מטות

מסעי

Parashat Matot - Mass'ei

 

Une progression petit à petit

Torah : Bamidbar/Nombres 30:2 à 36:13

Haftarah : Yirméyahou/Jérémie 2:4-28 et 3:4 et 4:1-2

 

Cette section débute par les lois régissant les vœux formulés par un homme et une femme, puis continue en traitant de la vengeance d'Israël sur les midianites, la mort de Bil'âm, et le butin de cette guerre. Les Tribus de Réouven, Gad et la demi-Tribu de Ménashé désire le territoire situé à l'est du Yardên (Jourdain).

 

La dernière parasha de ce Livre récapitule toutes les étapes que les hébreux ont traversé, depuis leur sortie d’Égypte jusqu'à leur arrivée en Kénaân (Canaan). Puis HaShem rappelle à Moshé que le peuple doit chasser devant lui tous les peuples idolâtres avant qu'ils ne deviennent un piège pour eux. Les limites de la Terre d'Israël sont ensuite rappelées, puis sont désignées des villes de refuges pour ceux qui auraient tué un homme involontairement.

 

*

 

« Lorsqu'un homme fera un vœu à HaShem ou un serment pour se lier par un engagement, il ne violera pas sa parole, il agira selon tout ce qui est sorti de sa bouche » (Bamidbar/Nombres 30:2)

 

Ne soyons pas prompts à faire des promesses à notre Père Céleste, car qui sait si nous pourrons les réaliser ! Aurons-nous la force ? Le courage ? La volonté ? Le Roi Shlomo le disait fort bien :

 

« Ne te presse pas d'ouvrir la bouche, et que ton cœur ne se hâte pas d'exprimer une parole devant HaShem, car HaShem est au ciel, et toi sur la terre: que tes paroles soient donc peu nombreuses » (Kohélèt/Ecclésiaste 5:2)

 

Yéshou'a rajoutera :

 

« Que ton oui soit oui, et ton non soit non, le reste vient du malin » (Matityahou/Mathieu 5:37)

 

Pourquoi du « malin » ? Car ce que l'on rajoute à nos paroles est soit une marque d'orgueil : je peux le faire et je vais le prouver en jurant !, soit un mensonge en devenir, car qui sait si nous pourrons tenir l'engagement ?

 

« Si l'homme ne profane pas sa parole et respecte ses engagements, HaShem fera tout ce qui sortira de sa bouche. Si l'intéressé s'est mal exprimé, HaShem n'en tiendra pas compte,et donnera une suite heureuse à ses propos » ('Od Yossef H)

 

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« Venge les enfants d'Israël sur les Midianites » (Bamidbar/Nombres 31:2)

 

Nous avons vu dernièrement que les femmes midianites ont fait chuter volontairement les hébreux dans l'immoralité sexuelle. Le temps de la Justice est aujourd'hui arrivé !

Dans nos vies, nous voulons sans cesse nous venger, « rendre la monnaie de sa pièce ». Cependant, HaShem venge et rétribue car Il sait comment agir pour que la justice soit rendue de la façon la plus parfaite possible ! En sommes-nous capables ? Bien sûr que non, car il y a beaucoup trop de paramètres qui rentrent en jeu, dont la majorité ne nous sont pas connus. C'est pourquoi notre vengeance personnelle ferait naître encore plus d'injustices qu'au départ !

 

Mais gardons courage, au final, la vérité et le droit finissent toujours par triompher dans le Messie. Et si ce n'est pas dans cette vie, cela se passe de « l'autre côté ». Et si ça n'est pas de « l'autre côté », ça sera au Retour du Roi Messie, lors de la résurrection des morts, où se tiendra le Jugement final, pour les Justes comme pour les injustes !

 

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« Voici les stations des enfants d'Israël qui sortirent d’Égypte » (Bamidbar/Nombres 33:1)

 

Cette dernière parasha nous fait la liste de tous les endroits où les Israélites sont passés durant leurs pérégrinations de quarante ans. Cependant, pour nous aujourd'hui, quelle est la pertinence de ce Texte ?

