaï. Ce mode d'emploi de l'homme se compose de 613 mitsvot/commandements écrits, correspondants aux 248 membres de l'homme et à ses 365 nerfs (il existe d'autres explications complémentaires concernant les 248 mitsvot positives et 365 interdits de la Torah). La question que beaucoup de personnes se posent est la suivante :

 

Une telle Torah paraît étouffante ! Elle parle sur le comportement au quotidien, sur la nourriture, le travail, les traits de caractère, l'économie, la politique, etc. C'est un « joug » !

 

En vérité....c'est l'absolu contraire qui est vrai : la Torah rend l'homme libre ! Commençons par comprendre à l'aide d'une image : vous achetez une superbe voiture dernier cri, bourrée de technologies diverses et variées. Avec est livré un mode d'emploi. Mais bien entendu, vous êtes tellement impatient que ce dernier est vite jeté par dessus votre épaule, et donc, vitres baissées, vous voilà en train de filer à 180 (au moins!) sur une belle route. Seulement voilà, vous remarquez un petit bouton parmi tant d'autres sur votre droite, entre les deux sièges. La question : à quoi sert-il ? Bah ! Appuyons dessus et nous verrons bien, après tout, ça ne doit être si terrible ! C'est peut-être pour baisser les vitres arrières, allumer l'habitacle, ou encore activer une énième fonction du GPS intégré !

 

Et vous voilà en train d'appuyer dessus.....et la voiture de changer brusquement de direction, prendre la première à gauche contre votre gré, et partir toute seule vous ne savez où ! Eh oui, ce petit bouton bleue possède une fonction très simple : il conduit automatiquement la voiture vers la dernière destination enregistrée dans le GPS ! Seulement, la surprise ne fait que commencer : vous l'avez achetée neuve, et donc sortant de l'usine, personne ne l'a utilisé avant vous. Cependant, vous pouvoir tester ce GPS, le constructeur avait rentré une destination « au hasard », histoire de voir si tout fonctionnait bien. Cette destination se trouve à 456 km de là où vous voulez vous rendre....Et vous voilà en train d'angoisser dans une voiture roulant automatiquement en vous demandant comment l'arrêter. Maintenant donc, sur quelle bouton appuyer ??

 

Nous comprenons que cette image se réfère à l'homme. David Ha'Mélèkh nous rapporte dans les Téhilim/Psaumes, que nous sommes une merveilleuse créature ! Et cette créature possède un « mode d'emploi » : la Torah. D'un côté tu as la vie, d'un autre côté la mort. Choisis la vie ! Mais oh, attends ! Prends ce livre avec toi, car il t'indiquera comment cheminer de la manière la plus parfaite possible ! Lis-le, médite-le jour et nuit, et alors tu profiteras du voyage de la meilleure manière qui soit !

 

Et si dans ton chemin tu rencontres un petit « bouton bleu » qui s’appelle « mélange de lin et de laine », « fruits de mer, poissons sans écailles et nageoires » ou encore « Shabbat », tu sauras comment réagir.

 

Autre explication, tirée du Talmud, d'une beauté exquise :

 

« La Torah est comparée à un élixir de vie. Cela est comparable au cas d'un homme qui a frappé son fils et lui a fait une grande plaie, et il a ensuite placé une compresse sur sa blessure et lui a dit : « mon fils ! Aussi longtemps que cette compresse reste sur ta blessure, mange ce que tu désires, bois ce que tu désires, et baigne-toi indifféremment dans de l'eau chaude ou de l'eau froide, et tu n'as rien à craindre. Mais si tu retires cette compresse, ta blessure formera un furoncle ».

