פנחס

Parashat Pînhas

 

Le Roi Gardien de l'Alliance

 

Torah : Bamidbar/Nombres 25:10 à 30:1

             1er montée (rishôn) : (Bam/Nbr. 25:10-26:4)

             2ième montée (shéni) : (Bam/Nbr. 26:5-51)

             3ième montée (shlishi) : (Bam/Nbr. 26:52-27:5)

             4ième montée (révi'i) : (Bam/Nbr. 27:6-23)

             5ième montée (hamishi) : (Bam/Nbr. 28:1-15)

             6ième montée (shishi) : (Bam/Nbr. 28:16-29:11)

             7ième montée (shevi'i) : (Bam/Nbr. 29:12-30:1)

             Maftir : (Bam/Nbr. 29:35-30:1)

Haftarah : I Mélakhim/1 Rois 18:46 à 19:21

Torat Yeshou'a : Matityahou/Mathieu 16:13-20, Première Lettre envoyée aux Corinthiens, chapitre 5

 

Pînhas est récompensé par HaShem pour son acte héroïque et se voit attribuer une alliance de paix, lui conférant le titre de Cohen. Les midianites sont, quant à eux, tués, pour avoir fait chuter Israël. Un nouveau dénombrement est ensuite réalisé, afin de constater les différentes pertes que le Peuple a connu dans le désert. Puis, viennent les filles de Tsélofrad, demandant à Moshé une part d'héritage, leur père étant mort sans laisser de fils. Moshé qui, juste après, intronisera Yéhoshou'a comme son successeur, devant faire entrer la communauté dans la Terre Promise. Pour terminer, une description détaillée des différents korbanot à offrir durant l'année, les Fêtes et Rosh Hodesh est donnée

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"Pînhas bèn El'azar bèn Aharôn le Cohen" (Bamidbar/Nombres 25:11)

"Étant donné que les tribus se moquaient de lui : « Avez-vous vu ce fils de Pouti, celui dont le grand-père maternel, [Yithro], engraissait (pitém) des veaux pour l’idolâtrie, tuer le prince d’une tribu d’Israël ! », le texte retrace ici sa généalogie depuis Aharôn (Sanhédrîn 82b)" (Rachi)

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"Mon alliance de shalôm" (Bamidbar/Nombres 25:12)

"Qu’elle lui soit une alliance de paix ! De même que l’on témoigne sa reconnaissance à quelqu’un qui nous a fait du bien, de même le Saint béni soit-Il lui offre ici Sa paix" (Rachi)

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"Et le nom de la femme" (Bamidbar/Nombres 25:15)

"Pour t’apprendre la haine que leur vouaient les Midianites, qui ont prostitué la fille d’un roi à seule fin d’entraîner Israël au péché (Midrach Tân‘houma)" (Rachi)

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"La famille" (Bamidbar/Nombres 26:5)

"Les autres peuples se moquaient d’eux en disant : « Comment peuvent-ils fixer leurs lignées familiales selon leurs tribus ? S’imaginent-ils que les Égyptiens n’ont pas séduit leurs mères ? S’ils ont été leurs maîtres, à plus forte raison l’ont-ils été de leurs femmes ! » Voilà pourquoi le Saint béni soit-Il a associé Son Nom au leur, par les lettres hé au début et yod à la fin, comme pour porter témoignage qu’ils sont bien les fils de leurs pères. Cette pensée a été exprimée par David : « Les tribus de Y.ah, témoignage pour Israël » (Tehilim 122, 4) – ce Nom-là témoigne pour eux quant à leurs tribus. C’est pourquoi elles portent toutes des noms comme ‘Hanokhi, Paloui. Mais pour Yimna (verset 44), il n’était pas nécessaire de l’appeler : « la famille ha-Yimni » car le nom contient déjà un yod au début et un hé à la fin" (Rachi)

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"Et un bouc" (Bamidbar/Nombres 28:15)