 

Nos Maîtres nous révèlent que ces stations font en réalité allusion aux étapes qu'un homme traverse dans sa vie. Par exemple, il est écrit :

 

« Les enfants d'Israël partirent de Ramsès pour Souccot » (33:5)

 

La première chose qu'une personne née de nouveau réalise est qu'elle doit sortir de son Égypte personnelle, c'est-à-dire de ses limites, ce qui la tient esclave, pour atteindre Souccot, la foi qu'HaShem peut le délivrer. En effet, une soucca (souccot au pluriel) est une cabane temporaire, le style que possédaient les hébreux dans le désert, tandis que l’Égypte était la super puissance mondiale de l'époque avec sa relative « sécurité », son confort et ses « avantages ». Ramsès peut également se décomposer en Râ Messess, soit la « mauvaise souillure » ('Od Yossef H)

Cependant, la véritable sécurité ne se trouve pas dans l'homme mais dans le Créateur.

 

Après Souccot Israël arrive à Etam, qui est l'anagramme de émeth, la vérité (Ben Ish H). Pour sortir de nos prisons, nous devons placer notre foi dans le Créateur (étape Souccot) puis dans Sa parole qui est la vérité (Etam/Emeth), comme il est dit :

 

« Ta Parole est la vérité » (Yohanân/Jean 17:17)

 

« Ils partirent d'Etam et habitèrent à Pi Hahirot, qui est en face de Ba'al Tsefôn et ils campèrent devant Migdol » (33:7)

 

Après la émounah/foi et la Parole/Torah, nous devons proclamer par la bouche (Pi) les promesses qui nous conduisent à notre liberté (Hérouth), en faisant attention au mauvais penchant/le satân, qui se tient au « nord » (Tsefôn), lui qui veut se faire adorer comme un dieu (Ba'al) (d'après le Midrash, le nord désigne allusivement le mauvais penchant). En combattant par la Parole, nous atteignons alors de nouveaux sommets (Migdol, Tour en français) (Ben Ish H)

 

Autre exemple : « ils voyagèrent de Hatsérot et campèrent à Ritma » (33:18)

 

Ritma, selon Rachi, fait allusion à l'endroit où les explorateurs ont médit de la Terre d'Israël. Pour nous, cela signifie que dans notre vie, nous passerons obligatoirement par un (des) moments d'épreuves où HaShem va nous tester, comme les Israélites jadis : allons-nous maugréer, geindre, nous plaindre, médire, ou alors Lui faire confiance ? Le teste est difficile, et qui n'a jamais chuté ? Néanmoins, à nous de travailler ce point et à prendre exemple sur Yéhoshou'a et Calev plutôt que sur les autres explorateurs.

 

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« Ce pays deviendra votre héritage, le pays de Kénaân dont voici les limites » (Bamidbar/Nombres 34:2)

 

Israël est le seul pays au monde dont les frontières ont été définies avant la conquête, et qui sont inscrites dans un Livre plusieurs fois millénaire et reconnu comme saint par les trois grandes religions monothéistes du monde ! Et pourtant, paradoxalement, c'est le pays qui voit le plus ses frontières remises en question, allant jusqu'à son existence même ! Comment comprendre ce paradoxe ?

 

Quand Israël reçut la Torah, il l'a reçue au Sinaï. La racine de ce mot signifie « haine ». En devenant le Peuple d'HaShem, s'éveilla contre lui la haine des Nations. Et tout ce qui est lié à Israël, dont sa Terre, se retrouve sous le feu de leurs « projecteurs ». Qui hait Israël, hait sa terre, et hait HaShem !

 

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« Ne profanez pas le pays » (Bamidbar/Nombres35:33)

 

« D'après le Sifré, l'interdiction de ne pas profaner le pays s'applique aux flatteurs […] il faut s'éloigner de toute flatterie, qui est sévèrement punie, car Rabbi El'âzar a enseigné : « Toute assemblée où règne la flatterie finit par être exilée » (Sotah 42a), et Rabbi Yirmeyah bar Aba dit : « quatre catégories de pécheurs sont privés de la Présence Divine : les railleurs, les flatteurs, les menteurs et les médisants » » (Hafets Hayim, commentaire sur la Torah)

PDF Parasha Matot-Mass'ei