Histoire

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La revanche des Juifs

 

Après l'exil de Babylone et celui des Mèdes et des Perses, Israël fut soumis aux Grecs, qui ont voulu imposer leur vision au peuple d'HaShem. Pour contrer la politique d’hellénisation, les Maccabées, une famille Israélite (Matityahou et ses fils, en particulier Yéhoudah) vont se lever et mener la guerre contre l'envahisseur. En effet, les grecs voulaient déraciner la Torah dans le pays, et les autorités s'attaquèrent à l'observance de trois commandements principaux : le Shabbat, la circoncision, et la sanctification du nouveau mois (Rosh Hodesh). Pourquoi ceux-là en particulier ? Car les grecs se disaient les "souverains du monde", or le Shabbat est le rappel que l'E.lohé d'Israël est le Seul Maître. Les grecs avaient fait de la débauche sexuelle une façon de vivre, or la circoncision est le sceau du Créateur sur le membre viril de l'homme, proclamant ainsi que seule une sexualité pure est acceptée à Ses Yeux. Enfin, les grecs se croyaient maîtres du temps et seuls décideurs de leurs fêtes. Le Rosh Hodesh vient contester cela et nous apprendre que les Fêtes sont des rendez-vous Divins dont les jours sont fixés par le Créateur Lui-même, connaissant les secrets de l'espace-temps qu'Il a créé et donc à quels moments de l'année il est possible de capter certaines forces de bénédictions spirituelles.

Le Retour de la Torah

Les combats furent rudes entre les Juifs et les occupants de la Terre Sainte, mais grâce au Maître du monde, Israël vainquit une nouvelle fois, et put continuer sa route avec son Père Céleste. En effet, le Saint Béni Soit-Il donna la victoire dans de nombreuses à batailles à Yéhoudah ben Matityahou le Cohen, et ses frères : Shim'ôn, Yohanân, Yonatân et El'azar. Yéhoudah frappa Apollonios, gouverneur de la région de Yéhoudah, et son camp. Il s'occupa également, miraculeusement, de Séron et de son camp, à Bet Horôn, puis de l'armée Syrienne, et marcha vers Yéroushalayim, qu'il débarrassa des hellénisants.

 

Cependant, la guerre avait fait des ravages, et le Temple, la couronne d'Israël, avait été profané. Il était désert, ses portes avaient brûlé, de l’herbe avait poussé. Tous se mirent au travail pour le purifier et le remettre en fonction. Cependant, un problème de taille vit le jour : seulement une fiole d'huile pure avait été trouvée, pour pouvoir allumer la Ménorah, le candélabre du Temple. Il fallait huit jours pour préparer une huile d'olive de qualité supérieure, or la Ménorah devait briller en permanence. Comment donc procéder ?

Le peuple fit un acte de foi et s'en remit au Boré 'Olâm, le Créateur du monde, et se servit de cette unique fiole pour allumer. HaShem honora leur confiance et permit à l'huile de brûler huit jours au lieu d'un seul !

En souvenir donc de la victoire militaire et du miracle de la fiole d'huile, le Sanhédrîne instaura la fête de החנוכה Hanoukkah, mot possédant plusieurs significations : il y eu une nouvelle inauguration du Temple (Hanoukat haBayit), reconsécration (חנוך Hinoukh) de l'autel (Pessikta Rabbati 2:1), les Juifs se reposèrent (חנו) de la guerre le 25 (כ׳׳ה) du mois de Kislev.

Yéhoudit

En Terre d'Israël, quelques temps avant le miracle de Hanoukkah, vivait la veuve d'un Israélite (du nom de Ménashé), de la Tribu de Shi'môn, qui s'appelait Yéhoudit. C'était une très belle femme, pleine de charme, qui vivait dans l'opulence et qui avait la crainte des Cieux. Elle était Tsadeket, Juste, et irréprochable selon la Torah de Moshé, et jeûnait chaque jour de son veuvage, à l'exception de Shabbat et de ses veilles, de Rosh Hodesh et de ses veilles, et des Fêtes d'Israël.

Elle apprit les méfaits d'Holopherne, roi ennemi du peuple d'HaShem qui, pour amener les habitants de la ville à se rendre, installa un siège tout autour, obstruant les sources d'eaux, faisant ainsi barrage aux ressources vitales. Redonnant le courage et la émounah, la foi, à ses frères et sœurs Israélites, elle mit au point un stratagème pour défaire ce roi vicieux et libérer les enfants de Ya'aqov de leur ennemi : feignant de déserter son peuple pour donner des renseignements cruciaux à Holopherne, elle réussit à s'introduire dans le camp ennemi. Réussissant à gagner la confiance du général ennemi, qui était tombé sous son charme, elle le décapite après une soirée où il était tombé ivre, et amène sa tête aux Juifs, qui reprennent courage. Dans le camp ennemi, les soldats, apeurés par la macabre découverte, sont saisis par la peur et fuient devant les Bnéi Israël, à qui appartiennent désormais la victoire, Baroukh HaShem !

Références

Hanoukkah n'est pas une fête donnée par directement pas HaShem, mais une célébration dont l'origine remonte aux temps des Maccabées, dont l'histoire peut se trouver dans le livre apocryphe du même nom.

Cependant, nous trouvons une allusion à cette célébration dans la B'rit Hadasha, l'Alliance Renouvelée :

"Puis il y eu Hanoukkah à Yéroushalayim, c'était l'hiver. Et Yéshou'a se promenait dans l'enceinte du Temple, sous les colonnades de Shlomo. Les Judéens l'entourèrent et lui dirent : "combien de temps encore vas-tu nous tenir en haleine ? Si tu es le Messie, dis-le publiquement !" (Yohanân/Jean 10:22-24)

De même qu'à Hanoukkah, les Maccabées ont délivré leur peuple d'Israël de l'emprise de la civilisation grecque, de même les proushim/pharisiens attendaient ici que Yéshou'a se révèle publiquement comme Roi Messie afin qu'ils puissent se débarrasser de l'emprise de la civilisation romaine. Néanmoins, le temps n'était pas encore venu, le peuple devant traverser ce dernier et long exil avant que Yéshou'a ne puisse les délivrer.

Le Talmud en fait également écho :

"Le 25 du mois de Kislev, les jours de Hanoukkah commencent. Il y a huit jours en tout, durant lesquels il n'est pas permis de prononcer une oraison funèbre ni de jeûner, car lorsque les grecs entrèrent dans le Sanctuaire, ils rendirent impures toutes les fioles d'huile se trouvant là-bas, et lorsque la maison royale des Hasmonéens prit le dessus et les vainquit, ils ne retrouvèrent qu'une seule fiole d'huile restée pure, qui était posée à l'abri, avec le sceau du Kohen Gadol. Elle ne contenait qu'une quantité suffisante pour allumer la Ménorah du Temple pendant un jour. Mais un miracle fut accompli et ils purent allumer avec cette huile durant huit jours. L'année d'après, on instaura une célébration et on fit des ces huit jours des jours de fête" (Shabbat 21b)

Quant à l'histoire de Yéhoudit, celle-ci peut se lire dans le Livre du même nom, ou encore dans le Méâm Loez, volume Bamidbar/Nombres.