"Tous les boucs des moussafim servent à expier une impureté du sanctuaire et de ses choses saintes, le tout comme expliqué dans le traité Shevouôt (9a). Mais il en va autrement pour le bouc de Rosh ‘Hodesh, à propos duquel il est écrit : « à HaShem », cela pour t’apprendre qu’il sert à expier les impuretés dont on n’a eu connaissance ni au début ni à la fin et dont seul est informé le Saint béni soit-Il. On en déduit la signification des autres boucs sacrifiés. La haggadah explique que le Saint béni soit-Il a dit : « Apportez-moi une kappara, à moi qui ai rapetissé la lune ! » (‘Houlin 60b)" (Rachi)

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« C'est pourquoi tu diras que Je traite avec lui [Pînhas] une alliance de paix » (Bamidbar/ Nombres 25:12)

 

Il est écrit littéralement : « Ainsi tu diras : voici, Je te donne mon Alliance de paix ». En hébreu, l'expression « Mon alliance de paix » se dit בריתי שלום Briti shalom. La troisième lettre du mot shalom est un ו Vav.

 

Or, dans les parchemins de la Torah, cette lettre possède une anomalie : en effet, elle est coupée en son centre comme suit :

 

 

 

 

Si HaShem a demandé à Moshé d'écrire comme cela, c'est pour nous laisser un message. Mais lequel ? Il y a plusieurs explications car la Torah possède 70 faces, essayons donc d'en comprendre une, à notre niveau.

 

Au niveau des secrets de la Torah, la lettre Vav correspond à un attribut Divin, que nous retrouvons également dans l'homme, c'est le yessod, en français « le fondement ». Cet attribut désigne la pureté sexuelle. Il est également relié à la notion de Tsadik, Juste. C'est pourquoi Yossef/Joseph est appelé « Ha Tsadik », Le Juste, car il a su préserver sa sexualité face à la débauche de l’Égypte antique. C'est ce mérite qui lui conférera le titre de Roi d’Égypte. Mesure pour mesure : il a su être maître de son corps, sa récompense sera alors d'être maître sur tout le pays !

 

Pînhas, par son acte héroïque, a su mettre fin aux conséquences de la débauche sexuelle dans le peuple d'Israël. En récompense donc, HaShem lui donne une « alliance de paix ». Mesure pour mesure là également : l'Alliance représente la circoncision, soit la pureté sexuelle, et la paix, le shalom, est également une notion synonyme, ainsi qu'une conséquence, selon les Maîtres d'Israël, d'une sexualité saine à tous les niveaux. Il hérite donc de la pleine récompense comme Yossef en Égypte !

 

Mais alors, pourquoi briser la lettre Vav ? Il s'agit d'une allusion de la Torah concernant les temps de la fin. En hébreu, le mot שלום shalom a la même valeur numérique que עשו Essav, soit 376. Essav (ou Edom) représente le dernier exil d'Israël, celui que nous vivons depuis 2000 ans. Cela signifie qu'aux temps de la fin, avant le Retour du Roi Messie, la sexualité, représentée par le Vav, sera totalement bafouée, « brisée », et sera la dernière grande épreuve de l'humanité.

 

Le Vav a également comme symbolisme le clou, ce qui signifie que seul la chair clouée (la sanctification) peut être en mesure de faire face à ce déluge de corruption. Rien n'est facile, mais nous avons été avertis à l'avance, et il faut travailler, travailler, travailler.....