 

Ainsi le Saint Béni Soit-Il dit à Israël : « Mes fils ! J'ai créé le mauvais penchant [nécessaire au libre-arbitre] et Je lui ai créé la Torah comme épice. Si vous vous adonnez à la Torah, vous ne serez pas livrés entre ses mains, comme il est dit : « n'est-ce pas, si tu t'améliores, tu vaincras » (Béréshit/Genèse 4:7). Mais si vous ne vous adonnez pas à la Torah, vous serez livrés entre ses mains, comme il est dit : « la faute est tapie à ta porte » (Béréshit 4:7) » » (Kiddoushîn 30b)

 

Remarquons bien les termes employés : le yester harâ/mauvais penchant de l'homme, est appelé « râ », mal/mauvais, et la Torah est appelée « épice ». Quelle est le rôle d'une épice ? Elle transforme un ingrédient fade en nourriture consommable. De même, la Torah peut s'associer à la vie d'un homme pour lui permettre de s'impliquer dans ce monde sans risquer de fauter (Iyoun Yaakov).

 

Cela signifie que tous les plaisirs de la vie deviennent permis à condition qu'ils rentrent dans le cadre de la Parole Divine. Jouis de la nourriture et de la boisson mais prends ce qui est pur, et remercie HaShem pour la nourriture. Jouis de la relation intime mais avec ton épouse, hors période du flux, dans le cadre du mariage. Fais des festins avec ta famille, mais parle également Torah dans ce rassemblement. Etc, etc.

 

« Tous les plaisirs qu'une personne dépravée peut obtenir par de grands efforts dans des domaines interdits, sont donnés aux individus sains, menant une vie saine et sobre, d'une manière permise, et sans aucun effort de leur part » (Gaôn de Vilna, Evèn Cheléma 2, 10)

 

Cette dernière histoire nous montre combien la Torah peut changer le destin d'un homme qui s'y connecte :

 

« Une fois un homme, qui était très scrupuleux sur la mitsvah/commandement de Tsitsit/franges, entendit parler d'une certaine prostituée dans l'une des villes côtières, qui demandait quatre cents dinars pour se donner. Il lui envoya les quatre cents dinars et convenu d'un jour avec elle.

Quand ce jour arriva, il vint et l'attendit à la porte, et sa domestique vint et lui dit : « l'homme, qui vous a envoyé quatre cents dinars, est ici et attend à la porte ». Elle lui répondit : « Qu'il entre ! ». Quand il arriva, elle prépara pour lui sept lits, six d'argent et un d'or ; entre les lits, il y avait des marches d'argent, et la dernière était d'or. Elle alla jusqu'au lit du haut et se coucha dessus, nue. Il alla alors après elle, dans son désir de débauche, quand tout d'un coup, les quatre Tsitsit de son vêtement le frappèrent au visage ! Suite à cela il se retira et s’assit sur le sol.

Elle le rejoignit et, s'étant assise sur le sol, lui dit : « Par le Capitole de Rome, je ne te laisserai pas partir jusqu'à ce que tu me dises le défaut que tu as vu en moi".« Par le Temple, répondit-il, jamais je n'ai vu de femme aussi belle que toi; mais il y a un précepte qu'HaShem notre Elokim nous a donné, appelé Tsitsit, et le concernant il est écrit deux fois « Je suis le Seigneur ton Dieu », ce qui signifie : « Je suis Celui qui donnera la punition et la récompense dans le futur ». Or, mes Tsitsit m'apparurent comme quatre témoins ».

Elle lui dit, « Je ne te laisserai pas tant que tu ne m'auras pas dit ton nom, le nom de ta ville, le nom de ton Maître ainsi que le nom de l'école dans laquelle tu étudies la Torah ». Il lui écrivit tout cela sur une note et lui donna.  Alors, elle se leva et partagea sa fortune en trois parties; un tiers pour le gouvernement, un tiers à distribuer parmi les pauvres, et un tiers qu'elle prit avec elle dans sa main; elle garda cependant les draps du lit. Elle vint au Beth Hamidrash, la maison d'étude, de Rabbi Hiya, et lui dit: « Rabbi, dis-moi ce que je dois faire afin de me convertir ». « Ma fille, répondit-il « As-tu jeté ton dévolu sur un de mes élèves ? » Elle prit alors la note et la lui tendit. « Va », dit-il « et réjouis-toi de ton acquisition». Ces mêmes draps qu'elle avait préparés pour lui à des fins de débauche servirent de manière permise pour leur nuit de noces. Ceci est la récompense de cette mitsvah dans ce monde 
» (Ménahot 44a).