 

En vivant sainement à tous les niveaux, nous hériterons du shalom, la paix parfaite. Plus encore, selon les secrets de la Torah, tout celui (ou celle) qui se garde de la débauche (semence en vain, adultère, fornication, flirt, etc etc) et qui met en pratique les mitsvot positives pour garder une intimité pure (les lois de la Torah concernant la séparation d'avec son épouse durant ses menstruations) ne connaît plus la peur, l'angoisse, la dépression. La lumière resplendit dans son âme, comme cela est livré en allusion ici :

 

« Car la Lumière est bonne » (Béréshit/Genèse 1:4)

 

En prenant chaque dernières lettres de ce verset en hébreu, nous obtenons le mot Brit, Alliance (sexuelle) :

 

את האור כי טוב

ברית

 

Et il s'élève au-dessus de la nature ! Car le mot מילה « milah », désignant le membre sexuel, possède la même valeur numérique que אלחים « E.lohim » et הטבע « Hatév'a », la nature.

 

C'est la raison, nous disent nos Maîtres, pour laquelle Daniel ne craignit pas les lions dans la fosse : il avait passé sa vie à se garder totalement pur. Les animaux voient cela, ils peuvent discerner l'image Divine qui irradie d'un tel homme, et ils en ont peur, et ne s'attaquent pas à lui.

 

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« Notre père est mort dans le désert » (Bamidbar/Nombres 27:3)

 

Il s'agit du mystérieux personnage qui a ramassé du bois le jour du Shabbat, selon Rabbi 'Akiva (Bamidbar/Nombres 15:32, Sifré)

 

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« Qu'HaShem, l'Elohé des esprits de toute chair, établisse sur la communauté un homme » (Bamidbar/Nombres27:16)

 

Pourquoi la Torah appelle-elle HaShem ici : « l'Elohé des esprits de toute chair » ?

 

« Car il est révélé devant Toi l'opinion de chacun, et aucune ne se ressemble. Nomme donc sur eux un chef qui supporte chacun selon ses opinions » (Rachi, Yalkout)

 

Beaucoup veulent devenir des dirigeants, des chefs, posséder un certain pouvoir. Si les motivations sont bonnes et pures, c'est une excellente chose, cependant, possèdent-ils les qualités requises pour diriger et conduire ? Car un tel homme doit être capable de « jongler » avec les opinions de chacun, tant qu'elles ne sont pas contraires à l'esprit de la Torah, et savoir composer avec tous, dans la paix, et construire l'édifice avec chaque pierre, en trouvant le bon emplacement pour chacun !

 

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La Torah, à l'origine, ne possède aucune ponctuation, ni séparation de versets. Il est donc possible de lire certains passages de manières différentes. Ainsi, nous pouvons comprendre :

 

« Pour HaShem, durant sept jours vous apporterez une 'olah [un holocauste] » (Bamidbar/Nombres 29:12-13)

 

Si nous prenons, en hébreu, les initiales de cette phrase, nous obtenons le mot Lyshou'a, c'est-à-dire « pour Yéshou'a ».

 

לַיהוָה שִׁבְעַת יָמִים וְהִקְרַבְתֶּם עֹלָה

לישוע

 

Ce monde dure 7 millénaires, correspondant aux six jours de la Création plus le Shabbat : 6 millénaires d'histoire adamique suivit d'un millénaire d'époque messianique (appelée également le millénium). Ce monde ne tient que par le fils (lettre envoyée aux Hébreux 1) qui soutient toute chose, lui qui a reçu toute autorité du Père. Et comme il est également rapporté dans la Guémara que le monde n'a été créé que pour le Messie. Nous pouvons donc comprendre ainsi :

 

« Pour vous rapprocher d'HaShem, durant les sept millénaires qui ont été mis en place par lui et pour lui, Yéshou'a, vous devez apporter son qorbân, qui sera à votre bénéfice » !

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PDF complémentaire "Parasha Pînhas"

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Le Ba'al Hatourim note que, dans le séfer Torah, la lettre qouf qui apparaît dans Bamidbar 25:11 est surmontée de tagîn (des couronnes sur la lettre), pour nous dire par allusion que par son acte, Pînhas a mérité d'être couronné par la kéhounah (la prêtrise).

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Les versets 16 et 17 du chapitre 27 contiennent en tout 28 mots, qui correspondent aux 28 ans durant lesquels Yeshoshou'a a été Roi sur Israël !

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La guématria du mot "méhodékha" ("de ta majesté") est de 75, égale à celle du mot "hasod", "le secret", pour nous enseigner que Moshé transmis à Yehoshou'a les secrets du char Divin (la vision qu'aura également Ye'hezqèl), et de la création du monde.

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Le Maître fait remarquer que la Torah n'emploie pas l'expression "pour le péché" dans la description des sacrifices à apporter à Shavouôt (également appelé 'Astérèt) comme pour toutes les autres Fêtes. Cela car Shavouôt fut le don de la Torah, qui est l’antidote de la faute, et qui expie tous ceux qui l'étudie !

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A propos du nombre de sacrifices offert durant Soukkôt, le Midrash nous dit : "La Torah enseigne ici une règle de savoir-vivre. Celui qui a un hôte à sa table, lui servira le premier jour de la volaille grasse, le lendemain du poisson, le surlendemain de la viande ordinaire, le jour suivant des légumes secs et finalement des légumes verts : il diminue graduellement l'importance des mets, comme les taureaux de Soukkôt" (Tânhouma).

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La Torah dit littéralement "Et un bouc expiatoire pour HaShem", car HaShem a "fauté" avec la lune ! Le Midrash rapporte en effet qu'à la création du monde, la lune et le soleil était de même importance. La lune s'est alors plainte en disant qu'il ne pouvait y avoir deux rois pour une couronne. E.lohim a alors diminué la lune afin que la couronne ne demeure qu'avec le soleil. La lune resta "triste", malgré le fait que le Créateur lui donna les étoiles du ciel pour armée la nuit. Pour se faire alors "pardonner", HaShem "s'offre" un expiatoire chaque mois !

Il s'agit bien entendu de métaphores, cependant, on peut expliquer à un certain niveau que la lune représente la femme, la royauté d'Israël ou encore la Shékhinah. Dans ce monde, ces trois entités sont opprimées et écrasées par ceux qui portent véritablement la couronne. Elles sont "un coup en haut, un coup en bas", comme la lune, qui a un cycle croissant et décroissant. La délivrance finale viendra néanmoins réparer cet état de fait, la dimension féminine reprendra sa couronne.

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Le prince de la tribu de Shim'ôn a fauté avec une fille de roi, Kozbi bat Tsour. Selon les secrets de la Torah transmis par nos Maîtres, nous apprenons que Kozbi reviendra en guilgoul plus tard dans l'histoire, dans le personnage d'Izévèl, qui sera pleine de haine et de vengeance pour Eliyahou le navi, guilgoul de Pînhas, donc son "ancien" assassin ! Et après cela, elle reviendra encore une fois dans Rupina, une romaine qui se convertira et épousera Rabbi 'Aquiva. Car en réalité, elle avait toujours eu le désir de s'attacher à la lignée d'Israël pour faire partie du peuple du Saint Béni Soit-Il, mais s'y prit de bien mauvaise façon lors de ses deux premières incarnations. HaShem lui donna alors une autre chance, qu'elle sût saisir ! (D'après le Guilgoul Néshamot, du Rama de Pano).

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Il faut, dans le mesure du possible, s'opposer à la faute et au fauteur, car celui qui ne proteste pas alors qu'il le pouvait est considéré comme complice du péché. Israël est sur un même bateau, quand une personne faute, tout le monde en paye les conséquences. L'inverse est également vrai : pour chaque mitsvah accomplie, tous les Juifs en retirent un bénéfice.

En l'absence du Temple, nous apportons les sacrifices par nos lèvres, en disant le paragraphe des qorbanot chaque jour, matin et après-midi, ainsi qu'en faisant les trois prières et les ajouts (moussafim) les shabbat, yom tov, rosh hodesh et hol hamoed.